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les différentes déviations du rachis qui peuvent simu ler le mal de Pott.
Scoliose pleurétique.
Nous rapportons plus loin l’histoire d'un malade de M. Rottenstein qui, après une pleurésie, fit une scoliose dont l’origine fut rattachée à l'affection pleurale. Mais l’évolution vint montrer l'erreur de diagnostic. Au bout de quelque temps, la scoliose disparut et fut remplacée par une gibbosité angulaire et médiane, signature du mal de Pott.
En général, le diagnostic est plus facile et l'absence de douleurs vertébrales, l'auscultation et la percussion
du thorax ne laisseront aucun doute.
Scoliose d’origine statique.
Dans les cas de dénivellation du bassin (coxalgie, luxation congénitale), la colonne subit des modifications dans ses courbures. |
Au cours des affections rénales, la douleur peut quelquefois être si vive qu’elle détermine une SsColiose d'attitude, c’est ainsi qu'au cours de lithiase
rénale, néphrite (Kirmisson), d’une périnéphrite (Bes-
son), ou même d'un rein flottant (Broca), on peut observer des déviations vertébrales.
De même, au cours d'une sciatique intense, pour soulager le membre douloureux, le malade déplace son centre de gravité et la hanche du côté malade devient saillante, il en résulte une scoliose de compensation qui, selon les cas, sera croisée ou plus rarement homologue mais il faut se défier et nous rapportons un cas de scoliose pottique qui fut, au début, pris pour une scoliose sciatique et traité comme tel. Cette observation et celle de M. Rottenstein viennent donc confirmer la proposition que nous avancions précédemment, à savoir qu'il faut, de parti pris, penser au mal de Pott en présence d’une colonne vertébrale
courbe.
Scolioses et traumatismes.
S'il faut n'ajouter que peu de créance aux traumatismes auxquels les parents rapportent ordinairement le début des lésions, il faut savoir cependant que le traumatisme peut avoir une grande influence sur la production de la déviation, et, d'autre part, qu'il existe des déformations vertébrales traumatiques tardives, tout à fait différentes du mal de Pott.
Ce syndrome, qui porte le nom de Kummel-Ver- Duvelleroy 8
ACT Asa
neuil et dont Kirmisson a rapporté quelques cas, présente une évolution assez spéciale qui ne permet pas de se tromper, ordinairement du moins. Après le traumatisme, on note les symptômes suivants : rachialgie au niveau du choc, marche parfois impossible, contracture ou parésie des membres inférieurs; puis ces troubles aisparaissent vite sans déformation vertébrale.
La deuxième phase de l'évolution qui dure quelques semaines à quelques mois, pendant laquelle le blessé reprend son travail, est silencieuse, et ce n’est que plus tard (troisième phase), que réapparaissent les douleurs, contractures ou parésie avec, cette fois, déformation vertébrale, le plus souvent cyphose.
Mais cette affection est relativement rare et le traumatisme incriminé par les parents est le plus souvent hors de cause.
Nous ne citerons que pour mémoire les cas de scoliose congénitale, sur lesquels Mouchet a attiré l'attention.
C'est souvent la radiographie qui, en montrant une vertèbre lombaire en coin fera faire un diagnostic qu'on n'aurait peut-être pu soupçonner, si la mère avait dit que depuis la naissance l'enfant présentait
cette déviation.
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Scoliose tuberculeuse:
Maintenant, que faut-il penser de la scoliose tuberculeuse de Poncet et Leriche, dont ces auteurs ont admis l'existence il y a quelques années.
« Poncet déclare que la scoliose doit relever d'un processus infectieux, d'une ostéo-arthrite généralement tuberculeuse seule capable d'expliquer la terminaison par ankyloses, ostéophytes, déformations articulaires, rétraction ligamenteuse. Il est vrai, déclare Broca, dans ses lettres à Poncet, que les os, à la longue, s'éburnent, que les ligaments de la concavité se rétractent, mais l'ankylose vraie est douteuse ; sur les pièces du musée Dupuytren, elle n'existe pas, et quand elle existe, encore faudrait-il établir par l’histoire clinique que la pièce fut celle d’une scoliosé de l'adolescence et cette preuve manque.
Poncet insiste sur la coexistence fréquente de la scoliose et de la tuberculose. Or, Rokitansky autrefois, de nos jours, Lorenz, Hoffa, Karenski, et M. le P' Kirmisson jusqu'à un certain point, ont admis l’antagonisme de ces deux affections et si La scoliose était due à une tuberculose atténuée, il serait fort surprenant
que de temps en temps elle n’évolue pas en mal de Pott
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ordinaire, ce que je n'ai jamais vu (Broca. Lettres à Porcet). » |
Quant au pronostic du Mal de Pott scoliotique, il est bien différent selon le cas envisagé.
Si la scoliose est combinée à une gibbosité, le pronostic est relativement grave, et la scoliose ne constituant qu'un phénomène surajouté, c'est en somme celui du mal de Pott banal.
Si, au contraire, la scoliose existe seule et relève d'une contracture musculaire, tout différent est le pronostic : la contracture disparue, il nereste plus de déformation vertébrale et le pronostic dépend, dans ces cas, de la rapidité avec laquelle on institue le traite-
ment.