‹ Les scrupules de SganarelleChapitre 57 sur 121 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

GÉRONTE

Voyons, Sganarelle, parlons franc. Si tu quittais le seig-neur Valère et si tu rentrais à mon service... il faudrait que tu te remisses bien avec Dorine.

Pourquoi pas ?

GÉRONTE

Tu dis ?

Je dis : pourquoi pas.

GÉRONTE

Tu railles, Sg-anarelle.

Je ne raille pas, monsieur Géronte.

GÉaONTE

Mais Dorine t'a fait cornard, imbécile !

ANSELME

Tout doux, mon frère, comme vous lui jettez cela au nez !

Elle t'a trompé.

Eh bien, et après ?

GÉRONTE

Tu n'y semblais pourtant pas si indiflerent !

Je conviens que j'en eus jadis un peu d'humeur, mais cela m'a bien passé.

ANSELME

Tu es un brave g-arçon, Sganarelle>^

Et je vous jure, monsieur Géronte, que je n'en veux guère à Dorine.

GÉRONTE

Et comment s'est faite cette douceur et produit ce beau changement ?

C'est d'avoir vu que ce que je regardais comme une injure exceptionnelle est, de par le monde, un procédé assez commun. Les grands mêmes n'y échappent pas. Et puis si je suis cornard, Dorine est cornette.

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