LA VOIX
» Dans les sons exclam jitoircs, comme la production des syllabes ha-ha-ha du rire, la {^dotlc s'ouvre à chaque intervalle et se ferme i\ cluuiue intonaLion par des mouvemcînts successifs ra[)ides. »
La différence de la voix de l'homme et de celle de la femme dé[)end du volume du larynx et de la lon^ncMir des cordes vocales, qui sont plus longues chez l'homme. Chez les personnes du mOme sexe, nous trouvons des différences individuelles de tous les degrés.
La voix musicale dépend de l'action des cordes vocales et des effets qui reviennent aux autres parties du larynx. Le crâne esl aussi pour quelque chose dans la résonnance des sons. La bouche, la langue et les fosses nasales jouent aussi un rôle dans Yarticulation de la voix. La voix articulée peut être musicale, c'est-à-dire accompagner l'action des cordes vocales; elle peut être aussi dépourvue de qualités musicales, par exemple dans l'articulation à voix basse ou chuchottement. Nous pouvons parler très-bas, sans émettre une note, c'est que le canal aérien contribue à la voix par ses anneaux et non par les cordes ; mais pour parler à voix basse, il faut dépenser beaucoup de force, aussi bien que chasser un grand volume d'air, ce qui fait qu'on l'évite.
On divise les sons articulés en voyelles et consonnes, mais la division n'est pas tracée par une profonde démarcation. Certaines lettres s'appellent des voyelles, et d'autres des consonnes.
Voici une expérience qui fait comprendre la nature de la voyelle :
« Ouvrez la bouche le plus possible, en rétractant les lèvres de manière à découvrir les dents, émettez ensuite la voix : vous aurez le son, ahl continuez à émettre cette voyelle en même temps que vous fermez la bouche avec la main, en mettant les doigts~de la main gauche sur la joue droite, et la paume de la main sur l'ouverture, la qualité du son changera à chaque degré de la diminution de l'ouverture vocale, et deviendra peu à peu, ouh, au, oh, ou, à mesure que la main couvrira davantage la bouche. » [BelVs Elocutionary Manual, p. 21.)
On peut ramener à deux les changements que subit la bou che pour articuler les différentes voyelles, on les appelle pour
Ouverture
orale.
Ouverture buccale
les distinguer bucaux et oraux, les premiers dépendant de la cavité buccale, les autres de l'ouverture des lèvres. Ces changements combinés avec la position de la langue donnent naissance à toutes les variétés de voyelles. On a évalué comparativement les dimensions des deux ouvertures dans les principales voyelles. En admettant cinq degrés pour l'ouverture de la bouche et pour celle de l'espace compris entre les lèvres et le palais, le docteur Carpenter a trouvé pour les différentes voyelles les résultats suivants, qui modifient légèrement les résultats obtenus par Kempelen :
Voyelles.
ou
On a divisé les consonnes de bien des manières. Pour toutes, il faut le concours de la langue, des lèvres et des dents, à tous les degrés de force, depuis le léger frémissement de la langue pour l's, jusqu'à la suppression totale du son par l'occlusion subite des lèvres dans lep final. Les sons p, t, k, sont produits par l'occlusion subite des lèvres pendant l'émission brusque du courant vocal ; on les appelle lettres muettes ou explosives : le p étant formé par l'occlusion des lèvres s'appelle une labiale ; t étant formé par le contact de la langue avec le palais s'appelle une palatale etaussi une dentale; k est une gutturale, c'est-à-dire une lettre donnée par le gosier, par suite d'un mouvement de la langue qui se porte plus en arrière dans la cavité du pharynx. Gomme toutes les consonnes se forment dans des conditions qu'on peut ramener plus ou moins à l'une de ces trois positions, on peut les diviser en labiales, palatales et gutturales. Il y a six labiales qui dépendent des sons fournis par les différents degrés d'occlusion des lèvres. Nous avons déjà parlé de la lettre muette ou explosive p ; ensuite vient b produite par une occlusion moins violente, qui permet d'entendre la voix pendant l'acte de l'occlusion. La troisième labiale m, a un son nasal; le frottement de l'air dans les fosses nasales, lui donne le caractère d'un bourdonnement, et l'occlu-