CHAPITRE XIII
Des Bras.
IL ne nous faut pas beaucoup soucier des bras, car je ne croy point qu’il y ait personne de si lourd esprit et entendement, qui ne juge incontinent les bras estre forts et puissans, quand ils sont nerueux, ou charnus, veu mesmementque les forces du corps viennent de ces parties ; excepté quand la peau est fortcharnüe, et qu’il n’y a point ou bien peu de nerfs. De cette sorte sont, les flegmatiques et les sanguins, enclins à toute paresse. Les bras merueilleusement longs, dénotent outrecuidance, magnanimité, petitesse et basse condition, dont on est issu, et cela auec briefue et courte vie. Ceux qui sont courbez au regard de leur stature, et corps, dénotent gensmesconnoissans, eshontez, avaricieux, mesdisans, envieux, et orgueilleux, et peu difîerens de ceux qui ont les bras velus et pleins de poils, lesquels sont aussi effrontez, battans l’vn ou poussans l’autre, gaillards, fins et cauteleux, malicieux, inconstans, variables, et ayans beaucoup de paroles.