SCÈNE VIIl GÉRONTE, SGANARELLE
GÉRONTE, à part.
Voici, ma foi, un arrangement admirable. Dorine devient, grâce à Sganarelle, un chaperon respectable, sans compter que la présence de ce <irôle me met à l'abri de ces petits accidents de paternité auxquels on est toujours sujet et dont je n'aurai plus, grâce à lui, à me préoccuper. De plus le gaillard semble avoir vu le monde. Il doit être au fait des stratagèmes propres aux amants et je le dresserai à en garantir les abords de la maison. De cette façon, je ne suis plus obligé de marier Ange-
lique... Certes, ce Léandre est bon g-entilhomme... Enfin rien ne presse. Quant à tout ce que m'a débité Anselme, il faut en rabattre une bonne moitié. Séductions, enlèvements, ce sont peut-être des choses qui arrivent, mais aux autres.
SGANARELLE, à part.
Il marmonne entre ses dents. Voudrait-il revenir sur la viande et la piquette?
Sganarelle, sais-tu manier une épée et tirer d'un pistolet?
Ma foi, monsieur Géronte, je ne suis pas spadassin, mais il m'est parfois arrivé aux foires de mettre la balle dans le mannequin et de toucher le papegai.
GÉRONTE
Fort bien, tu auras, outre ton ouvrage, une paire de gros pistolets à tenir propres.
Pour quoi faire, monsieur Géronte?