‹ Les Sels De Bismuth En SyphilitérapieChapitre 9 sur 42 · ACTION SUR LE TRÉPONÈME · texte numérisé non relu

ACTION SUR LE TRÉPONÈME

1° Avec le tartrobismuthate de sodium et de potassium inso- -luble. — Considérons tout d’abord les données expérimentales : Sazerac et Levaditi constatèrent chez les lapins inoculés avec deux variétés de virus, l’une dermotrope, l’autre neurotrope, la disparition complète des tréponèmes, 24 heures après une injection de T. B.$. P. en suspension hui- ‘leuse, à la dose de 0.10 centigrammes par kilogramme d'animal.

Chez l’homme, l’action tréponémicide du bismuth ne paraît pas aussi rapide; il faut reconnaître que l’on emploie des doses thérapeutiques proportionnellement moins élevées que chez Panimal. |

Fournier et Guénot signalent que les tréponèmes disparaissent de la surface des accidents primaires et secondaires « quelquefois dès le lendemain de la première injection, plus généralement après la deuxième, exceptionnellement après la troisième ».

Marmoreck en a trouvé jusqu’à 11 jours après la première injection.

Personnellement, nous avons constaté très fréquemment leur présence le lendemain de la deuxième injection de 0.20 centigrammes chez des malades dont le poids variaït de 55 à 65 kilogrammes. Leur mobilité ne laissait aucun doute sur leur virulence.

2 Avec l'éther de bismuth soluble. — Le lendemain d’une injection de 0.40 centigrammes, chez des malades pesant

environ 55 à 60 kilogrammes, les tréponèmes sont moins

EE dE NE

mobiles ; leur nombre est encore important. Le surlendemain, ils sont plus rares mais encore décelables. Le quatrième jour, nous n’en avons plus trouvé.

Bismuthorésistance. — Toutefois, si dans la majorité des cas le bismuth affirme son pouvoir spirillicide, il en est d’autres, plus rares, où il peut subir des échecs. Lortat-Jacob et Roberti ont rapporté l’observation d’une malade atteinte de syphilides érosives vulvaires et amygdaliennes, insensible à l’hydroxyde de bismuth. Après la septième injection de 0.20 centigrammes, dose amplement suffisante pour faire disparaître tous les accidents cutanés et muqueux, elle présentait encore des lésions riches en tréponèmes longs et mobiles. Celles-ci étaient d’une intensité telle « qu’elles paraissaient n’avoir jamais été traitées ». Cependant, la présence du bismuth dans les urines ne lais-

sait pas de doute sur l'absorption.

D'autre part, Dramez nous a communiqué un cas semblable, observé dans sa clientèle. Il s'agissait d'une malade traitée par l’iodobismuthate de quinine pour des érosions syphilitiques de la vulve. Après cinq injections de 0.20 centigrammes, non seulement les lésions n'étaient pas épidermisées, mais elles laissaient sourdre une sérosité fourmillant en tréponèmes. Ces cas nous paraissent typiques et méritent d’être connus. Ils démontrent d’une façon péremptoire qu'il paraît exister une variété de tréponèmes, insensible au bismuth.

La résistance de certains sujets à une médication spirillicide est un fait assez rare. Il faut savoir qu’elle est une

cause d'échec complet du traitement antisyphilitique. Elle

Page 1