ACTE II
GÉRONTE
Voyons, Sganarelle, parlons franc. Si tu quittais le seig-neur Valère et si tu rentrais à mon service... il faudrait que tu te remisses bien avec Dorine.
Pourquoi pas ?
GÉRONTE
Tu dis ?
Je dis : pourquoi pas.
GÉRONTE
Tu railles, Sg-anarelle.
Je ne raille pas, monsieur Géronte.
GÉaONTE
Mais Dorine t'a fait cornard, imbécile !
ANSELME
Tout doux, mon frère, comme vous lui jettez cela au nez !
Elle t'a trompé.
Eh bien, et après ?
GÉRONTE
Tu n'y semblais pourtant pas si indiflerent !
Je conviens que j'en eus jadis un peu d'humeur, mais cela m'a bien passé.
ANSELME
Tu es un brave g-arçon, Sganarelle>^
Et je vous jure, monsieur Géronte, que je n'en veux guère à Dorine.
GÉRONTE
Et comment s'est faite cette douceur et produit ce beau changement ?
C'est d'avoir vu que ce que je regardais comme une injure exceptionnelle est, de par le monde, un procédé assez commun. Les grands mêmes n'y échappent pas. Et puis si je suis cornard, Dorine est cornette.