‹ Les Septicémies à Streptobacillus moniliformisChapitre 58 sur 95 · TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE

« La fièvre est constante, et son évolution est si caractéristique qu’elle peut être considérée comme un des critères de diagnostic les plus fidèles » (LockE et HAZARD).

L’élévation soudaine de la température à 40°, qui fait suite au frisson initial, est le plus souvent transitoire. Une rémission thermique apparaît rapidement au bout de vingtquatre à quarante-huit heures. Cette période d’apyrexie est suivie au bout de deux à trois jours d’une nouvelle élévation de température qui coïncide habituellement avec le début des manifestations articulaires. Cette deuxième phase fébrile a une durée variable, allant de quelques jours à quelques semaines. Tel est le tracé schématique de la courbe de température.

La rémission thermique, après l'invasion :

PLACE et SUTTON l’ont admirablement décrite : « La fièvre avait tendance à présenter une rémission à la normale au bout de deux à cinq jours et les symptômes généraux s’amélioraient le troisième et le quatrième jours, au point que beaucoup de malades quittaient le lit et plusieurs partaient travailler, mais devaient s’aliter de nouveau lors du retour de la fièvre. La fièvre réapparaissait après deux à trois jours de température normale, cette reprise thermique coïncidant avec le début de l'embarras généralisé des articulations. L’éruption débutait en général lors de la première poussée fébrile, mais avait tendance à persister, ou même à augmenter pendant la période de rémission. »

Cette période de rémission est retrouvée dans les observations sporadiques : précoce dans l’observation de TEISSIER, RIVALIER, REILLY et GARNIER, elle apparaît au bout de vingtquatre heures ; elle survient après quarante-huit heures dans les observations de LEVADITI, NICOLAU et PoINCcLOUXx, de SCHARLES et SEASTONE ; elle est plus tardive dans le cas rapporté par Dopp, n’apparaissant que le cinquième jour. Dans tous ces cas, la chute de température s'accompagne d’une

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ans.

malade âgée de

Courbe de température d’une Epidémie d’Haverhill. Extrait du mémoire de Place et Sutton

détente des symptômes généraux : diminution de la céphalée, disparition des vomissements, atténuation de la sensation de malaise général.

Cette rémission est cependant inconstante. Elle manque dans quelques cas à Haverhill. Elle n’est pas signalée dans Phistoire du malade de HAzARD et Goopkinp. Elle fait défaut dans notre observation où d’emblée la température dessine de grandes oscillations, affectant un type rémittent quotidien. La température basse le matin, à 37°5, 38° s’élève chaque soir à 40°, 40°5. L’ascension thermique quotidienne s’accompagne d’un frisson, est suivie d’une sensation de chaleur et d'émission de sueurs abondantes. Ce n’est que le huitième jour que la courbe de température bi-quotidienne révèle une atténuation de l’écart entre la température du matin et du soir.

La réascension thermique après la rémission :

Elle survient en général du quatrième jour au sixième jour

de la maladie. La température monte à 39°, 40°. Cette seconde élévation de température est moins brutale que ‘celle qui fait suite au frisson initial. Elle s'accompagne du retour des autres symptômes généraux : sensation de malaise, céphalée, abattement, et surtout coïncide avec l’apparition des premiers signes articulaires.

* Après la rémission « la température s’élève de nouveau, peut persister une ou plusieurs semaines, présentant une évolution semblable à celle d’une fièvre typhoïde ou une allure plus irrégulière comme, dans la fièvre septique » (Locke et HAZARD).

En effet, lors de la période d’état de la maladie, la fièvre affecte diverses modalités.

Le type fébrile continu :

La courbe de température ne présente que des variations de un demi à un degré entre la température du matin et celle du soir. Cette température continue est la plus fréquemment observée au cours de l'épidémie d'Haverhill. C'est à ce type fébrile que répond la courbe de température de la malade de TEIssIEr et de ses collaborateurs. La malade hospitalisée au dixième jour présente une température qui

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Observation de Teissier, Rivalier, Reïlly et Garnier Type fébrile continu.

demeure entre 39 et 40° pendant les quatre jours suivants ; elle se stabilise à 39° pendant une semaine, et enfin baisse progressivement en lysis, atteignant 37°5 au bout d’un mois de maladie. La durée de cette phase fébrile peut être plus courte comme dans l'observation de Dopp, où elle ne persiste que pendant neuf jours.

Le type fébrile rémittent quotidien

L'écart entre la température du matin et celle du soir est considérable. C’est ce type thermique que nous avons observé chez notre malade. Dès le début la courbe de température a revêtu des grandes oscillations quotidiennes ; plus tard, l'écart entre les températures du matin et du soir a pu être mis en évidence par la prise de température toutes les trois heures. La température, qui demeurait à 37°5 dans le courant de la journée, s'élevait à 39°5, 40° entre dix-huit et vingtquatre heures. De telles exacerbations thermiques tardives risqueraient de passer inaperçues si l’on se contentait de la courbe bi-quotidienne. d’où la nécessité de recourir à des prises de température fréquentes au cours des vingt-quatre heures. Cette fièvre irrégulière, qui paraît moins fréquente que la fièvre continue, est observée dans quelques cas à Haverhill.- Le malade de HazaRD el GOOpkIND présente égale-.

ment un type fébrile analogue : la température normale le matin s'élève chaque soir à 38°5, 39°. Cette irrégularité thermique persiste pendant les douze jours qui suivent son hospitalisation puis s’atténue progressivement, spontanément.

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