Les scandales [microforme]
Nous déclarons de suite au public et à tous les Messieurs de la Corporation que celui qui écrit ces lignes est au-dessus d’enx et pourrait tous les acheter, s'il le voulait, et qu'il ne les lâchera que quand tous Les abus qu'il va dénoncer seront éteints.
Cet ouvrage, qui aura sa suite dans un autre, nest
pour ainsi dire que le proloque, la préface ; il doit
former un volume en plusieurs petits pamphlets.
Aujourd hui, c'est notre «ini Toinon ui a seul la parole. Le prochain numéro contiendra les ré-
Hexions de Cumel.
Nous n’aimons pas à jeter en pâture au publie les scandales qui naissent chaque jour, soit dans un lieu, soit dans un autre ; nous laissons à ceux qui font métier de pampalétaire ce triste travail.
Mais il est des moments, où, malgré toute l'envie que l'on aurait de se taire, une force plus puissante que votre volonté vous oblige à parler.
Ce n'est pas une fantaisie, c’est un devoir qui s'impose.
Nous dirons donc de suite que c’est à la Corporation de Montréal que nous en vouions, car ce n’est pas une corporation que celle-là, c'est l'exploitation, le pillage organisé des deniers des contribuables sans profit pour eux.
Nous avions cru longtemps que le brigardage, l’agiotage, le trafic, l'abus de confiance étaient punis par le code criminel, —il n’en est rier pourtant ; nous nous étions trompé.
Nous avions cru qu'une administration comme la corporation de Montréal avait le devoir d'être honnête, de s’occuper des besoins de la ville, de prendre souci des intérêts de tous quant à la salubrité, à la sûreté, à la propreté, à la vie ; —en pensant ainsi nous nous étions trempé encore.
Une bande de brigands ne feraient pas plus de vilenies dans une ville que n’en font les gros et bien gras messieurs couverts de soie de la corporation Montréalaise.
Tous, ou presque tous, s'engraissent de nos deniers, s'enrichissent de nos dépouilles, se gorgent de nos sacrifices,
Tous, ou presque tous, vendent, gchètent, trafiquent, agiotent a vec les deniers des contribuable , et cela au grand jour, sans pudeur, sans vergogne, comme s'ils en avaient le droit.
La police de New-York est vendue aux voleurs, aux coupe-
jarrets, à la honte, au viee, au crime, à la déhauehe, aux prostituées, aux pieuvres à face humaine.
La corporation de Montréal semble être vendue à tout ce qui est déloyal, inique, hypocrite, honteux, barbare où absurde !.…..
Sa caisse est une euve des Dénaïdes, où plus on met d'argent, moins on en trouve pour les besoins de la ville.
A l'heure de eette crise terrible qui a jeté sur Le pavé des rues
tant d'ouvriers sans pain et sans travail ; à l'heure où legonverne-
ment fait tous ses efforts pour ramener la confiance enfuie, pour relever un peu le eourage des fizanciers, des industriels et des ouvriers, la corporation de Montréal à jugé à propos de ne rien faire du tout.
Que dis-je !.... Elle est venue, au contraire, absurde, aveugle, coupable, jeter une pelletée de terre en plus sur la tombe du commerce, du travail, en renvoyant un couple de cents de ses hommes, et diminuant la journée de la moitié à ceux qu'elle daignaït garder !
Honte ! eent fois honte sur une pareill: administration !
Ce ne sont pas des hommes, des citoyens qui sont à sa tête, ce sont des Vampires, sans âme, sans pitié.
Que les larmes des malheureux retomhent sur leurs têtes ; que les cris de la faim viennent troubler leur sommeil ; que la hydre de la misère, qu’ils ont fait naître volontairement, se dresse devant eux jour et nuit comme un remords, et vienne de ses dents de feu leur déchirer le cœur !
Que les épouses des pauvres mercenaires qu’elle a privé de pain leur jette l’anathème ; que la mère appreune à son enfant à les exécrer,....…
Car la Corporation de Montréal pouvait donner du travail, et elle a refusé.
Car la Corporation de Montréal sait bien qu'il faut du pain pour vivre,—et elle refuse le travail qui seul peut donner du path...
À Québec, on x ordonné des travaux de tous genres pour attiédir la misère ; ici, on a décrété le chômage forcé pour envenimer la faim !
