‹ Les sept péchés capitaux (volume 3)Chapitre 6 sur 7 · L'EN VIS. 31Î · texte numérisé non relu

L'EN VIS. 31Î

— C'est la tombe de celui dont le nom est le bon saint nom du pays, monsieur.

— 11 se nommait?

— Frédérik Bastien, monsieur, et son bon ange de mère est enterrée avec lui.

— Vous pleurez, brave homme?

— Oui, monsieur, comme pleurent de regret tous ceux qui les ont connus, l'ange de mère et l'ange de fils.

— Ils étaient donc bien aimés dans le pays?

— Tenez, monsieur, vous voyez ce beau et grand château, là-bas?

— Le château de Pont-Brillant?

— Le jeune marquis et sa vieille grand'mère sont plus riches que le roi. Bon an, mal an, ils envoient beaucoup d'argent pour les pauvres, et, si le nom de M. le marquis est prononcé une fois chez les bonnes gens du Val, celui de Frédérik Bastien et de sa mère l'est cent fois.

— Et pourquoi cela?

— Parce que, faute d'argent qu'ils n avaient point, la mère donnait aux pauvres son bon cœur et la moitié de son pain; le fils, lui, donnait, s'il le fallait, sa vie pour sauver celle des autres, témoin moi et les miens, sans compter d'autres familles, qu'au risque de périr il a sauvées, lors de la grande inondation d'il y a deux ans. Aussi, voyezvous, monsieur, le Ion saint nom du pays durera plus longtemps dans le Val que le grand château de Pont-Brillant. Les châteaux s écroulent, tandis que les enfants de nos enfants apprendront de ieurs pères le nom de Frédérik Bastien.

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