ACTE PREMIER
Monsieur !
DON JUAN
Te trouves-tu beau?
Ah, Monsieur, je n'ai jamais prétendu cela, mais il en est de plus disgraciés que moi par la nature. J'ai encore mes cheveux, mes dents et...
DON JUAN
Je t'entends. Et, toi, Leporello, que pensestu de ta figure ?
LEPORELLO, prend un air extasié et modeste.
Je n'ai pas à m'en plaindre. Monseigneur, quand je vois certaines de celles que le ciel a données à certains.
Il regarde Sganarelle et crache par-dessus son épaule. Sganarelle lui montre le poing.
DON JUAN
Voilà bien les hommes ! PaLx, faquins, allez à vos affaires; moi, je vais réfléchir aux miennes... Leporello, va m'attendra à l'auberge, et
si ce courrier arrivait, viens me prévenir immédiatement... Tu me trouveras sur le mail... Cette mort du Commandeur me tourmente un peu et j'en voudrais les suites terminées. Ce n'est pas que ce soit le premier homme que je tue, mais celui-là est d'importance... Les ennuis que nous causent les vivants sont toujours supportables, maisjje n'aime guère ceux que nous valent les morts : leur état naturel est d'être en repos et de nous jjaisser... Mais tout cela ne peut manquer de finir bientôt et, au lieu de réfléchir à ces soucis, je ferais mieux de m'en distraire..
Il fait quelques pas, puis, se ravise,
Sganarelle! LeporelloI
LEPORELLO
Monseigneur !
Monsieur
II se plante devant eux, la main sur la garde de son épée, l'air arrogant et hautain.
DON JUAN
Coquins! regardez-moi.