‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 97 sur 139 · WURTZ · texte numérisé non relu

WURTZ

De mémorables découvertes ont marqué les étapes de sa carrière.

Celle des ammoniaques composées lavait placé dès l'abord au premier rang et avait contribué, autant que le travail de M. Williamson sur les élhers mixtes, à la naissance de la théorie des types de son compatriote et contemporain Gerhardt.

Peu après, il découvrit les radicaux alcooliques, mixtes...

La découverte des glycols et de Toxyde d*éthylène, en précisant et fixant la notion d'alcools polyatomiques, étendit la théorie des types et prépara l'évolution qui a transformé celle-ci, en en montrant la raison d'être dans la propriété des atomes qu'on appelle leuv atomicilé ou leur valence.

Elle fut suivie, entre autres conséquences, de la synthèse de bases oxygénées...

La féconde controverse soutenue contre M. Kolbe, à la fois sur le terrain de la théorie et sur celui de l'expérience, au sujet de la constitution de Facide lactique, jeta la lumière sur les conceptions jusque-là confondues d'atomicité et de basicité et fit voir qu'un même corps peut être à la fois acide et alcool.

L'étude de la combinaison de lacide iodhydrique avec Tamylène le conduisit à la découverte de Thydrate d'amylène, isomère de lalcool amylique et type d'une classe nouvelle de corps, le premier de ceux qui ont reçu plus tard le nom d'alcools tertiaires, et l'on sait quelle importance a eu , pour l'établissement de la théorie atomique, la comparaison des composés isomériques.

Friedel. [Discours prononcé aux funérailles de Wurtz,)

Dès le début de ses recherches, on sent Wurlz possédé d*une préoccupation qui va dominer toute sa vie : la constitution intime de la molécule matérielle, et le rapport qui existe entre ses propriétés et larrangement de ses atomes.

Ces découvertes incessantes, ces conceptions si nettes, si originales, si profondes, et jusqu'aux opinions adverses qu'il combattait ou discutait dans ses mémoires, dans ses livres, dans ses conférences du Collège de France ou de la Société chimique, avec une passion convaincue, tout chez lui devait contribuer à lui attirer de nombreux élèves, j'allais dire de nombreux partisans. Dès le début, Wurtz était devenu chef d'école... Il avait tout ce qu'il faut pour attirer et unir les hommes, la clarté, la fécondité de la pensée, la chaleur des convictions, l'exubérance des idées qu'il allait semant à profusion autour de lui. Il avait aussi cette bonté visible, cette bonhomie aflfable, cette gaieté communicative qui tranchent souvent bien des difficultés. Il avait enfin une santé qui se maintint longtemps puissante et une surprenante vigueur d'esprit, restée intacte jusqu'à la fin malgré tant d'efforts. Accessible à tous, entouré de ses élèves, bienveillant même aux plus simples, oublieux de sa propre valeur, il vivait dans son laboratoire, causant, chantant, pensant pour ainsi dire à haute voix. Elèves, collaborateurs, amis, il ne distinguait bientôt plus parmi ceux au milieu desquels il travaillait à découvert et qu'il recevait si paternellement dans son hospitalière maison.

(Lorsqu'il professait), Wurtz gagnait d'emblée son

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auditoire par le charme de son discours, la clarté de sa parole, la couleur de ses images, Télégance de ses démonstrations, mais surtout par la conviction qui se dégageait de toute sa personne. C'était, chez cet Alsacien, une éloquence méridionale et chaude, une verve entraînante, persuasive, une vibration de tout Tètre qui tenait l'auditoire en suspens sans le lasser.

A. Gautier. [Charles-Adolphe Wurtz, ses Iravaitx, son enseignement, son école.)

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