‹ Les Septicémies à Streptobacillus moniliformisChapitre 64 sur 95 · L’AMAIGRISSEMENT · texte numérisé non relu

L’AMAIGRISSEMENT

La perte de poids pendant la durée de la maladie est parfois très importante, expliquée partiellement d’ailleurs par l'impossibilité d'alimenter les malades, en raison des dou-

leurs pharyngées. C’est ainsi que les malades de LEVADITt, NICOLAU et PoiNcLoux, de notre observation, perdent dix kilogs en quelques semaines. En règle, la perte de poids reste plus discrète.

Comme on le voit, les symptômes généraux de la maladie sont communs à un grand nombre d'infections. C’est leur intensité et leur persistance qui commandent la sévérité de la maladie, qui demeure en général modérée.

Plus que les signes généraux, ce sont les manifestations relevant des déterminations secondaires de l'infection qui donnent à la maladie sa physionomie particulière.

Les symptômes cutanés

Les manifestations cutanées tiennent une place importante dans le tableau clinique des septicémies dues au streptobacillus moniliformis. Elles ont valu à la maladie ses dénominations antérieures : érythème polymorphe aigu infectieux (LevapiTi, NICOLAU et PoincLoux), érythème polyarticulaire épidémique (PLACE, SUTTON et WILLMER), érythème infectieux (TEISSIER, RIVALIER, REILLY et GARNIER).

FRÉQUENCE

Les signes cutanés sont quasi-constants. AU cours de lPépidém'e d’Haverhill, PLAce et Surron les observent dans 93 % des cas et considèrent que lorsque l’exanthème a fait défaut, celui-ci a pu être discret et fugace, et échapper à l'observation du malade. L’éruption cutanée est également un des principaux signes de l’épidémie étudiée à Chester par ARMSTRONG. Dans les six cas sporadiques que nous avons pu relever, l’exanthème est présent cinq fois. Il manque seulement chez notre malade où il a fait cependant l’objet d’une recherche systématique.

DATE D’APPARITION

Les signes cutanés sont très précoces et précèdent Es manifestations articulaires. L'éclosion du rash coïncide Île

plus souvent avec la rémission des symptômes généraux qui fait suite aux manifestations bruyantes de la période d’invasion. PLACE et SUTTOoN rapportent la date d’apparition de l’éruption observée chez 80 malades, et le tableau suivant que nous leur empruntons démontre la précocité des manifestations cutanées :

Dans 7 cas, apparition de l’exanthème le 1‘ jour Dans 16 cas, apparition de l’exanthème le 2° jour Dans 39 cas, apparition de l’exanthème le 8° jour Dans 10 cas, apparition de l’exanthème le 4 jour Dans 7 cas, apparition de l’exanthème le 5° jour Dans 1 cas, apparition de l’exanthème le 8° jour Dans les cinq observations sporadiques où l’exanthème est observé, celui-ci est également un des premiers symptômes objectifs :

Observation de LEVADITI, apparition de l’exanthème le 1° jour ; Observation de Dopp, apparition de l’exanthème le 4° jour ; Observation de TEISSIER, apparition de l’exanthème le 2° jour ; Observation de HazARD, exanthème constaté précocement. Observation de SCHARLES, apparition de l’exanthème le 2 jour.

Page 1