SCÈNE XXIII
mon përej écoutez-moi un seul instant^ je vous en supplie ! écoutez - moi.
HOMMES ET FEMMES DU PEUPLE
Il faut la laisser parler, il faut l'écouter.
UN HOMME DU PEUPLE , confondu parmi les égorgeurs.
Voyons, c'est juste ^ il faut entendre tout le monde , nous avons juré de travailler en bons citoyens.
(m. de Sombreuil est placé contre le mur. Sa fille est devant lui , et tient un de ses bras passé autour du corps de son père ; l'autre est étendu devant les égorgeurs, dont elle veut éloigner les coups.)
MADEMOISELLE DE SOMBREUIL
On accuse mon père d'avoir combattu contre le peuple, le 10 aoùt^ c'est un mensonge infâme; l'attaque du château a commencé à neuf heures^ et mon père était à cette heure au milieu de sa famille ; à dix heures et demie, le conseil s'est assemblé comme de coutume, et a été présidé par mon père jusqu'à deux heures; tous les chefs peuvent le prouver, interrogez-les : à quatre heures mon père a passé une revue générale , tout le monde a pu le voir dans la cour de l'Hôtel.
UN INVALIDE, dans la ioule.
C'est vrai , je l'ai vu.
ii8 L'ABBA.YE.
lNrA.DEMOlSE\l.E DE SOMBREUIL.
A huit heures du soir il était encore à visiter dans leurs chambres les officiers et les soldats.
LA FOULE
On Fa calomnié , c'est abominable !
MADEMOISELLE DE SOMBREUIL
Mon père est un bon Français, il ne s'est jamais battu contre le peuple.
LA FOULE
Bravo ! bravo !
MADEMOISELLE DE SOMBREUIL^ montrant les cicatrices de
son père.
Ces blessures-là^ ce n'est pas le peuple de Paris qui les lui a faites, ce sont les ennemis de la France.
LA FOULE
Bravo ! il faut le sauver, il faut sauver son père ! Grâce!
UN ÉGORGEUR
Elle est bonne enfant.
GARDEMBAS.
Elle n'aime pas les traîtres.