LETTRES SUR LES ANGLAIS
transparents parce qu'ils sont peu profonds. » Bientôt cependant nous le retrouverons mieux armé, plus instruit et plus capable d'aller au fond des choses.
Il saisissait en tout cas les idées pratiques des Anglais et les nouveautés qu'il pouvait être utile d'introduire en France. C'est ainsi que les Lettres philosophiques recommandent vivement deux mesures hygiéniques pour lesquelles Voltaire fît pendant toute sa vie une propagande active.
Les Anglais avaient pris l'habitude d'enterrer leurs morts hors des centres de population^ et il y avait là un exemple salutaire à suivre, car en France non-seulement les cimetières étaient situés au milieu des villes, mais les églises mêmes, remplies de sépultures, devenaient souvent de véritables foyers d'infection.
La seconde de ces mesures dont Voltaire se montra le zélé défenseur est l'inoculation de la petite vérole. Les Gircassiens avaient les premiers, à ce qu'il paraît^ imaginé de donner la petite vérole à leurs enfants sous une forme bénigne, pour les empêcher ensuite de subir le fléau dans toute sa violence. Ils avaient été conduits à cette coutume par le désir de préserver la beauté de leurs filles, destinées aux grands harems de la Turquie et de la Perse. Répandue à Gonstantinople par les
pour savoir si je dois croire ou non à l'attraction. Ma foi dépendra de vous; et si je suis persuadé de la vérité de ce système comme je le suis de votre mérite, je suis assurément le plus ferme newtonien du monde. » Quatre jours après, le 3 novembre, il a reçu la réponse de Maupertuis, et il lui écrit : « Je ne vous avais demandé qu'une démonstration et vous m'en donnez deux!... Vous avez éclairci mes doutes avec la netteté la plus lumineuse : me voici newtonien de votre façon ; je suis votre prosélyte et fais ma profession de foi entre vos mains. On ne peut plus s'empêcher de croire à la gravitation ne\N Ionienne, et il faut proscrire les chimères des tourbillons. ->
1^1 LA PJIVSIQUE Dli VOLTAIRE.
femmes circassiciines, la pratique de rinoculation y avait été recueillie par une ambassadrice d'Angleterre, lad y Wortley Montague, qui n'avait pas hésité à l'appliquer à son jeune fils. De retour à Londres vers 1720, lady Montague rallia à ses idée s la princesse de Galles, qui fit elle-même inoculer ses enfants. L'Angleterre entière suivit cet exemple, et Voltaire, après avoir constaté de ses propres y^ux les bons résultats de l'inoculation, n'eut pas de cesse qu'il ne l'eût fait adopter en France. Il y dut mettre une grande persévérance, car les « Welches » avaient la tête dure, et d'ailleurs les médecins aussi bien que le clergé se prononçaient vivement contre cette nouveauté; l'opposition de la Sorbonne se doublait de celle de la Faculté.