‹ Les servantes de Dieu en Canada [microforme]Chapitre 21 sur 66 · DU SACRÉ CŒUR · texte numérisé non relu

DU SACRÉ CŒUR

“ Mlle. Barat. Le Père Varin les réunit en Commu- “ nauté, à Paris d’abord, puis à Amiens. Il leur dressa € un règlement provisoire, leur fit de fréquentes exhorta- “ tions, afin de les former à l’esprit religieux selon le but “ de leur vocation. Leur nombre s’accrut, elles com- ‘“ mencèrent à opérer le bien, et elles reçurent alors de “ leur fondateur le nom de Dames du Sacré Cœur. Telle “ fut l’origine de cette Congrégation, qui devait, quelques ‘ années après, rendre de si grands services à l’Eglise par “ l'éducation chrétienne des jeunes personnes appartenant ‘“ aux premières classes de la Société (1).

A la même époque, le P. Varin fondait à Amiens, avec la Mère Julie, les Religieuses de la Congrégation de Notre- Dame, pour s’occuper spécialement de linstruction des jeunes filles de la classe moyenne. Lestracasseries de la police obligèrent la Mère Julie à se retirer en Belgique, et le siége de cette Communauté est aujourd’hui à Namur, d’où elles ont fondé de nombreux établissements aux Etats-Unis. Les Religieuses de Roxbury, près de Boston, soumises au mois de Mars dernier à l'inspection scandaleuse des membres de la législature du Massachussetts, appartiennent à cet Institut recommandable, et le Canada lui doit une vénération toute particulière, car c’est dans un Couvent des Sœurs de Notre-Dame que les Sœurs de la Providence de Montréal, arrivées à Oregon City à la

(1) Vie du R, P. Joseph Varin, par le P. Achille Guidée, S. J. Paris, 1864, page 80,

fin de 1852, trouvèrent pendant deux mois une affectueuse et généreuse hospitalité.

Le Pape Léon XIE a approuvé la Société du Sacré Cœur en 1826, et il l’a appelée à Rome, où ces Dames ont fondé trois maisons considérables. Depuis la fondation jusqu’aujourd’hui, Mme. Barat en a été et en est encore l’unique Supérieure Générale ; et par ses soins cette congrégation s’est répandue dans un grand nombre de diocèses de France, en Belgique, en Allemagne, en Pologne, en Angleterre, en Irlande, en Savoie, en Italie, en Espagne, en Afrique et dans l'Amérique du Sud.

En 1817, les Dames du Sacré Cœur s’établirent à Florissant dans le Missouri; et elles comptent en ce moment aux Etats-Unis douze pensionnats avec 209 Religieuses. L’une des dames qui ont le plus contribué à développer l'œuvre en Amérique est Mme. Elizabeth Gallitzin, cousine germaine du P. Démétrius Gallitzin, Papôtre de la Pennsylvanie pendant 45 ans, et sœur du Prince Alexandre Gallitzin dont la conversion à St. Petersbourg en 1814, à l’âge de quinze ans, fut une des causes des persécutions que les Jésuites éprouvèrent en Russie. Mme. Gallitzin est morte de la fièvre jaune en 1843 en Louisiane, où cette noble Princesse avait préféré les pauvretés des missions aux grandeurs de la Cour Impériale.

L'établissement du Sacré Cœur en Canada datait de Pannée précédente, et quatre Religieuses y arrivèrent le 214 Décembre 1842, désignées par leur Maïson de Paris pour cette fondation. Elle eut lieu à St. Jacques de PAchigan, près de Montréal, grâce aux libéralités du

curé du lieu, Messire Jean-Romuald Paré. En 1846

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