SCÈNE XV. 5i
On nous Fa enlevé. Des hommes armés Font arraché de nos bras, comme s'il était un voleur , un criminel. Cependant il n'a pas tué, il n'a pas volé j il n'est pas mauvais citoyen. Toute sa vie se passe à nous instruire, à nous faire aimer la vertu et la patrie. Il est bon, juste et pur. Nous vous demandons sa liberté j rendez-le à ses enfants, car nous sommes ses fils; il nous aime comme s'il était notre père. C'est lui qui nous a appris ce que nous savons. Sans lui , nous serions comme des animaux. Depuis qu'on nous l'a ôté , nous sommes tristes et chagrins,- rendez-nous-le; vous nous ferez heu-^ reux .
LA FOULE
Grâce! grâce pour Massieu, pour les sourdsmuets?
(Le président consulte les membres de la Commune.) ROBERSPIERRE.
Je pense qu'il faut s'en rapporter à la justice du peuple, mais ne pas se laisser aller à l'exaltation d'un mouvement irréfléchi et moins juste que généreux.
MARAï.
Le peuple demande la grâce de l'abbé Sicard , il faut le mettre sous la protection de la justice, et lorsque sa non-culpabilité sera reconnue la na-
tion , toujours grande et juste ^ le rendra à la liberté.
HUGUENIN
Monsieur Sicard, vous allez être conduit provisoirement à la geôle ^ demain la Commune s'occupera de vous rendre à vos utiles fonctions.
MERCIER
Labrouche, surveillant^ employé chez
(On entend un coup de canon.) LA FOULE.
Ah! qu'est-ce que cela! c'est le canon! nous sommes perdus! Ce sont les Prussiens : ce sont les aristocrates qui viennent.
(Grande rumeur.)