Voyez la note n» 1 1 au sujet de cete donation
Languedoc, qui étaient devenues Tapanagé de la maison de Lévis, par suite de la guerre des Albigeois, au détriment du vicomte de Béziers et de Garcassonne ; par la conquête et Toccupation de ces pays, et par suite d'un arrêt rendu en l'an 1261 contre les héritiers de Bérenger de Puy-Sorgier. En Tannée i263, le mercredi après le jour des Rois, il transmit les droits qu'il avait sur les châteaux de Margerides et de Loupian à Guillaume TEstendart, son oncle, pour les droits que celui-ci avait sur le château de iMauléon *.
En 1264, Alphonse, frère de saint Louis, comte de Toulouse et de Poitou, donna à Guy de Lévis la terre de Plaignes en échange d'autres terres.
■ En i'j66, il suivit en Italie Charles d'Anjou, roi de Sicile et de Naples, se trouva au combat du 4 mars de la même année et fut conservé par arrêt de Tan 1269 dans la possession et saisine de juger et di connaître du fait d'hérésie dans ses terres du Languedoc. Il fit son testament le 4 des Ides du mois d'aoîàt j 267, choisit sa sépulture en Tabbaye et Téglise Notre-Dame de la Roche, fondée et dotée par ses prédécesseurs, et vivait encore vers la fin du xiii° siècle.
En 1271, Guillaume PEstendart. reçut de Guy de Lévis, par un acte en date du troisième mercredi après
I TEpiphanie, pour lui, ses enfants et ses successeurs milles, un château ayant appartenu à Philippe d'Arcis, chevalier \ et de plus, Guy lui donna encore tout ce qu'il avait en la terre de Magerolles et les droits et appartenances attachés à cette terre.
I. Ce document semblerait indiquer que Guillaume aurait pris part à la croisade des Albigeois, et que le château de Mauléon lui aurait été donné lors de cette expédition, tous les châteaux dont il est question ici, étant situés en Languedoc.
I/o LES SEIGNEURS DE MARLY.
En f2S(), Guy de Lévis, par un acte, promettait de payer au sire de Marly ou de Montmorency ce qu'il lui devait du reste de son mariage.
Le 2 1 février 1293, le même Guy souscrivit aux exécuteurs testamentaires de Thibaud de Mondrevillc une obligation de cent vingt-cinq livres, treize sols, neuf deniers tournois, reliquat d'une somme de mille livres tournois qu'il reconnaissait leur devoir, en raison du testament duditThibaud, et s'engagea à payer cette somme.
Isabelle de Marly mourut le 3 septembre i3oo; elle eut de son mariage six enfants, qui furent : •
A^ Jean, P^ du nom, seigneur de Mirepoix ;
Ro Thibaud, baron de Montbrun ;
C*^ Pierre, évêque de Maguelonneen i3o7 et de Cambray en Tiio*, mort en i334;
Do Philippe , seigneur de Florensac , souche Mes Vicomtes de Lautrec, de la maison de Lévis ;
E^ Eustache, seigneur de Saissac et de Florensac, en partie. Il épousa Béatrix de Thurey, fille de Lambert de Thurey, seigneur de Saissac, dont il eut Isabelle de Lévis. Il rendit hommage au roi en i3i6 et mourut le 8 novembre 1327.
C'est probablement de cette Isabelle que M. de Gourcelles veut parler et qu'il dit fille de Guy III de Lévis et d'Isabelle de Marly, mariée à Renaud IV de Pons, alliance prouvée par un arrêt en date de Tannée i3?i, adjugeant la terre de Pons à Renaud, seigneur de Riberac. C'est petite-fille de Guy III et d'Isabelle qu'il eût fallu écrire alors, car aucun auteur ne fait mention que nous sachions d'une autre Isabelle.
F" François, seigneur de la Garde et de Montségur, marié à N..., dont il eut François de Lévis. Remarié en
SCEAUD'lSABELLF. DE MARLYDAME DE LEVIS
liOUClIARl) 11. 17'
secondes noces à Soubiranne d'Aure, fille de Bernard d'Aurc et de Soubiranne de Joyeuse, dont il eut: Ellyps, dame de la Garde et de Montségur, mariée à Roger Bernard de Lévis, seigneur de Mirepoix.
Les autres enfants de Bouchard de Marly et d'Agnès de Beaumont étaient :
3° Richard de Marly, mort avant Tannée 1260 *.
40 Béatrix de Marly se fit rehgieuse et prit l'habit en Tabbaye de Port-Royal, à l'âge de quinze ans. Elle ap.porta à cette abbaye la cinquième partie de ses biens, ajoutant que si ses parents y contrevenaient, elle voulait que tous ses biens fussent acquis à Tabbaye de Port- Royal. Elle y mourut le 2*3 septembre i 3oo, vingt jours après sa sœur Isabelle.
5° Mathieu III de Marly, qui suit.
6° Thibaud de Marly, seigneur de Mondreville. On le trouve mentionné dans le nombre des chevaliers attachés à la personne du roi Louis IX ; il recevait pour ce service mille sept cents livres d'appointements. Il accompagna le roi Philippe le Hardi à la dernière croisade, en Tannée 1270.
En Tannée 1277, Thibaud assista au mariage de Mathieu de Montmorency avec Jeanne de Lévis, sa nièce. Celle-ci devint veuve en Tannée i3o4, le 6 avril, et son époux fut enterré à Gontîans-Sainte Honorine dont il était seigneur. Mathieu de Montmorency avait ■fait don à Tabbaye de Port- Royal de 20 livres parisis de renies à prendre sur des biens, près de Marly.
