VOLT A
sition de la pile^ tout le monde aura remarqué que ses deux extrémités sont nécessairement dissemblables ; que^ s'il y a du zinc à la base, il se trouvera du cuivre au sommet; et réciproquement. Ces deux extrémités ont pris le nom de pôles.
Supposons maintenant que deux fils métalliques soient attachés aux pôles opposés, cuivre et zinc, d'une pile voltaïque. L'appareil, dans cette forme, se prêtera aux diverses expériences que je désire signaler.
Celui qui tient l'un des fils seulement n'éprouve rien, tandis qu'au moment même oîi il les touche tous deux, il ressent une violente commotion. C'est, comme on voit, le phénomène de la fameuse bouteille de Leyde, qui, en 1746, excita à un si haut degré Tadmiration de l'Europe. Mais la bouteille servait seulement une fois. Après chaque commotion, il fallait la recharger pour répéter l'expérience. La pile, au contraire, fournit à mille commotions successives. On peut donc, quant à ce genre d'effets, la comparer à la bouteille de Leyde, sous la condition d'ajouter qu'après chaque décharge elle reprend subitement d'elle-même son premier état.
D'après Tinvitation du général Bonaparte, conquérant de ritalie, Volta revint à Paris en 1801. Il y répéta ses expériences sur l'électricité par contact, devant une commission nombreuse de Tlnstitut. Le premier consul voulut assister en personne à la séance dans laquelle les commissaires rendirent un compte détaillé de ces grands phénomènes. Leurs conclusions étaient à peine lues, qu'il proposa de décerner à Volta une médaille en or destinée à consacrer la reconnaissance
des savants français. Les usages, disons plus, les règlements académiques ne permettaient guère de donner suite à celte demande, mais les règlements sont fails pour des circonstances ordinaires, et le professeur de Pavie venait de se placer hors ligne. On vola donc la médaille par acclamation, et comme Bonaparte ne faisait rien à demi, le savant voyageur reçut le même jour, sur les fonds de TElat, une somme de 2.000 écus pour ses frais de route. La fondation d*un prix de 60.000 francs en faveur de celui qui imprimerait aux sciences de l'électricité ou du magnétisme une impulsion comparable à celle que la première de ces sciences reçut des mains de Franklin et de Volta, n'est pas un signe moins caractéristique de Tenthousiasme que le grand capitaine avait éprouvé. Cette impression fut durable. Le professeur de Pavie était devenu pour Napoléon le type du génie. Aussi le vit-on, coup sur coup, décoré des croix de la Légion d'honneur et de la Couronne de fer ; nommé membre de la consulte italienne, élevé à la dignité de comte et à celle de sénateur du royaume Lombard. Quand Tins ti tut italien se présentait au palais, si Volta, par hasard, ne se trouvait pas sur les premiers rangs, les brusques questions : « Où est Volta? Serait-il malade? Pourquoi n est-il pas venu ? » montraient avec trop d'évidence peut-être, qu'aux yeux du souverain les autres membres, malgré tout leur savoir, n'étaient que de simples satellites de l'inventeur de la pile. « Je ne saurais consentir, disait Napoléon en 180i, à la retraite de Volta. Si ses fonctions de professeur le fatiguent, il faut les réduire. Qu*il n'ait, si Ton veut^ qu'une leçon à faire par an ; mais l'université de Pavie serait frappée au cœur le jour où