‹ Les sciences au XVIIIe siècleChapitre 60 sur 143 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La section de chimie. — Bourdelin. — Homberg et Leymery. — Un savant classique. Rouelle, — Lavoisier et la chimie nouvelle.

Les physiciens que nous venons de citer, sans obtenir une renommée du premier ordre, ont laissé des travaux excellents et définitifs, des travaux qui ont encore pour nous tout leur prix sous la forme môme où ils les ont produits. La section de chimie nous présente un spectacle bien différent. A nos yeux, la chimie date de Lavoisier, et tout ce qui précède est comme non avenu. L'Académie, jusqu'au dernier quart du xviii® siècle, ne nous offre que des chimistes tout à fait surannés. Rien de puéril pour la science moderne comme leurs doctrines, rien de confus comme leurs recherches. Ce sont eux qui, dans les procès-verbaux de l'Académie, nous fournissent le mot pour rire. Duclos, un chimiste de la fondation, un des seize membres choisis par Golbert, établit les principes des corps. « Quand on résout les mixtes naturels, il ne reste que de l'eau. C'est

186 l'académie et les académiciens.

elle qui, altérée par un efficient impalpable et spirituel, produit le mercure, le soufre, le sel et les autres mixtes. Les esprits parfaits et qui ont quelque participation de la vie, contiennent un troisième principe nommé archée, en sorte qu'il existe en tout trois principes : le corps matériel, qui est l'eau; Fesprit altératif, et l'âme vivifiante ou archée. » Un autre^ s'en tenant à la théorie des quatre éléments, déclare qu'à ces quatre éléments qui composent les corps correspondent quatre couleurs élémentaires : le rouge, qui est la couleur du feu; le bleu, qui est la couleur de l'air; le vert et le blanc enfin, qui sont respectivement les couleurs de l'eau et de la terre. La distillation est le procédé incessamment employé par les chimistes de cette époque. L'Académie, à l'instigation de ses chimistes, passe un temps considérable à suivre des distillations : on es- •l pérait ainsi séparer les essences des corps; mais on n'arrivait

(qu'à en détruire ou à en confondre les principes immédiats. (' La compagnie étant assemblée le 14 juillet 1667, M. Bourdelin a fait voir l'analyse de quarante crapauds tout vivants. Il y en avait qui étaient gardés depuis huit jours dans un panier, et ceux-là sentaient fort mal. Ils pesaient 2 livres 11 onces et plus. On en a tiré 35 onces et 3 gros de hqueur. Les cinq premières onces ont été tirées au bain vaporeux. La première, claire et limpide, d'une saveur piquante, a blanchi l'eau de sublimé; la troisième a troublé Teau de vitriol, etc.. 11 en reste 10 onces fort sèches. » Une autre fois nous retrouvons le même M. Bourdelin apportant l'analyse de « 3 livres d'excellent café. Les trois livres ont donné 20 onces 7 gros de liqueur qu'on a tirée par la cornue. La première partie, de U onces, un peu austère, a rougi le tournesol. La seconde, avec un peu d'acidité, a fait couleur de vin de Châbhs avec le vitriol. La troisième a fait couleur de minium en mettant une portion de

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