‹ Les Septicémies à Streptobacillus moniliformisChapitre 19 sur 95 · Streptothrix putorii · texte numérisé non relu

Streptothrix putorii

G. Dicx et R. TUNNICLIFF ont décrit sous ce nom, en 1918, un microorganisme isolé par l’hémoculture au cours d’une fièvre par morsure de belette.

a) DESCRIPTION Du STREPTOTHRIX PUTORII

Morphologie — Coloration :

Le streptothrix putorii est très polymorphe, revêt l'aspect d'éléments bacillaires, de cocci et de filaments avec ramifications. Il présente des renflements en boule. Après isolement, il affecte des formes courtes ; ultérieurement après repiquages les formes filamenteuses sont plus nombreuses, mais elles ne sont pas très longues ni très onduleuses.

Il est Gram négatif, se teinte par les colorants ordinaires. I1 n’est pas acido-résistant.

Caractères culturaux

Aérobie et anaérobie facultatif, il se développe en 24 à 48 heures sur gélose au sang, sur sérum de Loeffler. Les colonies sont discrètes, à peine colorées ou de teinte jaunâtre, grosses comme des pointes d’aiguille, arrondies, légèrement saillantes, à bords nets. D’abord d’aspect terne, elles deviennent brillantes. Le milieu n’est pas modifié. Les croissances sur gélose sang dextrose sont plus profuses. En bouillon ascite, la croissance est légère, floconneuse. Sur

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les milieux liquides ordinaires (bouillon, bouillon dextrose et lait), la culture est moyenne. Sur gélose ordinaire et gélose dextrose, les rares colonies se présentent sous le même aspect que sur gélose ascite ou au sang. Les cultures après lisolement perdent leur vitalité très rapidement, mais ultérieurement demeurent viables à 37° pendant plusieurs semaines.

Propriétés biochimiques :

J1 ne fait fermenter aucun sucre.

Pouvoir pathogène

Il n’est pas virulent pour le cobaye, le rat. Dick et TuNNiICLiFF ont inoculé deux souris blanches par voie intrapéritonéale sans résultat.

Propriétés antigènes :

Dick et Tunniczirr ont décelé dans le sérum de leur malade une augmentation des opsonines, un pouvoir agglutinatif faible, 1/20. La réaction de fixation du complément était positive en utilisant comme antigène le streptothrix putorii et négative avec le streptothrix muris ratti.

b) RAPPORTS DU STREPTOBACILLUS MONILIFORMIS ET DU STREPTOTHRIX PUTORII

Dicx et TUNNICLIFF ont souligné les différences existant entre le sfreptothrix putorii et le streptothrix muris ratti isolé des poumons des rats. Du point de vue morphologique le streptothrix putorii forme des filaments moins longs et moins ondulés que le streptothrix muris ratti.

Dans les cultures, le premier germe se développe plus abondaiment que le second sur les milieux usuels (gélose et bouillon ordinaires, gélose et bouillon dextrose). Pour ces raisons, ils ont cru avoir affaire à un germe différent du streptothrix muris ratti. A la vérité, l'absence de pouvoir pathogène pour la souris nous gêne davantage pour assimiler streptothrix putorit au streptobacillus moniliformis. Enfin l'évolution de la maladie présentée par l’enfant mordu par

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une belette diffère sensiblement de celle de l'infection due au germe décrit par LEVADITI, NICOLAU et PoincLoux.

G. -- Classification

Nous ne ferons ici qu’exposer les classifications proposées par PARKER et HUDsoN et par VAN ROOYEN.

PARKER et HUDSON, considérant que le germe de l’épidémie d'HAVERHILL n'avait pas été décrit antérieurement, ont proposé la dénomination d’Haverhillia multiformis et rangé le nouveau microorganisme dans l’ordre des Actinomycètes : Haverhillia multiformis « paraissant appartenir à ce grand groupe de microorganismes dont les cellules sont allongées, fréquemment filamenteuses, et présentent des ramifications. Les renflements, les aspects en massue et les irrégularités de forme des cellules, l’absence de mobilité et l'existence d’endosposes sont d’autres traits communs à notre organisme et à ce groupe de bactéries ». Les bactériologistes américains classent Haverhillia multiformis dans la famille des Mycobactériacées « en raison de son saprophytisme, de sa forme en bâtonnet fréquemment irrégulière, de sa coloration inégale ». Le nouveau germe ne trouvant place dans aucun des genres connus de cette famille, ils proposent la création d’un genre Haverhillia, comprenant l'espèce Haverhillia multiformis.

Van RoOOYEN critique la classification proposée par PARKER et Hupson. Le streptobacillus moniliformis ne lui paraît présenter aucune des affinités des microorganismes de l’ordre des Actinomycètes. Pour des raisons semblables, il ne croit pas devoir ranger le streptobacille de LEVADITI, NicoLas et PorncLoux parmi les leptothrix. Il propose de classer l’agent étiologique de l’épizootie des souris parmi les Bactériacées, dans le groupe des bactéries hémophiles, bien qu’il n’exige pas pour se développer la présence d’hémoglobine dans les milieux de culture, ce qui le distingue de Bacterium influenzae. VAN ROOYEN fait remarquer que le B. pertussis et le bacille de Morax n’exigent pas non plus la présence d’hémoglobine dans les milieux de culture, et sont néanmoins rangés dans la catégorie des bactéries hémophiles. Rien ne s’oppose

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dès lors à classer le streptobacille dans ce groupe, quitte à lui assigner un autre genre que le genre < hémophilus ».

VAN ROOYEN enfin critique la dénomination de Streptobacillus monoliformis qui traduit seulement un fait biologique important, et préfère la dénomination d’Haverhillia multiformis, qui exprime mieux le polymorphisme hautement caractéristique de l’organisme.

Sans entrer dans les discussions que pose le problème de la classification du germe isolé par LEVADITI, NICOLAU et POINCLOUX, nous résumerons ici ses caractéristiques.

— Bâtonnet mince, revêtant dans les milieux de culture un polymorphisme extraordinaire : formes bacillaires, formes coccobacillaires, formes filamenteuses. Fréquence des renflements sphériques ou en fuseau sur le trajet des éléments.

— Immobile.

-— Gram négatif.

—- Exigeant pour sa croissance la présence de produits organiques (ascite, sérum, sang). Son développement est indépendant de la présence d’hémoglobine,

— Très virulent pour la souris.

Au cours de ce travail, nous avons accepté la dénomination de Sfreptobacillus moniliformis pour désigner le germe. Elle est légitimée par l’antériorité de la publication de LEvVAprTI et de ses collaborateurs sur celle de PARKER et HUDsON. Malgré sa priorité, la dénomination de SCHOTTMULLER ne

respectant pas les règles de la Re binominale, ne saurait être retenue.

POUVOIR PATHOGENE DU STREPTOBACILLUS MONILIFORMIS

Le streptobacillus moniliformis se révèle presque constamment très virulent vis-à-vis de la souris. L'étude du pouvoir pathogène montre que l’inoculation du germe détermine un état septicémique qui entraîne souvent la mort de l’animal en 48 à 72 heures. La survie de la souris peut être plus longue. La septicémie s'accompagne alors fréquemment de déterminations articulaires, voire cutanées. Ainsi se trouve réalisée expérimentalement une véritable maladie calquée sur celle de l’homme, où nous voyons s’affirmer avec netteté les curieuses affinités organotropiques du germe.

En dehors de la souris, les autres espèces animales, sauf dans certains cas le lapin, se révèlent résistantes au développement d’un état septicémique. Seule l’inoculation intraarticulaire est suivie de symptômes locaux persistants.

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