‹ Les septembriseursChapitre 196 sur 300 · LE DÉPUTÉ · texte numérisé non relu

LE DÉPUTÉ

Ces chevaux et cette voiture sont-ils à vous t

LE COCHER

Ah bien, à la bonne heure ! il est gentil celuilà, avec sa question. Est-ce que je les donnerais à la nation , si c'était pas les miens ? Il est bon enfant le député.

(On rit de nouveau.) LE PRÉSIDENT.

C'est très-bien, mon ami : l'Assemblée nationale accepte votre présent. Il n'est pas nécessaire d'employer de belles expressions pour montrer des sentiments nobles , et je vous proclame bon citoyen. Je vous engage, au nom de tous ces messieurs, à demeurer dans l'enceinte de l'Assemblée

jusqu^à ia fin de la séance. Nous désirons par cet honneur vous témoigner la reconnaissance de la nation.

LE COCHER

C'est égal... Vive la nation! merci, monsieur le président.

LES TRIBUNES

Bravo ! le cocher, bravo !

U N VIEILLARD . Il s'avance à la tribune entouré de trois jeunes gens.

Messieurs, je suis trop vieux pour porter les armes , c'est à mes enfants à remplacer leur vieux përe : j'offre mes deux aînés à la patrie. Qu'ils aillent mourir pour elle , s'il le faut j le plus jeune n'a que onze ans : je vous le demande, messieurs, pour consoler ma vieillesse; il est encore trop faible , et, comme son përe, il ne peut que détester les ennemis de son pays sans pouvoir les combattre.

LE PRÉSIDENT

Vénérable vieillard, le silence religieux que votre voix a commandé dans cette nombreuse assemblée vous indique assez l'attendrissement que votre héroïsme a fait naître dans nos âmes. Recevez nos remerciements. Le Rémunérateur suprême de la vertu peut seul acquitter la dette de la reconnaissance d'un peuple entier.

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