Et demain, demain, ou aujourd'hui peut-être, les taxes vont fondre sur le publie ; il faudra payer, payer quand même l'orgueilleuse et impraticable corporation.
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Et si vous ne payez nas, on n° lonté, ni de votre manque d’ouv me, ni des cris de détresse de v
La Colombe peut attendrir fortune imméritée n'attendrir
Armée du glaive de Ja loi, votre demeure d’ouvrier, qu'’e
aura pitié ni de votre bonne vorage, n1 des larmes de votre fem- 08 enfants, qu'importe tout cela !
le lis du désert ; Ja voix de l’ina pas la Corporation !
c'est avec ce glaive qu'elle SaCCagera Île s'en accaparera le meilleur, vous laissant tout juste un. grabat pour reposer vos souffrances, un poêle pour réchauffer votre cœur que glace la douleur !
Il faut les taxes, il les faut !
Vend ta dernitre chemise ou ton dernier
Vend ce lit où s'endormirent tes aïe venir de ta vicille mère : ce berceau qui ment ; cette chaise berceuse où vient se reposer ton épouse épuisée par les travaux du jour, par la maladie et les souffrances ; vend tout, malheureux, il le faut !
Tu avais là quelques objets bénis par le respect et par l'amour que tu leur portais : quelques tableaux, quelques gravures, quelques vases ; pleure, pleure sur eux, car on te vendra tout !
Les robes de ton érouse, ton pré toi, tout y pa
meuble, malheureux !
ux ; ce fauteuil, souvevit tes premiers vagisse-
sent de mariage, tes hardes à ssera.—[]l faut payer les taxes ! Il faut payer jes taxes, et t1 n'as pas mê Le mendiant vit en tendant la main ; le musicien ambulant, en vous écorchant les oreilles de son aflreuse et pitoyable musique, passe gaîment sa sordide et hétéroclite existence, la prostituée gagne de l’or en se vendant comme le bétail s'achète ; le filou trouve le moyen de boire et de manger sur le compte de tous. On laisse toute cette clique libre ; on la laisse traîner librement dans les rues son infernale vie.
Pas de taxes pour elle ; Simplement de la pri quand on peut mettre la main dessus.
Et toi, malheureux ouvrier, quand tu demandes te laisse bien la liberté d’en chercher, m là où il y en a.
La preuve en est par la Corporation.
C'est done comme si Ja Corporation, qui laisse les d'orgue, les mendiants et les prostituées libr nête homme ce qu’elle donne à la canaille !
me de pain !
son pour les filous du travail, on
ais on te ferme les portes
joueurs es, refusait à l’hen-
— 6 — Que l'on nous dise pas qne nous allons trop loin, que nous poussons à bout les chuses.
Les preuves de la misère qui règne sont partout d'une vérité incontestable.
Rentrez done maintenant dans les foyers domestiques ; écoutez
ee père, cette mère de famille...
Ce n’est pas un, c’est mille, et mille n’est rien, qu'il faut en-
tendre !......
Ét ce n'est pas pour le présent se pour dans un mois, pour cet hiver surtout qu'on se lamente.
En effet, que feront cet hiver ces infortunés qui ont l'habitude, ailler I: bonne saison
ulement, e’est pour demain,
qui sont forcés par leurs travaux, de trav pour se reposer dans la mauvaise ?
Parlez ! répondez ! que feront ils ?
unter de moins, on peut encore patienter.
able pour tous, que feront-ils e pain aujourd'hui ?
nous n'en avons pas le
L'été, on peut se CG" Mais l'hiver, dans l'hiver redout ceux-là qui n'ont pas de travail, pas
Que quelqu'un ose répondre ; nous,
AAPOOOOOQOQOUERLELELLS
COUTASE, see nereneneneneeesneenesee ee
IT
ste, de la crimi-
Et si, après avoir parlé de la sotte, de l’égoi grand nombre
nelle conduite de la Corporation, renvoyant un si de ses hommes dans un si triste moment, nous en arrivons à son administration intime, que voyons-nous ?
Partout même ineurie, même négligence, Le lundi, 12 juilles, à cinq heures et demie du matin, le
même absurdité.
