Les secrets d'une sorcière
Nous aimerez ce livre, chère Thérèse, voilà pourquoi je vous Je dédie. Mais tout le monde ne sera peut-être pas de votre avis; voilà pourquoi je veux présenter quelques mots d'explication à ceux qui s'étonneraient de cette histoire, et qui refuseraient d'en accepter la donnée. Elle n'est pas ordinaire, j'en conviens; elle passe même quelquefois les bornes du possible adopté; ce n'est pas une raison pour qu'elle atteigne celles du possible réel. La première partie de ce récit est toute historique, les personnages en sont réels, il ne faut pour s'en convaincre que feuilleter les Mémoires du i. 1
2 PKÈFACE
temps, on les y trouvera tous. Quant à celui de Ryna, je laisse à la sagesse du lecteur à deviner ce qu'il représente et à croire selon sa fantaisie. Ce que je puis assurer, c'est que ce personnage existe et que je n'ai pas vu son extrait de naissance. C'est d'elle-même que ]e tiens tout ce que renferment ces volumes; j'ai aussi connu des gen§ fort honorables qui avaient été témoins des faits principaux de la seconde époque, et qui, surtout, avaient assisté à l'agonie de douleur d'une pauvre créature, que des facultés exceptionnelles mettaient en dehors de la ligne commune. Elle fut une martyre de son cœur et des dons particuliers et terribles qu'elle apporta en naissant, comme de ceux qu'une étude spéciale de ces matières développa en elle. La catastrophe qui termine le roman ne lui appartient pas, j'en conviens. Ce sont deux biographies cousues ensemble^ pour n'en point faire une personnalité trop véritable. Les deux familles, les amis entraînés dans ce cercle funeste, vivent encore. Il ne m'est pas permis de désigner à la curiosité des malheureux qui restent igoorés, et dont les plaies saignent encore.