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Les serviteurs de la race humaine actuelle

Tous ceux qui ont lu le livre intitule: a Man : Whence, how and Whlther » [V homme : tVoù il vient , comment il en vient et ou il va), sont familiers avec l’idée qu’il existe de par le monde un Groupe de gens disposés à servir — des « Serviteurs », en un mot — véritable phalange d’individus qui se sont offerts pour exécuter une certaine portion du travail difficile qu’il y a à faire dans ce monde même, et tout spécialement pour exécuter un labeur de pionnier ou d’avant garde. C’est ainsi que lorsqu’il s’agit de rendre propre à la culture un pays nouveau, on a besoin d’hommes qui veuillent bien être les premiers à y pénétrer, qui consentent à se priver pourlongtemps de toutes les commodités par lesquelles l'existence est rendue supportable, à mener une vie rude et à faire un travail pénible, abattre des arbres, arracher les broussailles, défoncer le sol et le niveler, creuser des puits, construire des routes, c’est-àdire, en un mot, transformer le désert en une contrée fertile et rendre la jungle habitable. Sans un semblable travail préparatoire la vie civilisée et tout ce qu’elle amène à sa suite de possibilités et de réalisations ne serait jamais possible,

La même remarque est applicable à d'autres modes supérieurs de développement. Lorsqu’une nouvelle Race mère est sur le point de faire ses débuts, le Manou qui a la charge de l’opération doit prendre un certain nombre d’individus et les faire agir à peu près comme le pionnier le fait dans un nouveau pays. Le Manou doit déraciner beaucoup des coutumes de ses gens, de leurs préjugés, de leurs façons de penser, puis leur en implanter d'autres tout à fait différentes, et cela en même temps

(1) Get article est de M. G. W. Leadbeater.

qu’il introduit des changements dans la forme et la constitution de leur corps physique. Il est clair qu’un tel travail, tout difficile et compliqué qu’il doive nécessairement être, peut s’exécuter plus facilement si les matériaux humains sont jusqu’à un certain point accoutumés à ce processus, s’ils sont désireux d’y coopérer au mieux de leurs capacités, de même que le sol déjà labouré est plus facile à travailler que celui qui n’a jamais été ameubli. Les matériaux réunissant ces conditions, le Manou les trouve en nous qui sommes des membres de sa phalange de Serviteurs. Mentionnons donc les qualités qu’il a besoin de rencontrer chez nous.

En premier lieu, c’est la docilité dont nous venons de parler. Nous devons être décidés à Le suivre à travers tous les dangers et toutes les difficultés, empressés à mettre en pratiques toutes les indications qu’il nous donne, être toujours prêts à mettre de côté nos désirs et nos sentiments personnels lorsqu’il s’agit de l’œuvre qui doit être accomplie.

En second lieu, il faut la compréhension de l’œuvre en cours, dans ses grandes lignes tout au moins, compréhension telle qu’elle nous permette d’y coopérer intelligemment ; c’est ce qu’à l’époque actuelle nous exprimerions par le fait de « montrer de l’intérêt pour la théosophie ».

En troisième lieu, la patience, car sans elle nous resterions certainement en route au cours de la longue marche de l’évolution, et nous nous laisserions décourager par la faiblesse des résultats visibles de nos efforts.

En quatrième lieu, l’amour du travail, le flux intérieur d’énergie qui nous fait conserver notre activité malgré tous les obstacles, le volant qui nous fait franchir le point mort de l’épuisement et de la dépression.

En cinquième lieu, la faculté d’adaptation et l’esprit de camaraderie, afin que nous puissions apprendre à travailler ensemble comme un tout homogène, apprendre à nous fier les uns aux autres et à être mutuellement indulgents entre nous.

Sommes-nous donc en possession — nous qui avons l’honneur d’appartenir à cette Phalange — sommes-nous donc en possession de toutes ces qualités dans la plénitude de leur développement ? Certainement non, mais nous sommes en train de les développer, et toutes les occasions possibles nous sont fournies pour hâter leur croissance. Après l’expérience de nombreuses incarnations s’étendant sur des milliers d’années, nous devrions manifester ces qualités à un degré notablement plus élevé que nos semblables.

