ACTE II
affaire. Elle m'enjoint seulement de faire élever un tombeau au Commandeur. Il Taura, Sg-anarelle, dig'ne de moi et digne de lui. Je nV épargnerai le marbre ni le bronze. Je veux qu^ on y voie la figure de ce vaillant homme, tel qu'il fut de son vivant. Nous en déterminerons nous-mêmela structure et nous en choisirons remplacement. Ce sera un beau monument de la justice humaine, Sganarelle I
Ah, seigneur Valère, cette moquerie...
DON JUAN
Appelle-moi Don Juan, tu peux dire mon nom tout haut, c'est celui d'un homme heureux.
Ah, seigneur Don Juan I
DON JUAN
Oui, Sganarelle.Qui donc disait que le bonheur est une récompense de la vertu? Comment les hommes ne cessent-ils pas de le répéter quand tout en démontre à chaque pas la
niaiserie et la fausseté ? Raisonnons un peu, Sganarelle, et tu conviendras toi-même que j'ai quelque sujet à penser de la sorte. Si je n'avais pas, contrairement aux lois de ce qu'on nomme vulg-airement l'honneur, séduit la nièce du Commandeur et abusé de sa crédulité, je n'aurais pas non plus tué son bonhomme d'oncle et j'aurais ainsi ig'noré le cas que le Roi fait de ma naissance et de ma personne, ce dont il vient de me donneiyun témoignage éclatant et public. Et ce n'est pas tout, suis-moi bien, Sganarelle... Si, en attendant l'arrêt de cegrand Prince, je n'étais pas, caché sous le nom de Valère, venu dans cette petite ville, je n'aurais pas rencontré cette jeune fille dont Leporello m'avait parlé, et...
Bon I nous y revoilà I
DON JUAN
Oui, Sganarelle, pour une fois, ce coquin disait vrai. C'est un bijou que cette petite I