‹ Les sélections socialesChapitre 6 sur 57 · CONSCRITS · texte numérisé non relu

CONSCRITS

Yeux bleus

Non bleus

Ce tableau est intéressant en ce qu’il prouve la superposition de deux éléments dolichocéphales dans la population aisée de Karlsruhe. Dans cette ville la proportion des dolichos augmente de la base au sommet comme Ammon l’a établi, mais ce grand observateur a cherché à tort, je crois, à expliquer le nombre d’yeux bleus plus grand chez les conscrits que chez les lycéens par la seule dissociation des caractères du type blond. Il s’explique mieux par la présence chez les urbains, et surtout dans les classes supérieures, d’un peu de sang méditerranéen, et j’en ai trouvé les traces incontestables sur la hello série, de crânes de Karlsruhe que je tiens de M. Ammon lui-meme. Le type dolichocéphale brun agit comme élément perturbateur dans les statistiques où l’on cherche à établir une corrélation entre la dolichocéphalie et la couleur, mais on

aurait pu s’attendre à ne pas trouver cet obstacle à Karlsruhe (Lapouge, Crânes modernes de Karlsruhe, Anthropologie, 1892, 738-739).

Le procédé du pourcentage est très fréquemment employé pour utiliser des données étrangères à la morphologie. Un naturaliste illustre, de Candolle, s’en est servi pour montrer l’inégalité d’aptitudes aux sciences des diverses couches sociales. C’est un des plus curieux chapitres de son Histoire des sciences et des savants des deux derniers siècles (2e éd., Genève, Georg, 1884). La proportion de savants produite par les différentes classes est fort inégale. En tenant compte du nombre immense des individus dans la classe inférieure, de leur nombre très restreint dans la classe supérieure, et de toutes les autres conditions statistiques, M. de Candolle arrive aux résultats suivants :

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