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INFLUENCE DE LA LUMIERE SUR LES ANIMAUX

qui nous entourent. Elle se comporte comme un agent capable de modifier leur nutrition, et elle procure à quelques-uns d'entre eux des sensations particulières que nous qualifions de sensations visuelles.

L'observation vulgaire a démontré depuis longtemps que les végétaux jaunissent, s'étiolent à l'obscurité et que, parmi les animaux, l'espèce humaine elle-même est impressionnée favorablement par la vie au grand air, à la lumière. Ces idées sont confirmées par les observations des botanistes et des zoologistes. On sait que, si les plantes se trouvent mieux lorsqu'elles sont au soleil, c'est parce que c'est dans ces conditions seulement qu'une de leurs fonctions de nutrition, la plus essentielle peut-être, la fonction chlorophyllienne, peut- s'exercer dans toute sa plénitude.

Dans le règne animal il existe des êtres qui sont complètement dépourvus de tout appareil pouvant être assimilé à un œil, si rudimentaire qu'il soit, et qui, cependant, soit par leur attitude, soit par leurs déplacements, indiquent qu'ils sont sensibles à la lumière.

Parmi ces organismes, les uns sont incolores ou blancs, les autres ont leur corps orné de taches de diverses couleurs désignées sous le nom de taches de pigment.

La physique nous enseigne que les corps blancs diffusent en égale proportion tous les rayons du spectre- Si certains corps nous apparaissent comme rouges ou verts, c'est parce qu'ils absorbent toutes les autres couleurs, à l'exception du rouge ou du vert. Nous appelons noirs les corps qui absorbent toutes les couleurs sans en diffuser aucune. Ces notions sont importantes à retenir

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parce qu'elles nous montrent que les corps colorés, .surtout ceux qui renferment des pigments noirs ou bruns, sont plus capables que les autres d'absorber la lumière. Les êtres dont les téguments sont colorés sont ainsi plus aptes à utiliser les rayons lumineux et occupent à ce point de vue un niveau supérieur.

Il existe cependant un assez grand nombre de faits qui montrent que le protoplasma incolore peut réagir sous l'action des rayons lumineux. Engelmann a vu un Protozoaire incolore du genre Pelomyxa se contracter lorsqu'on l'exposait à la lumière. Les Hydres d'eau douce, qui sont des êtres presque complètement incolores, montrent aussi, par leurs mouvements, qu'ils sont impressionnés par cet agent. Les expériences de Tremblay ne laissent à ce sujet aucun doute. Les observations de ce savant se trouvent consignées dans tous les ouvrages, mais elles sont si démonstratives que nous croyons devoir les rappeler ici. Cet habile naturaliste, ayant remarqué que ces petits Polypes recherchent les endroits éclairés, plaça plusieurs individus de cette espèce dans un manchon opaque sur le côté duquel il pratiqua une ouverture en forme de chevron. Il remarqua alors que les Hydres se disposaient le long de la ligne tracée par la lumière qui passait par le chevron et lorsqu'on déplaçait cette ligne brillante les Polypes suivaient lentement. En variant ses expériences et en se plaçant dans des conditions différentes, Tremblay acquit Ja certitude que ce n'est ni la chaleur ni le voisinage de Tair, mais bien la lumière, qui porte ces êtres à se rapprocher des parties éclairées du vase où ils vivent emprisonnés.

LES CHROMATOBLASTES 2ï^

Les animaux incolores ou blancs sont rares. Chez la plupart des Invertébrés, on trouve des taches de pigment le plus souvent brunes ou noires, qui les placent dans des conditions beaucoup plus favorables. Ces taches sont de véritables organes pouvant absorber et utiliser les rayons lumineux; elles peuvent ainsi être comparées aux grains de chlorophylle des végétaux et, sans admettre toutes les conclusions théoriques qu'un savant naturaliste américain, M. Patten, a proposées à la fin d'un mémoire que nous aurons souvent à citer, nous devons cependant reconnaître que le nom d'héliophages, par lequel il les désigne, est bien choisi.

Ces grains de pigment ou chromatoblastes , ces organes héliophages peuvent, comme on le sait, donner aux animaux qui les possèdent des couleurs variées ou des nuances d'intensité différentes suivant le milieu dans lequel ils vivent. M. G. Pouchet a montré que les Poissons, tels que les Soles et les Turbots, devenaient d'une couleur analogue au fond sur lequel ils vivaient, mais il a vu aussi que ces changements étaient liés à l'appareil visuel et qu'ils ne pouvaient plus se manifester lorsqu'on pratiquait l'ablation des yeux; il faut donc, dans ce cas, admettre qu'il n'existe pas une action directe de la lumière sur les chromatoblastes, mais que les contractions et les expansions qui correspondent aux changements de couleurs de Tanimal sont liés aux impressions qui arrivent sur la rétine de ces êtres et leur permettent de s'adapter à des milieux de couleurs différentes.

P. Bert a cependant observé sur le Caméléon des faits qui indiquent que les changements de couleurs peuyent

s'effectuer indépendamment de la faculté visuelle et qui révèlent une action directe de la lumière sur leur peau. Sur un Caméléon endormi et exposé au soleil, ce savant physiologiste a vu une région du corps de cet animal qu'il avait abritée de la lumière offrir une teinte beaucoup plus claire et faire comme une sorte de tache au milieu des téguments, devenus foncés, qui l'entouraient.

On sait aussi que la peau humaine est loin d'être insensible aux rayons lumineux et qu'une exposition de quelques heures à l'action directe du soleil suffit pour lui faire prendre une coloration spéciale.

Mais ces derniers faits n'ont rien de commun avec une impression visuelle et ne nous indiquent pas que les animaux chez lesquels on les observe perçoivent, à l'aide de leurs téguments, une sensation optique si rudimentaire qu'elle soit.

Fondions dermatoptiques . — Il existe cependant de nombreuses observations qui nous montrent que, même en l'absence de tout appareil visuel, certains Invertébrés peuvent faire la différence entre l'obscurité et la lumière. On sait que quelques-uns d'entre eux, que l'on appelle quelquefois animaux lucifuges, se dérobent à l'action des rayons lumineux ou, du moins, fuient devant une lumière trop intense : ce sont, par exemple, les Blattes, les Ténébrions, la plupart des Myriapodes et beaucoup de Mollusques. On a riemarqué que ces faits pouvaient se manifester chez des animaux aveugles et l'on a désigné ces sensations, naturellement vagues, sous la dénomination At perceptions dermatoptiques.

On peut emprunter des exemples de cette sensibilité

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