‹ Les sens et l'intelligenceChapitre 64 sur 146 · T.A VOIX · texte numérisé non relu

T.A VOIX

«Iroilo ol la i^auclic, se Iroiivo rouviMlurc ('IroiU* de la gloUc, appelée ([uelquelois la (flolte /jro/jvemcnt dite.

Les eonles vocales iiirérieiires, donl les vibrations produiscnl la voix, sont deux haiidi's de suj)slanee élaslicjue altachces en avant au niilitMi à [x'ii pr<"'s de l'angle que-, l'oriiient les deux iaiiielles du cartilage thyroïde, et eu arrière aux cartilages aryténoïdes. Ils consistent en libres parallèles serrées appartenant à (^e tissu qu'on rencontre dans d'autres parties du corps et qu'on appelle tissu jaune élastique. Les bords supérieurs et libres des cordes, qui sont tendus et minces, entrent en vibration pour produire la voix.

Les principaux mouvements que les muscles du larynx eti'ectucnt ont pour but de modifier la tension des deux cordes et la distance qui les sépare, dans ce but il faut des paires de muscles opposés. Les uns, en se contractant tendent les cordes, les autres les relâchent; d'autres les rapprochent, tandis que leurs antagonistes les écartent.

Fif{. 12. — Lanjtuv vu par sa faer j'ostéricurc,

A, Bord veitical postérieur du cartilap^e thyroïde; B, partie postérieure de Tanneau du rartilaço ciicoide ; C, anneaux de lu traeliéi» artère; D, épiglottc ; E, os hyoïde; F, ligament liyo-thyroïdicu; G, ligaïuent arytéiio-épigloltique ; II, carfilages aryténoïiles; 2, muscle cricothyroïdien postérieur ; 5, muscles arytéuoidiens.

Le principal muscle de la tension des cordes vocales, le plus puissant des muscles de la voix, le crico-thyroïdien, est court et épais; ou le voit en avant du larynx, sur les côtés et en avant du cartilage cricoïde. Il s'attache sur une large étendue au cartilage cricoïde, d'où ses fibres vont en rayonnant s'insérer sur le bord

inférieur du cartilage thyroïde. La contraction des muscles crico Ihyroïdiens fait basculer les deux cartilages l'un sur l'autre. Si le cricoïde reste fixe, la partie supérieure du thyroïde se porte en avant, c'est-à-dire s'écarte du cartilage cricoïde, entraînant l'attache antérieure des cordes vocales, dont l'attache postérieure est fixée au cartilage cricoïde par l'intermédiaire des aryténoïdes. Les cordes vocales sont donc tendues dans la mesure de la contraction de ce muscle. Les antagonistes sont tendus de chacun des aryténoïdes au thyroïde près de l'extrémité des cordes vocales.

Un autre muscle qui va d'un cartilage aryténoïde à l'autre, les rapproche en se contractant, et rapproche ainsi les cordes vocales. L'ouverture de la glotte par l'écartement des cordes est l'effet de la contraction d'un muscle tendu du cartilage cricoïde aux aryténoïdes en arrière ; enfin deux autres muscles qui unissent les mêmes cartilages sur les côtés produisent la contraction de la glotte.

La première supposition qu'on est tenté de faire à la vue des deux cordes vibrantes du larynx, c'est de le considérer comme un instrument à corde tel que le violon, où la même corde produit une note plus élevée ou plus basse selon son degré de tension. Maison n'a jamais vu d'instrument à corde ou deux cordes d'un pouce de long tout au plus qui puisse supporter des tensions assez variées pour émettre des notes d'une portée de plus de deux octaves. Une comparaison plus attentive conduit à considérer le larjmx comme un instrument à anches^ comme le flageolet ou le tuyau d'orgues, où le son est produit par la vibration d'une anche. Mùller imitait la voix humaine en tendant deux membranes élastiques en travers de la bouche d'un tube court, dont chacune couvrait une partie de l'ouvertuie, ne laissant entre elles qu'une petite fente. En prolongeant les membranes en bas dans le tube, de sorte que non-seulement leurs bords, mais toute leur surface, pussent entrer en vibration, Willis a porté plus loin encore l'imitation de la glotte humaine. Les expériences sur une glotte artificielle de cette sorte ont montré que l'on pouvait obtenir des notes diverses en variant la tension des languettes ; plus la tension est grande, plus les notes sont élevées. « On ne peut obtenir une échelle de notes aussi étendue que celle de la voix humaine quand on se

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sert (le Ijinmu'tU's (le ploiiih, mais on en olilicnl une beaucoup plus étendue avec, du caoutchouc ([u'ave(! du plouih; et comme nous savons que rélaslicilé de cette substance est bien inférieure ;\ celle des ligaments vocaux, nous avons le droitd'en conclure que l'étendue de réchelle des notes de ces ligaments doit (Hre rapportée à l'élasticité plus grande (ju'ils possèdent. On a trouvé aussi que, dans les languettes menibraueuses, la force du vent peut élevei' (juelque ])eu la noie, bien ([ne la tension reste la même.

Nous empruntons un exposé sommaii'C de l'action de la voix à un article publié dans tlœ Proceedings of tke Royal Societij (juin 1SG2) par M. John Bishop, où sont consignés les résultats de l'examen direct des cordes vocales à l'aide du laryngoscojie de Czermak.

« Dans la respiration ordinaire la glotte est largement ouverte , et les cartilages aryténoïdes sont fortement écartés ; mais dès qu'il s'agit de produire le son le plus simple, ces cartilages se ferment subitement et rapidement, et les bords des cordes vocales viennent se juxtaposer l'un à l'autre, de façon à ne laisser entre eux, dans toute leur longueur, aucun intervalle.

« Dans la production des notes basses, les cordes vocales vibrent dans toute leur longueur et môme dans leurs prolongements à la base des cartilages aryténoïdes ; il semble aussi qu'elles vibrent dans toute leur largeur. A mesure que la hauteur du son s'élève dans l'échelle, la longueur des cordes en état de vibration diminue, et elles se serrent plus étroitement l'une contre l'autre ; quand les notes deviennent plus aiguës, la pression augmente ainsi que la tension des cordes vocales ; la largeur des cordes diminue aussi.

» Quand les notes de poitrine sont épuisées et que commencent les notes de fausset, la glotte se resserre encore plus étroitement, les bords des cordes sont seuls en vibration, ainsi que Oarcia l'avait déjà observé. D'autre part, quand les notes de poitrine sont émises, une grande partie de la surface des cordes entre en vibration. Quand ce sont les notes de fausset, le bord extrême de la corde vibre seul, et il y a une bien moins grande dépense d'air. Pendant les notes les plus élevées de la voix, les cordes vocales sont si étroitement pressées Tune contre l'autre, qu'on ne voit qu'une petite portion de la glotte céder à la pression à peu près à la partie centrale.

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