‹ Les servantes de Dieu en Canada [microforme]Chapitre 14 sur 66 · D2 HÔPITAL-GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

D2 HÔPITAL-GÉNÉRAL

de cette nouvelle institution furent quatre Religieuses Hospitalières de la miséricorde de Jésus, de l'ordre de St. Augustin, tirées de l’Hôtel-Dieu de Québec. Elles prirent possession de la nouvelle fondation le ler Avril 1693, tout en restant déperdantes de la Maison-mère jusqu’en 1701. Alors seulement PHôpital-Général forma un établissement distinct de PHôtel-Dieu, et se caractérisa en adoptant par-dessus le même costume une croix d'argent. En 1717 les Religieuses de PIHôpital- Général admirent chez elles les femmes repenties et les aliénés, en outre des pauvres invalides et infirmes, En 1725 elles ouvrirent un peusionnat pour l’éducation des jeunes personnes. Mais de ces trois œuvres nouvelles il ne reste plus que le pensionnat, dont la prospérité et la

bonne tenue font honneur aux pieuses institutrices.

€ L'Hôpital-Général, dit Charlevoix, est la plus belle “ maison du Canada, et elle ne déparerait point nos pins

‘ grandes villes de France. Les Pères Récollets oceu-

Pan En

paient autrefois Je terrain où elle est située. M. de

En

St. Valier les a transférés ailleurs, a acheté Jeur em- +“ placement, et y a dépensé cent mille écus, en bàti- ‘ments, en ameublements et en fondations. Le prélat “ fondateur a son appartement dans la maison, et y fait “ sa résidence ordinaire, 1 a loué son palais, qui es ‘encore son ouvrage, au profit des pauvres. I ne

ÈS

‘ dédaigne même pas de servir d’amimônier à Phôpital,

aussi bien qu'aux Religicuses, et il en remplit les

fonctions avec un zèle et une assiduité qu’on admire.

“# rait dans nn simple prêtre, Des artisans ou autree, à

(1) Cana

une C

‘ qui leur grand âge ou leurs infirmités Ôtent le moyen de gagner leur vie, sont reçus dans cet Hôpital jusqu’à concurrence du nombre de lits qui y sont fondés, et trente Religienses sont occupées à les servir. La

plupart sont filles de condition, et comme ce ne sont

‘pas les plus aisées du pays, le prélat en a doté plu-

é Sicurs.??

Lors de la guerre qui se termina par la conquête du Canada par les Anglais, un grand nombre de soldats venus de France et qui avaient contracté la peste à bord des navires, furent soignés avec un zèle admirable à PHôpital-Général, et dix Religieuses succombèrent an

mal aflreux qu’elles avaient contracté en les soignant.

‘“ Cette perte, a écrit une des Religieuses (1), nous

‘mit hors d’état de pouvoir secourir seules tous les

‘ endroits qu'occupaient les malades, Le saint Evèque

“ (de Pontbriand) nous fit venir dix Religieuses de

« l’Hôtel-Dieu de Québec, qui, pleines de l'esprit de leur ‘“ vocation, nous ont édifiées par leur régularité et secou- “ rues avec un zèle infatigable, tant de jour que de nuit, À tous les services qu’il fallait rendre aux malades. “ Notre reconnaissance n’a fait qu'augmenter pour cette communauté, et renouveller le désir que nous avons ‘foujours en de bien vivre avec elle.” Aïnsi dans Ja

sainte milice des Servantes de Dieu et des pauvres ma-

(1) “ Relation de ce qui s'est passé au siége de Québec, et de la prise du Canada, par une Religieuse de l'Hôpital-Général de Québec, adressée à

une Communauté de son ordre en France.”

D HOPETALGÉN RAT

{ lades, le poste du danger est toujours le poste de Phon- I neur, et les diverses Communautés se prêtent des sujets Eat en cas d’épidémie, pour remplacer les Religieuses mortes | ho au chevet des mourants. C’est comme dans un combat, ds où les régiments d’une même armée s'entraident frater- ds nellement pour remplir les vides faits dans les rangs par Fra le feu de Pennemi. plu:

En 1759, pendant le siége de Québee, la situation de jusc l'Hôpital-Général à une petite distance hors de la ville le S le rendit le refuge de deux Communautés religieuses (1). giet puis mil:

(1) On a écrit que les Sœurs de la Congrégation se retirérent aussi à part Y'Hôpital-Général pendant le siége de Québec; mais la Relation mentionnée | des : : ou Se : rt à

ci-dessus dit à plusieurs reprises qu'elles étaient {rois communautés réunies ii 2 à l'Hôpital. Voici de plus la copie d’un manuscrit conservé à Québec parl sous le titre de “Tableau abrégé de l'état ecclésiastique et religieux de Li air ville de Québec pendant le siége et immédiatement après la prise de cette <MES ville, en 1759. les

*, ce “10,—Pendant le sitre, les PP, Jésuites sont restés deux seulement nu d “ Collége; les autres se sont retirés à Lorette, Depuis la prise de la ville, «a “il en est revenu deux autres,

#20,—Zes écollets.—%La pluspart a été employée à l'armée, Poux Pères bon “seulement sont restés pendant le siège. Depuis la prise de la ville, le

‘“ nombre s'est accru de deux.

“ 30,—eligieuses Hospitalières et Ursulines de la ville.—Pendant le siége “ces deux communautés se sont réunies dans le monastère de l'Aôpital-

“Général. Depuis Le siége fiuy, elles sont rentrées dans leurs maisons. te cd

“4o—Sœurs de la Congrégation. —Elles se sont retirées avant le siége À “leur Communneté de Montréal, et n'ont point reparu.” “a

Les Koœurs de T8 Congrégation retournèrent à Québee en 1769.

(Note de S, TT Jacques Viger).

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Les Sœurs de l'Hôtel-Dieu et les Ursulines se retirèrent à l’IHôpital-Général pour éviter les horreurs du bombardement, et elles y furent reçues avec la plus tendre cordialité. Selon les vicissitudes de la guerre, on y envoyait tantôt les blessés Anglais, tantôt les blessés Français; et l'Hôpital-Général dut recueillir à la fois plus de mille de ces infortunés. Il failut dresser des lits jusque dans l'église et la chapelle, en ne réservant pour le Saint Sacrifice qu’une partie du chœur, où les Reiigieuses de trois Communautés venaient s’entasser pour puiser, au pied de l’Autel, la force et la résignation au milieu de leurs épreuves. Elles acceptèrent avec une parfaite sérénité la gène et les privations de toute espèce ; et dans la Relation du Siéze dont nous avons parlé plus haut, nous voyons que, pendant qu'elles étaient ainsi entourées de soldats protestants qui les pillaient on les menaçaient sans cesse :—* Notre plus grand chagrin, “ dit la Religieuse, était de les entendre parler pendant ‘ [a Sainte Messe.” —Admirable shinplicité, et qui caractérise à merveille la piété naïve et t’abnégation de ces bonnes Sœurs,

Après la prise de Québec, les Hospitalières et les Ursulines retournèrent en ville, mais, dit la relation déjà mentionnée, ‘ce ne fut pas sans verser des larmes que se fit ce départ. L’estime, la tendresse, l’union que cela avait “ renouvelé, par le long séjour qu’elles avaient fait ‘ avec nous, rendit cette séparation des plus sensibles.” Ce qui rendait les larmes plus abondantes c'est que les Ursulines laissaient loin d’elles deux de leurs Sœurs

décédées à PHôpital-Général pendant le siége. L’une

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