II PRÉFACE
œann s'es.t révélé* tout entier au monde dan ^di, Philosophie. de V inconscient ; \\ u" a. plu rien à nous apprendre; il se répète même, ei ses derniers écrits, comme un poète que li muse ne, visite plus. Il pourrait disparaître, oar il est déjà immortel, jpt rien n'empêche à ' dire de lui, comme d'un héros d'un autn genre :
EoBpende Annibalem : quoi libras in duce summo ' * Invenies ?
' C'est surtout en Allemagne que la Philosophe dç l'inconscient a trouvé des critiques.
En France, elle n'a guère rencontré que des apologistes ou des détracteurs. Elle nous a surtout laissés indifférents. Que sait-on, en général, de la philosophie de l'inconscient? On répète que c'est une conception pessimiste de Tuç^ivers*, une prédication de l'Évangile du nihilisitiô,'unQ' religion nouvelle qui mène au salut -ptr' Textinction dans le Nirwana. Bref; }/[. de Hartmann apparaît comme le Bouddha (Je llOccident. Il y a du vrai dans cette opinion populaire. L'auteur de la Philosophie de Vinconscient dirait même ici que l'instinct des foules, infaillible comme on sait, ne s'est pas trompé à son endroit. Tout l'échafaudage du système piétaphysique de l'inconscient, laborieusement édifié sur les constructions assez mal assises et branlantes de Hegel, de Schelling et de Schopenhauer, sera depuis longtemps à terre, que la philosophie amère et triste -qui se
PRÉFACE III
dégage de Tœuvpe de M. de H^rtmami, comme du livre de V Imitation ou* des vieujp soutras bouddhiques , servira encore d'aliment aux âmes d'une profonde sensibilité, d'une délieatesse douloureuse et maladive, qufse replient, solitaires, loin du coAmerce du monde, et qu'emplit fennïii incurable de vivre. Un temps viendra- peut-être où les trois stades de Villusion seront les trois premiers articles de foi d'une religion nouvelle. Ne faut-il pas toujours à l'homme une religion ? Les trois symboles de la société moderne, qu'il croit avoit découverts dans l'Evangile de Jésus, la liberté, l'égalité, la fraternité, il s'en dégoûtera quelque jour, comme du Credo A^s apôtres et des saints mystères d'Eleusis.
Le peuple a donc bien saisi d'instinct la signification véritable de l'œuvre de M. de Hartmann. Mais il y a autre chose encore dans la Philosophie de Vinconsdent qu'une conception pessimiste de l'existence : il y a toutfe une métaphysique qui a la prétention d'expliquer théoriquement l'origine de l'évolution de l'univers, de la vie et de l'intelligence. Coipme toute philosophie digne de ce nom, la philosophie de l'incootcient est un essai de synthèse générale des premiers principes de toutes les sciences, reliés entre eux par une. hypothèse universelle. Or, cette hypothèse étant foncièrement spiritualiste, on pense bien qu'il n'a pas manqué en France de hardis métaphysiciens, trop hardis peut-être, qui se sont jetés sur la philosophie de M. de Hartmann