‹ Les septembriseursChapitre 108 sur 300 · SCENE Y · texte numérisé non relu

SCENE Y

(On ouvre la porte. Un homme se précipite dans Téglise, en disant aux gendarmes qui l'arrêtaient : )

Non, vous ne l'emmènerez pas seul. Puisque tout son crime consiste dans son amour pour la religion et son horreur pour le parjure , je ne suis pas moins coupable que lui.

l'évêque de beauvais.

Quoi! c'est l'évêque de Saintes! (ils se prénpitmt

dans les bras l'un de l'aulre. ) Ah 1 mon frère!

l'évêque de saintes.

Vous m'abandonniez!

l'évêque de beauvais.

Mon frère ! pourquoi venez-vous ici?

l'archevêque d'arleS^ dans le fond de l'église.

J'entends dire que MM. de La Rochefoucauld viennent d'être amenés ici. Messieurs, pardonnezmoi si je ne vais pas au-devant de vous; j'ai besoin d'aide pour quitter mon fauteuil ; dai^^nez vous approcher, que j'aie le bonheur de vous voir.

(Les deux prélats s'avancent près du fauteuil de M. Dulau, et se mettent à genoux.)

l'évêque de beauvais.

Monseigneur, bénissez-nous.

M. DULAU

Préparons-nous, mes frères, à paraître devant: le souverain Juge. Je ne sais ce qui se passe , et si je suis affecté de pressentiments trompeurs : mais je crois que l'on médite contre-nous quelque projet criminel. C'est pour la quatrième fois que l'appel des prisonniers vient d'être fait; on n'est pas dans cette habitude : il me semble lire dans les yeux de nos gardes quelques desseins funestes. Notre vie est à Dieu; tenoAs-nous donc prêts à lui rendre un bien qui lui appartient, et qu'il ne nous avait confié que pour sa plus grande gloire. Jetons un rapide et douloureux regard sur nos erreurs passées, et que ces faibles souffrances en soient l'expiation. Prions pour nos persécuteurs : que Dieu leur pardonne leurs blasphèmes et leur ma-

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