Streptothrix muris ratti
SCHOTTMULLER a décrit, sous ce nom, en 1914, un microorganisme isolé à huit reprises consécutives par l’hémoculture, au cours d’une fièvre par morsure de rat. Le même germe fut retrouvé par BLAKE, en 1916, dans des circonstances analogues, et par Miss TUNNICLIFF, dans les poumons des rats atteints de bronchopneumonie. Le streptothrix muris ratli était alors reconnu comme l’agent étiologique de la fièvre par morsure de rat, mais la découverte de FurTakr devait faire oublier celle de SCHOTTMULLER.
a) DESCRIPTION DU STREPTOTHRIX MURIS RATTI
Les caractères du streptothrix muris ratti sont admirablement décrits dans le mémoire de BLAKE, auquel nous empruntons la description du germe, en signalant les particularités des souches isolées par les autres auteurs.
Morphologie. Coloration :
Le streptothrix muris ratti est mince, filamenteux, présente des ramifications et pousse en amas enchevêtrés. Dans les jeunes cultures, les filaments de longueur variable sont incurvés, onduleux ou droits et se colorent de façon homogène. Après 18 à 24 heures d’incubation les filaments se fragmenlent et sont formés de chaînes bacillaires de longueur variable. La coloration n’est plus aussi homogène, et met en évidence de nombreuses granulations. Des renflements fusi-
Die
formes ou en boule peuvent être constatés, ainsi que des chaînes d'éléments coccobacillaires. Les cultures plus âgées décèlent une fragmentation très marquée des filaments, dont les éléments apparaissent sous forme de bâtonnets. Ces bâtonnets ont une longueur variable, sont droits ou légèrement incurvés. Les chaînettes de coccobacilles deviennent plus nombreuses et les amas persistants de forines filamenteuses se colorent très faiblement.
Le streptothrix muris ratti est immobile, dépourvu de cils, de capsuie. On n’observe jamais de spores. Il ne prend pas le Gram. Pour SCHOTTMULLER, il prend faiblement le Gram. Il se décolore par l’alcool et les acides faibles dilués.
Caractères culturaux
Aérobie et anaérobie facultatif, il pousse à 37°. Il ne pousse pas ou de facon mesquine sur les milieux usuels (bouillon ordinaire, bouillon dextrose, bile, lait, gélose ordinaire, gélose dextrose, pomme de terre, gélatine). Il exige pour sa croissance Paddition aux milieux de culture de produits organiques (ascite, sang, sérum). En bouillon ascite, la croissance apparaît au bout de 18 à 24 heures sous forme d’un floculat blanchâtre disposé au fond du tube ou le long des parois. Le milieu demeure clair. La croissance cesse au bout de 24 à 30 heures. Sur les milieux solides (gélose ascite, gélose au sang, sérum de Loeffler) on constate, après 24 heures d'incubation, le développement de colonies discrètes, blanchâtres, grosses comme une pointe d’aiguille, arrondies, bien limitées, légèrement saillantes, lisses, brillantes, humides. Dans l’eau de condensation on constate une croissance floconneuse blanchâtre. Après 48 heures d’incubation, les colonies présentent une légère tendance à la coalescence si
elles sont étroitement agglomérées. Les cultures à 37° meu-
rent au bout de 5 à 8 jours ; à la glacière, leur viabilité varie de 7 à 14 jours.
Propriétés biochimiques :
L'action du streptothrix muris ratti sur les sucres n’est pas étudiée par SCHOTTMULLER. BLAKE ne constate aucune fermentation des sucres. Les souches isolées des rats par Miss Tunniczirr font fermenter seulement le maltose. Miss
Das SE CAC
TUNNICLIFF et MAYER avec une souche d’origine humaine constatent une fermentation dans les milieux contenant les sucres suivants : dextrose, raffinose, maltose, léontose. Par contre, les milieux additionnés de salicine, lactose, inuline, mannite, ne sont pas modifiés.
Pouvoir pathogène :
Le streplothrix muris ratti n’est pas pathogène pour le lapin, le cobaye et le rat, quelle que soit la voie d’inoculation (intraveineuse, sous-cutanée et intrapérîtonéale). L’inoculation sous-cutanée entraîne seulement des symptômes d’inflammation locale et une hyperplasie des ganglions lymphatiques. L’étude de la virulence du germe pour la souris n’a pas été étudiée.
Propriétés antigènes :
BLAKE a constaté dans le sérum de sa malade un pouvoir agglutinatif s’élevant à 1/80.
b) RAPPORTS DU STREPTOBACILLUS MONILIFORMIS ET DU STREPTOTHRIX MURIS RATTI
Le streptothrit muris ratti s'apparente au streptobacillus moniliformis par ses caractères morphologiques, culturaux, son absence de pouvoir pathogène pour le rat, le lapin, le cobaye. La ressemblance des deux germes est accentuée par l'identité de leurs circonstances d’isolement. Chez l’homme le streptothrix muris ratti a été isolé par l’hémoculture au cours de septicémies consécutives à une morsure de rat, ayant une incubation courte, se traduisant par un exanthème, des symptômes articulaires et des manifestations pharyngées (obs. de SCHOTTMULLER, obs. de BLAKE). Il a été également retrouvé dans d’autres cas de fièvre par morsure de rat où le tableau clinique s'apparente moins à l'infection à sfreptobacillus monoliformis (obs. de TUNNICLIFF, MAYER, obs. de EsErT et Hesse). Enfin il a été isolé des poumons et de la trachée des rats blancs et des rats sauvages atteints de bronchopneumonie.
Cet ensemble de faits, et bien qu’il nous manque le test
Eté d'OS
de la virulence pour la souris blanche, nous autorise conclure à l'identité des deux organismes.