‹ Les septembriseursChapitre 209 sur 300 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

M. ADAM DE LUX

Mais je vousdirai^ iiiaclame, que cette accusation n'est pas terrible j car i) y a des gens qui appellent romanesque tout ce qui tient à l'élévation et à la délicatesse des sentiments.

MADAME DE CENIL.

Du reste y chacun la chérit : c'est la douceur et la bonté même.

M. ADAM DE LUX

J'ai déjà beaucoup voyagé, et jamais, je vous assure, je n'ai rencontré une physionomie réunissant à ce point la modestie et la sensibilité. Quelle est cette jolie tête blonde à sa droite?

MADAME DE CENIL.

C'est sa cousine , mademoiselle de Breterville.

ADAM DE LUX

Elles paraissent s'aimer comme deux sœurs.

MADAME DE CENIL.

Mademoiselle Corday d'Armans était venue passer quelque temps près de sa cousine , elle a trouvé tant de charme dans sa compagnie qu'elle n'a plus voulu la quitter depuis ce temps.

ADAM DE LUX

Cette jolie figure de mademoiselle Corday , amionce une ame vive et aimante.

MADAME DE CENIL.

D'après les questions que vous m'avez adressées, je vois , monsieur, que vous n'êtes pas à Caen depuis long-temps?

ADAM DE LUX

Non madame , d'hier seulement. Quoique très -jeune , je suis député de la ville de Mayence ; ce qui m'oblige à demeurer à Paris dans ce moment, bien malgré moi, je vous jure; car j'y vois des choses fort tristes. Des affaires d'intérêt m'ont obligé à me rendre au Havre; je me suis détourné un peu de ma route pour embrasser les illustres conventionnels dont je partage les principes et qui se sont réfugiés dans votre

ville. (Regardant mademoiselle Corday d'Armans.) VotrC payS

me plaît, je voudrais y fixer ma vie ; mais il faut retourner à Paris.

M. DE BRETERVILLE.

Eh bien ! ma nièce , à quoi rêvez-vous donc ? allons , ma bonne amie, il se fait tard, il faut nous retirer.

( Mademoiselle Corday se lève et se dirige vers un fauteuil sur lequel sa mante est jetée. M. Adam de Lux la prévient avec empressement)

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