‹ Les secrets merveilleux de la magie naturelle du petit AlbertChapitre 8 sur 53 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du jugement des yeux.

Les yeux nous donnent aussi à connoistre la bonté ou la malice, comme tesmoigne Iesus-Christ notre Sauueur, disant en son Euangile, ton œil est-il mauuais pour ce que ie suis bon ? Et en vn autre lieu, il dit aussi: Si ton œil est simple, tout ton corps sera luisant. Or telle est la conjecture : Si tu vois aucun qui a les yeux bien-ceans et aduenans, et sont veillans, luisans, ouuerts, beaux, clairs, moyens, et non pas fort ronds, selon cette proportion, il faut mesurer l’entendement et l’esprit de l’homme, entier et sain. Ceux ausquels ils sortent et pendent outre le pertuis (ce que l’on voit en peu de gens) à la façon des moyeux d’œufs, ils signifient l’homme beaucoup radoteur et réueur,

gras, ayant l’esprit gros et lourd, mensonger, gaillard, paresseux, et simple; et semblablement quand ils sont larges, ou de monstrueuse ouverture. Et au contraire.

quand ils sont profonds, ils dénotent un ■.envieux, malin, forgeur de meschancetez, ^qui se courrouce de leger, et soupçonneux. (Ceux qui les ont serrez ou contraints, et regardans comme ceux qui visent au but, .c’est signe de cruauté et tyrannie. Quand iils flestrissent et se tournent de leur gré .deçà delà (comme font ceux qui ont perdu ttoute honte) c’est signe que l’homme est igaillard, outrecuidé, inconstant et mentteur. Les pires de tous sont, s’ils sont jaumatres, citrins et fardez. Aucuns les ont cdistillans et rouges, et cela ne vient de mature, mais d’humidité de cerueau, et id’àbondance de flegme. Et vous suffise de vce que i’av dit de ces choses.

Page 1