ACTE III
pour le punir de son audace et confondre ses projets. Ah! Monsieur Tétrang-er, est-ce ainsi que l'on traite une personne que Ton prétend aimer? Ces petites bourgeoises méritent-elles donc autre chose qu'un pareil sansfaçon, et ne les' honore-t-on point encore assez en se comportant avec elles de la sorte? On les voit dans les rues où elles plaisent aux yeux et l'on ne doute point d'en être remarqué. Ne suffit-il pas, pour qu'elles vous distinguent, de porter un habit rouge et une belle épée, et ne se croit-on pas tout permis envers elles? Compter une minute avec leur vertu et leur honnêteté ! Fi donc ! On leur dépêche un fripon de valet...
Oui! oui, c'est bien vrai... Attrape, Sganarelle.
ANGÉLIQUE
Avec quelques belles paroles et des promesses séduisantes. En faut-il davantage pour que ces petites pécores soient trop heureuses de se laisser prendre au piège? Oui, Valère,
j'irai à votre rendez-vous, mais ce sera pour vous dire ce que je pense de votre conduite. Vous saurez qu'il est, de par le monde, des filles sages et hardies qui ne craignent pas d'affronter en face l'insolent qui ose s'attaquer à elles... Oui, Sganarelle, j'irai à ce rendez-vous... (Bas.) Et Angélique entendra au moins une fois la voix de celui qu'elle aime en vain et dont la pensée fait battre son cœur...
Ah I Mademoiselle, bravo! voilà qui est parler ! Quelle bonne leçon va recevoir le seigneur Valère! Figurez-vous qu'il m*a menacé de m'étrangler si je refusais de vous faire tenir son message et d'accomplir sa volonté. Aussi je vous serais bien reconnaissant que vous lui disiez que je vous ai fidèlement rapporté ses propos et que j'ai exécuté ses ordres.
ANGÉLIQUE
T'étrangler, Sganarelle I (A part,) Hélas I comme il m'aimel (Haut.) Celait, sans doute,