I. Suivant Duchesne, Anselme et autres, Richard serait le second des enfants de Bouchard ; il n'en est pas ainsi dans l'ép.U.'^he d'Agnès de Beaumont, car Richard vient après Isabelle dans ce CiO,"'jment. Toutefois nous suivrons l'ordre qu'indique celte épit;iphe.
Il donna en i 282 une charte dont voici la teneur : Je, Thibaud de Marly, chevalier, seigneur de Mondreville, fais savoir à tous ceux qui ces lettres verront et orront, que je quitte de sorrendroit, bonnement, de tout en tout, expressément à toujours, le comte d'Alençon et la comtesse d'icelui leu, sa femme, leurs hoirs et leurs exécuteurs du testament, le comte Jehan de Blaye, de toutes dettes, de toutes actions, de tous dons, de toutes promesses, de toutes controversions et de toutes autres choses quelles qu'elles soient*, du temps passé iusquc au jour d'hui, et spécialement de tous les arrérages de quarante livres chartraines que Ton me devait chacun an sur les moulins foulerez (à foulons) de Cl'^artres, pour la raison de mes nevez (neveux) qui sont en mon bail qui furent hoirs (enfants) feut (de feu) Mahi (Mathieu) de Malli jadis chevalier, mon frère, et père d'iceux enfants. Et promets par mon scel, créant comme chevalier, que je contre la quittance dessus dite n'irait ne aler ne ferez par moi, ne par aultres, en nulle meunière que ce soit à nul jour ou tanz à venir. Et promets à garendir le comte et la comtesse, et les exécuteurs devants dits, quant aux dits arrérages contre tous, et spécialement contre ceux qui étaient assenez sur lesdites quarante livres. Et pour que ce soit ferme chose, et stable. Je Thibaud de Marly dessus dit ai mis en ces lettres moa propre scel. Ce fut fait Tan de grâce MCC 80 et 2, le lundi après la fête de saint Jacques et de saint Christophe.
Cette charte avait trait au testament de Mathieu, son frère, décédé, et l'on voit que Thibaud était le tuteur et avait la garde de ses enfants.
Thibaud de Marly fit ensuite une donation de cin-
qiiante sols parisis au prieure de Chevaudos, de TEtangla- Ville, en ces termes : Prioratui de Chevaldos in Stano Villa L Solidos . Dans son testament, daté de Tan 1 285 ^ il légua vingt sols de rentes à Téglise de la Trinité de Chàteaufort, quarante sols à la léproserie et cinquante sols au prieuré dudit Chàteaufort ; il légua en outre, à réglise de Saint-Jacques d^Ormoy, vingt sols de rentes et autant au curé et au chapelain, et vingt livres de rentes pour les pauvres ménages de cet endroit, en ces termes : Paiiperibus menagiis dictaevillae de Ulmeio XX Ubras^ vclesiae de Vaclois XX sols^ Rectori XX sols^ Cappellano beati S. Nicolai de Ulmeio prope XX sols ad reparationem ejusdem. A la léproserie de Sainte-Madeleine de Gharlevanne quarante sols de rentes ^, autant à la petite léproserie de Saint-Gloud.
Entre autres donations mentionnées en ce testament, l'on voit encore un legs de cinquante sols au prieuré de Rennemoulin , en ces termes : Prioratui de Reyne- Moulin L solidos ^; de plus, à Tabbaye de Notre-Dame de la Roche dix livres de rente.*
Thibaud de Marly avait accompagné le roi de FVan:e au camp devant Girone, en Gatalogne. Il est cité dans
(i) D'autres ont écrit que ce testament était du mardi de Pâques de l'an 128b (1286).
(2) Cette léproserie était destinée non seulement aux lépreux de Bougival, mais encore à ceux des quinze communes environnantes qui suivent: Louveciennes, Marly-le-Château, Rueil, La Celle, Nanterre, Colombes, Gennevilliers, Courbevoie, Puteaux, Chatou, Montesson, Houilles, Croissy, Sartrouville et Vaucresson, ce qui peut faire supposer que cette léproserie était des plus riches et des mieux rentées des environs de Paris.
(3) Ce prieuré n'était qu'une petite chapelle, servant aujourd'hui de grange. Rennemoulin veut dire Moulin des raines ou des grenouilles. Il y a effectivement en ce lieu un cours d'eau et un moulin, et sans doute... des grenouilles.
les tablettes de cire de Pierre de Condé, à la date da 27 septembre i285, comme ayant droit à cent livres tournois pour sa solde, frais et dépenses, en ces termes: Dominus Theobaldus de Malliaco c, l. tur. En partant pour cette expédition, Thihaud avait voulu auparavant régler ses affaires et faire son testament.
Dans un codicille du iG août 1286, ajouté à son testament du mercredi saint de Tannée précédente, Thibaud de Marly ordonna qu^après son décès il fut payé à Guy de Lévis environ vingt-quatre livres qu'il lui devait et plus s'il était prouvé qu'il lui dût davantage \ il ajoutait que si quelquefois cette somme avait été payée à Isabelle de Marly, il ne trouve pas mauvais qu'on la lui redemande.
Thibaud avait épousé N de Neufbourg dont il
il n'eut pas d'enfants. Il mourut le 18 avril 1287. Le même jour, il fit donation à l'abbaye de Port-Royal de dix-sept livres de rente sur la terre de Mondrevilleafin de célébrer son anniversaire en cette abbaye.
Sa veuve lui survécut peu de temps, car elle mourut le 12 novembre 1290 et fut enterrée en Tabbaye de Port-Royal, au bas du cloître, à côté d'Alphonse Bouchard, son bean-frèrc. L'on lisait sur sa tombe l'épitaphc suivante :
Ici gîst Madame de Neubourg, femme de Monseigneur Thibaud de Marly, seigneur de Mondreville, laquelle trespassa le XII novembre l'an MGGLXXXX.