Mar-
ché Bonsecours n'était pa comme la rue Notre-Dame, étaient en de poussière suffoquante, pénétrant dans les m les chassis. |
Et chaque jour cela se renouvelle ; et le cou sur les trottoirs du la rue Craig Nous pourrions rues Craig et Ste. Marie, les rues
Cartier, tant, et plus de quatre cents autres.
4 encore ouvert, et la rue St. Paui, vahies par des tourbillons agasins à travers
chaque jour on se casse dans toute sa longueur.
citer encore les rues Amherst, surtout entre les Dorchester, Beaudry, Jacques- MeCord, la Montagne, St. Charles Borromée, St. Cons-
di
se
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Dans d'autres rues, ouvertes déjà depuis sept ou huit ans, pas uu seul canal pour égouter les eaux.
Par le soleil qui fait elles deviennent putrides et des miasmes pestilentiels s’en échappent.
La Corporation est-elle done payée par les médecins et les à pothicaires ?
Non. Nous ne pensons pas que ces messieurs s'associeraient pour un but aussi criminel.
Il n’en reste pas moins vrai que c’est horrible de voir une ville comme Montréal livrée à la cupidité, à l’égoïsme, à la criminalité d’une pareille Corporation.
Chaque jour aussi le terrain du Champ-de-Mars donnant sur la rue Craig s’effronde, et les piétons pataugent dans une boue gluante s’il pleut.
Et la rue Claude dane, en pleine ville —Jamais dans le plus petit et le plus sale des villages on ne trouvera rue aussi malpropie, aussi nauséabonde.
Mais, pour en revenir au Marché Ronsecours, nous nous dewandons si c'est la lune ou le soleil qui guide ls agents de la Corporation.
Nous le répétons, le 12 juiilet, à cinq heures et demi du matin, ce grand marché était encore fermé.
Cette négligence ne doit pas avoir lieu que là, nous en sommes certain.
Hélas ! que de choses on pourrait relever encore sur le compte de la Corporation !
Que l’on fasse une enquête, et l’on verra tous les abus, tous les condamnables qui se cachent sous le manteau de cette administration.
Ce que nous ne comprenons pas, c’est qu’il n'y ait pas un seul journal qui proteste contre de pareils ‘aits.
En finissant ce petit travail que le devoir nous impose, nous dirons que la Corporation de Montréal ne devait pas renvcyer ses ouvriers à l'heure d’une aussi grande crise,
Nous croyons au contraire qu'elle devait à son honnour, à son
ane À mandut de s'imposer plutôt des encrifices pécuniers pour donner du travail.
Il y a toujours des travaux à faire dans une cité, et eussent dû ces travaux engager un peu l'avenir, leur but patriotique et bumaiu aurait enlevé toute opposition.
Mais ca n'a rien fait, rien cherché pour arriver à ce résuliat.
Brusquement, au ecntraire, On à déchargé un yrand nombre d'hommes, et diminué le salaire des autres,
Cet acte n’est ni juste, ni politique, ni chrétien.
Le publie s'en rappellera à l'heure des élections pour nos édiles.
La Corporation réfléchira-t-elle, attendra-c ":, donnera-t-elle quelques délais pour le paiement des taxes .. ” ouvriers sans tavail ?
Elie devrait, ce serait son devoir de le faire, mais nous croyons bieu qu’elle ne le fera pas.
Non, elle ne le fera pas ; sa conduite antérieure uous donne le juste taux de sa conduite future.
Eh bien ! qu’elle vienne saisir tout ce peuple sans travail !
Qu'elle vienne, déesse de la Désolation, mettre le comble au désarroi, à la misère, au malheur |
Le peuple est prêt à tout souffrir, à tout supporter, —mais il a de la mémoire : il se souviendra un jout | La mère redira au nouveau né le nom de ces hommes, pour que la postérité sache à quoi s'en teair.
On a vu des Ediies passer à la gloire : on peut en voir passer à l4 houte.
Le gouvernement laissera-t-il ainsi spolier tous les bons cito;ens ?
Ne sortira t-il pas une loi donnant un délai au pauvre peuple, aui subit la misère, sans en être la moinüre cause ? Héla; ! hélas ! hélas !
C’est toujours le plus pauvre qui perd.
« Tristes temps, tristes mœurs, tristes choses ! )
(A continuer) Montréal, 12 juillet, 1875.