‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 15 sur 139 · CLIE DE BEAU MONT · texte numérisé non relu

CLIE DE BEAU MONT

S\\ivIa:;v ivvr îo> uu'/ , :i;à:I;v.:>. quoique Géo- '>yvo> ^^ s^ ^^'^ X', ^'v*\\ .•,* tS"* ii l>Tè. s- :: ol.-^es qu'on

Vi '->x\i'vo ,>î V ;«y.\ ; M J > -:n»r L l'Académie

N* N S. ^i^vx V */ X ■, b' ,» .•; Vw- : ;v ur Secrétaire

V S..0 l > N X «X 0, ! x . ->x '; vj-.o Iviborieuse

Li:S SKCKÉTAIRES PEKPKTL'KLS 41

dignité, en changeant la conduite et Tordre de sa vie, devaient interrompre les voyages, instruments n(^cessaires et continuels de ses travaux. La confiance de TAcadémie les imposa à son dévouement; il accepta avec résignation. Armé de patience, de fermeté et de douceur, son esprit modéré et prudent sut, pendant vingt ans, s'y montrer juste et bienveillant pour tous, sans complaisance et sans faiblesse pour personne. »

DUMAS (J EAN- Baptiste) '

Dumas a succédé à Flourens pour les sciences physiques. Il a tenu Temploi depuis 1868 jusqu'à sa mort en 1884. 11 a été suppléé par le naturaliste Coslo, pendant sa dernière maladie.

» C'était un vulgarisateur merveilleux, dit M. G. Boissier, mais il avait la seule manière de vulgariser qui soit bonne : il n'abaissait pas la science au niveau des ignorants ; il relevait les ignorants à la hauteur de la science. »

Depuis Fontenelle, l'éloge académique est devenu une branche importante de notre littérature. Ceux qu'a prononcés M. Dumas jouissent en ce genre d'une réputation méritée. Toutes ses qualités se retrouvent dans la manière dont il expose les théories scientifiques ou raconte les découvertes ; mais ce qu'on y remarque surtout, c'est qu'après nous avoir fait connaître le savant, il n'oublie pas l'homme. Ceux dont il nous entretient étaient ses amis; il les avait longuement connus et pratiqués pendant leur vie. Il sait sur eux

42 l'âcadëmie des sciences

de ces anecdotes qui peignent Thomme au vif; il a la mémoire pleine des mots qu'il leur a entendu dire et qu'il place dans son récit, avec un à-propos rare. « Je le vois encore, nous dit-il de Cuvier, discutant avec un jeune naturaliste un point d'anatomie. Comme son interlocuteur répétait à chaque parole : « Monsieur le baron, monsieur le baron, » — « Il n^ a point de baron ici, répondit Cuvier; il y a deux savants cherchant la vérité et ne s^inclinant que devant elle. » Ailleurs il nous raconte que, lorsque Cuvier mourut, il entendit son noble rival, Geoffroy Saint-Hilaire, qui avait soutenu avec lui ces luttes mémorables auxquelles le monde était attentif, prononcer ces belles paroles : « Je perds la moitié de moi-même, et la meilleure. »

Page 1