SCENE II
CHARLOTTE CORDAY
Je te rassure^ je n^ai jamais aimé personne : j'ai souvent désiré attacher mon cœur à un autre j mais je n'ai pas rencontré ce que je cherchais. Les fades compliments des hommes m'ont toujours ennuyée. Du reste ^ c'est un bonheur- car il en coûterait trop d'abandonner...
CLÉMENCE
Eh bien! lui, Charlotte , crois-moi , il t'aime. Je l'ai étudié tandis qu'il te regardait.
CHARLOTTE CORDAY
Peut-être ma figure a pu lui plaire j qu'importe. Il ne me connaît pas. Non, ah ! chère Clémence, si j'étais aimée... j'ai formé un projet bien difficile., il m'aiderait à l'accomplir j il ferait comme moi.. .
CLÉMENCE
Est-ce qu'une amie ne peut pas le remplacer?
CHARLOTTE CORDAY , souriant avec attendrissement.
Pauvre enfant!... il est tard, j'ai quelque chose à faire ce soir.
CLÉMENCE
Mon Dieu ! mon Dieu ! toujours des secrets. Quelle petite cachotteuse !
2Bo LA. MORT DE MARAT.
CHARLOTTE CORDAY
Ne me gronde pas; demain tu saiaras tout mon seci'et , je te le promets.
CLÉMENCE
A la bonne heure. Allons, mauvaise, dormez bien.
CHARLOTTE CORDAY
Tu ne m'embrasse pas? (Elles se jettent dans les bras l'une
de l'aulre.) Clémence, encore une fois. (Elle l'embrasse de nouveau.)