L'ORME DES RÉCOLLETS
(Page 25).
C'est en 1845, et non “plusieurs années avant 1846,” que la tête de cet arbre fut brisée par l'orage. Je lis dans le Journal de Québec du 9 Septembre 1845 :—# Dimanche soir (6 Septembre), vers 6 heures et demie, le gros Orme qu'il y avait sur l’ancienne propriété des Récollets, maintenant le terrain de la Cathédrale Anglicane, sur la rue Ste. Anne, et qui mesure, dit-on, 14 pieds et un pouce de circonférence, a été jeté à bas par la tempète. L'arbre s'élevait majestueux et riche, en deux fourches, dont l'une a été couchée du côté de l'église sans faire aucun mal à l'édifice; l'autre, qui semble s'incliner du côté de la rue, est restée debout, mais elle a une fissure qui en parcourt la moitié. Il n’y a pas de doute qu'il faudra mettre la hache dans ce qui reste, pour la sureté des passants et des propriétés qui avoisinent, On donne à cet arbre l'existence de plus de trois siècles.”
Voici de plus ce que dit Le Canadien du 10 Septembre:
“ L'ARBRE DE JACQUES CaRTIER.— Dimanche dernier, il plut à verse durant presque toute la journée, le vent soufllant de l’est. Dans l'après midi, il y eut du tonnerre et des éclairs, suivis d’un fort coup de vent de nord-est, et la pluie continua jusque bien avant dans la nuit,
“Pendant ce coup de vent, le second des trois troncs dans lesquels se divisait le bel et vénérable Orme dans l’enclos de la Cathédrale Anglicane, appartenant autrefois aux Récollets, se rompit à l'endroit de sa bifureation avec Le tronc principal, à quelques pieds de terre, et tomba heureusement dans l’enclos à côté de l’église, de manière à ne causer aucun accident. Le bois était tout pourri. Celui du tronc principal, qui supporte encore le poids du troisième, outre le sien et celui de leurs vastes branches, est aussi pourri ct fendu transversalement jusqu’à la moitié; de sorte que pour la sureté des passants et des propriétés voisines, il faudra l’abattre ou du moins le décharger considérablement,
“ On préténd que ce fut sous cet arbre que Jacques Cartier s'établit avec ses compagnons de voyage, lors de son premier débarquement à Stadaconé, Au moins y a-t-il des relations qui en font remonter l'existence au-delà de deux cents ans, et il est probable que, lors de la fondation de Québec par
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