S’il n’en est pas ainsi, si nous ne sommes pas encore ce que le Manou voudrait que nous fussions, la faute en incombe évidemment à nous seuls, et nous devons de suite procéder à nous

amender. L’histoire de nos vies passées nous montre clairement ce qu’il essaye de faire de nous, et elle nous montre aussi, qu’à l’égard de certains individus qui sont des nôtres, Ses efforts ont déjà, eu le succès le plus complet. Outre cela, si pour le restant d’entre nous les progrès n’ont pas été si rapides, la connaissance de ce qu’ont fait ceux qui sont maintenant des Adeptes devrait être pour nous à la fois le plus puissant des mobiles et le plus éloquent des encouragements. Voyons ce que l’on peut apprendre de cette histoire du passé.

Depuis la rédaction du livre déjà mentionné, Man : Whence , [low and Whither », de plus amples irivestigations ont été exécutées pour préparer la publication d’un autre ouvrage, où il est donné le compte rendu d’un ensemble de quarante-huit des vies (1) d’Alcyone. Ces investigations modifient jusqu’à un certain point quelques-unes des conclusions précédentes, et altèrent l'importance relative que nous étions tout d’abord disposés à attribuer aux divers facteurs qui régissent les incarnations successives de ce Groupe de Serviteurs. Lorsque le premier nombre des cc Vies d’Alcyune » fut pour la première fois publié dans The Theosophist , certains seulement des acteurs jouant un rôle dans la narration étaient indiqués en légendes opposées à chaque vie, il n’y était mentionné que les personnages auxquels il arrivait de venir étroitement en relations avec le héros de l’histoire ou qui exerçaient sur sa vie une influence définie. Quelques-unes de ces personnes apparaissaient presque chaque fois, mais la plupart ne se montraient qu’irrégulièrement, et ce fait semblait s accorder parfaitement avec ce à quoi l’on pouvait s’attendre, car des hommes de tempéraments si différents devaient évidemment se créer des karmas de diverses espèces qui auraient dù emporter 1 un dans telle direction, l’autre dans telle autre, et faire bénéficier les uns d’une longue vie dans le monde céleste, entre leurs incarnations, tandis que les autres seraient redescendus à l’existence physique après un intervalle bien plus court.

Des études poursuivies dans d’autres directions nous ont fait reconnaître l’existence de trois grands facteurs, en tant que déterminant le lieu et l’époque de la naissance de chaque individu. En premier lieu, il y a la force de 1 évolution, qui place chaque homme là où il peut le plus facilement acquérir les qualités dont il lui arrive de manquer, en second lieu la loi du karma, qui limite l’action de cette première force en n accordant à chaque homme que ce qu’il a mérité, en troisième lieu, la loi d’attraction, qui fait maintes et maintes fois revenir

(1) Ces quarante-huit vies comprennent, évidemment, les trente ou trente et une déjà publiées dans le Théosophist et reproduites dans la Revue théosophique française, en 1911 et 1912. Le complément y paraîtra aussi. (N. D. L. D).

LES SERVITEÜKS

l'homme en contact avec ces autres égos auxquels il est déjà rattaché par des liens d’une nature ou d’une autre. Nous trouvons habituellement ces lois à l’œuvre dans l’ordre ci-dessus et cet ordre représente leur importance relative dans le cas de la grande masse de l’humanité. 11 est bien exact, ainsi que nous le supposions, que la longueur de la vie de l’homme dans le monde céleste est déterminée par la quantité de force spirituelle qu’il a engendrée durant sa vie terrestre, il est exact que le karma de ses vies précédentes détermine dans une grande mesure le genre d’existence qui l'attend maintenant sur la terre, ainsi que le bonheur ou les épreuves qui lui écherront en partage dans cette existence.

