‹ Les sciences au XVIIIe siècleChapitre 6 sur 143 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

d'Arago, la Philosophie chimique de M. Dumas. Parmi les publications récentes nous ne voyons guère à nommer (|ue X Histoire des doctrines chimiques depuis Lavoisier^ par M. Wiirtz.

Nous sommes donc bien pauvres sous ce rapport et il y a là toute une littérature à créer. Il est certain qu'une histoire générale des sciences serait l'un des livres les plus beaux et les plus utiles qu'on pût faire de nos jours, et qu'à défaut d'une œuvre si considérable il y a encore à entreprendre des travaux de haute importance en traçant les annales de quelques sciences particulières.

Est-ce un travail de ce genre que l'auteur de ce livre offre aujourd'hui au public? Il essayera peut-être plus tard de le faire, s'il en trouve la force. Aujourd'hui il se contente d'une œuvre bien plus modeste. Il présente un simple exercice, une sorte de spécimen de la méthode qui conviendrait aux œuvres dont il parlait tout à l'heure.

Peu d'époques ont été aussi fécondes que le xvni" siècle dans toutes les branches du travail humain. C'est un vif plaisir et un profit certain que de considérer les hommes de ce siècle, leur ardeur, leur entrain au travail, leur ouverture d'esprit sur toutes choses. L'auteur du présent volume s'est donc attaché au xvm" siècle, et, dans ce siècle, il a pris un thème spécial. Il a étudié particuhèrement Voltaire. Il a cherché quelles étaient les opinions et les connaissances de Voltaire dans les sciences proprement

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dites. Ce cadre permettait de retracer 1 état de l'Europe scientifique au milieu du xvni' siècle. C'est l'objet de notre livre premier : le xvni' siècle scientifique vu à travers Voltaire.

iMais, ce travail achevé, l'impression qui en résultait était-elle absolument juste et conforme à la vérité? Évidemment il fallait prendre quelque précaution pour rester strictement exact. Nous avions un peu faussé Voltaire, un peu faussé le xvui' sièclec C'est là un inconvénient assez commun dans les travaux humains; en adoptant un sujet déterminé, on le c^rossit aux dépens de ce qui l'environne, et il faut avoir soin de rétablir par quelque procédé la perspective qui a été troublée.

Nous avons donc, dans un livre second, étudié les sciences du xvni' siècle, non plus dans A^ol taire, mais dans l'histoire de l'Académie et des académiciens. Les annales de l'Académie des sciences offrent en effet un cadre commode et tout tracé à l'historien de nos connaissances scientifiques. Depuis deux cents ans cette Académie a pris la part la plus active à toutes les recherches et à toutes les découvertes; elle n'a pas cessé d'être comme le foyer où sont venus converger les efforts des savants. Elle s'est recrutée d'ailleurs de tous les hommes qui ont marqué à quelque titre que ce soit dans nos fastes scientifiques; il n'y manque aucun nom célèbre, et on peut remarquer qu'elle a été, sous ce rapport, plus heureuse

PREFACE. Xin

que l'Académie française, qui a omis d'appeler dans son sein des hommes tels que Molière et Diderot, pour ne citer que ces deux noms. Une histoire de l'Académie des sciences deviendrait donc facilement, entre les mains d'un auteur habile et compétent, une histoire des sciences elles-mêmes, et l'on y verrait naître et se développer dans leur vrai milieu tous les grands problèmes qui ont jusqu'ici excité la curiosité humaine.

Notre livre second, en rappelant par quelques traits le rôle de l'ancienne Académie, est donc destiné à corriger l'impression faite par le livre premier. La personne de Voltaire avait naturellement marqué notre premier tableau de son empreinte. Nous faisons une seconde esquisse où un grand nombre de personnalités apparaissent, où aucune ne prédomine.

Les traits que nous donnons à ce sujet sont empruntés principalement à un livre de M. Joseph Bertrand qui, en compulsant les procès-verbaux de Tancienne Académie, en a retracé la vie intérieure et nous a montré les académiciens au milieu de leurs occupations de chaque jour.

C'est en combinant les impressions résultant de ces deux études successives, que le lecteur pourra se faire une idée de l'état des sciences au xviii^ siècle.

Enfin, un appendice placé à la fin du volume comprend la liste complète des membres de l'Académie des sciences,

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