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VISION AYEC LES DEUX YEUX

Nous passons maintenant au second cas, c'est-à-dire à celui dans lequel les yeux regardent l'objet G. Dans ce cas, c'est le doigt qui paraît double. L'image de G tombe alors sur les points centraux c correspondants et donne une sensation simple. Dans l'œil droit f fait son image à la droite de c en fg ; dans l'œil gauche l'image se fait en fi h la gauche de c. Nous projetons les deux images au dehors sur les côtés opposés Fi et Fg. Comme ils ne sont point tombés sur des points correspondants, nous les verrons doubles. Si nous fermons l'œil droit, l'image de gauche disparaîtra et réciproquement-

Fig. 38.

Il n'y a qu'un seul cas où les points du champ visuel soient tous vus à l'état simple : c'est lorsque ce champ se trouve à une très-grande distance. Lorsque nous regardons par exemple à l'infini dans le ciel étoile et que nous visons une étoile, toutes les autres étoiles nous paraissent simples et non doubles.

Pendant que nos yeux reçoivent les deux rayons parallèles 1, émanés de l'étoile considérée, les rayons 2 émanés d'une étoile

située à droite de la première arrivent aussi parallèlement dans l'œil et touchent la rétine en a et a. Comme ces points sont également distants de c et situés du même côté, ils produiront une image simple. Les objets situés à l'horizon ou une campagne éloignée vue du sommet d'une haute montagne, se comportent à peu près identiquement, car l'angle de convergence des deux yeux est dans ce cas presque insignifiant.

Mais dès que nous dirigeons nos yeux sur des objets plus rapprochés, les circonstances dans lesquelles nous voyons simple ou double se compliquent. Jean Mûller a examiné le premier un cas très-intéressant de cette espèce. Lorsque nous considérons des deux yeux (fig. 38) un point c situé dans le plan médian, les axes visuels deviennent convergents et c se dessine sur le centre c. Traçons alors un cercle qui passe par C et par les points nodaux k des deux yeux et nous pourrons prouver que tous les points de l'espace situés sur cette circonférence donneront naissance à une image simple. Prenons par exemple le point A et menons les rayons A k a. vers la rétine qu'ils toucheront en a : les angles c k a dans l'intérieur des yeux seront égaux parce qu'ils sont égaux aux angles périphériques A K C. Donc a est situé dans les deux yeux à égale distance de c et du même côté, par conséquent ces deux points sont correspondants et verront une image simple de A.

On peut se convaincre de la justesse de la figure par l'expérience suivante.

Prenez deux plumes, tenez-en une immobile en C devant les yeux et visez-la. Faites alors avancer la seconde en ligne x y et vous vous apercevrez que dans tout son parcours elle produira une image double, sauf au point A, où l'image sera simple.

On donne le nom àlioroptère (ou dliorotrope) k une figure de l'espace dont tous les points donnent une image simple. Dans le cas cité précédemment l'horoptère est un cercle. On a encore constaté qu'il fallait ajouter à ce cercle une ligne droite qui du point c traverse perpendiculairement le cercle. On peut aussi prouver géométriquement que tous les points de cette ligne ne produiront qu'une seule image.

IIOROPTÈRE 117

On a tracé des horoptères plus compliqués pour dos positions différentes des yeux, mais nous ne voulons pas nous y arrêter. Il y a cependant encore un cas intéressant, c'est celui où, étant debout, nous regardons dans le lointain. Alors, comme Helmholtz l'a démontré, le sol forme presque un horoptère de surface. Lorsque l'on considère avec quelle sécurité nous marchons sans regarder le sol, cet état d'indifférence pour ainsi dire des yeux ne nous paraîtra pas sans importance, car nous bronchons bien plus facilement lorsque nous regardons fixement un objet situé à la hauteur de l'œil.

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