Mais des investigations plus complètes nous ont montré que, pour la Phalange des Serviteurs, ces règles qui agissent ordinairement sont subordonnées au but poursuivi par le Groupe. Il est dans l’essence même de notre qualité de membres de cette Phalange que nous sojdons prêts à mettre de côté tous nos sentiments et nos intérêts individuels lorsqu’il s’agit du bien commun, et noustrouvonsque cette règle est observée même en ce qui concerne nos naissances successives. Pour nous, le dernier de ces trois grands facteurs vient en premier lieu, et ce qui est tout d’abord considéré — ce n’est pas notre karma individuel, mais les besoins du groupe dans son ensemble. Dans les investigations de la première heure nous avons trouvé des cas où un petit nombre seulement des amisd’Alcyone apparaissaient avec lui, et nous supposions alors que les autres étaient probablement hors d’incarnation à l’époque considérée. Mais en élargissant un peu plus le champ de nos recherches, en examinant les générations précédentes et en suivant celle dans laquelle il advenait à notre héros de naître, en recherchant parmi les voisins et les amis aussi bien que parmi les parents, nous sommes dans presque tous les cas parvenus à retrouver la totalité ou la presque totalité des individus dont nous avions spécialement constaté l’identité. Ainsi, tandis qu’il est vrai que le karma individuel d’Alcyoneou les nécessités de son évolution personnelle l’ont parfois amené au milieu même du Groupe, et l’en ont d’autres fois écarté momentanément, nous n’en devons pas pour cela supposer qu’il se soit produit des changements dans l’évolution du Groupe entantqu’unité.

Il est maintenant évident que les membres de cette Phalange, qu’ils soient doués de dispositions émotionnelles, intellectuelles, spirituelles ou matérielles, ont descendu ensemble le cours des âges, et que le fait de leur association a toujours été dans leur vie l’influence réellement dominante, ainsi que l’élément principal dans la détermination de l'époque et du lieu

de leur naissance. Ils ont été placés là où ils étaient nécessaires à l’œuvre, et cela sans qu'il fût pour le moment tenu compte de leurs besoins individuels ou de leur progrès personnel. Il ne nous faut pas croire cependant que leur évolution individuelle ait été négligée, ou que leur karma particulier et précis ait en aucune façon manqué de produire dûment ses effets, mais par le fait que ces individus étaient membres de ce remarquable clan ou de cette collectivité, il a été pourvu à ses besoins par des méthodes légèrement différentes de celles plus habituellement employées. C'est ainsi, par exemple, que la plus ou moins grande quantité de force spirituelle engendrée dans une vie donnée a pour résultat d'influer non sur la longueur de la vie céleste subséquente, mais sur son intensité relative.

11 y a des périodes de temps considérables durant lesquelles on n'a besoin du Groupe pour aucun travail de nature occulte, mais dans de tels cas il conserve néanmoins sa cohésion ; ses membres ne s’en vont pas séparément, ou chacun ne poursuit pas sa propre évolution, mais ils sont, autant que nous pouvons le voir, placés là où le plus grand bien peut le plus faci lement être réalisé pour la majorité d’entre eux. Lorsqu ils ne sont pas requis pour un travail extérieur, leur propre évolution est prise en considération, bien que, même dans ce cas, il ne s’agisse pas de l’évolution de l'individu mais de celle de la masse. De fait, et jusqu'à un certain point, le clan peut être considéré comme formant par lui-même un petit monde. La plus grande partie du karma de ses membres est nécessairement engendrée au cours de leurs relations avec leurs compagnons, et tend, par conséquent, à porter ses fruits à 1 intérieur du Groupe, et à rendre plus étroits les liens entre collègues. Il est donc évident qu’en calculant des moyennes pour le monde en général, il n’est pas judicieux d’y inclure les membres de notre Groupe, car ils subissent une influence qui les différencie sous certains rapports d’avec les individus dont les services ne sont pas jusqu'à présent spécialement utilisés.

Dans l’introduction aux vies d’Alcyone publiées dans The Theosophist (I), on mentionna le fait que nous avions reconnu l’existence de deux catégories d egos qui, entre autres particularités, différaient par l’intervalle moyen entre leurs vies, cet intervalle étant pour l’une de ces catégories d environ 1200 ans en moyenne, tandis qu’il était en moyenne de 700 ans pour l'autre/Nous constatons encore que ces catégories se retrouvent clairement reconnaissables ; mais lorsque des membres de l'une d’entre elles entrent dans la Phalange des Serviteurs, les intervalles entre leurs vies en sont immédiatement influencés. Cependant, la distinction persiste encore

(1) Voir Revue théosophique fraïtçüise.\o\. XXI, année 1911 (N.D. L. D).

dans certains cas très prononcés, une étude détaillée des tableaux qui seront publiés dans le nouveau livre prochain sur les vies d’Alcyone montrera qu’il y a des cas où l’on peut supposer que la tendance inhérente à l'égo se montre trop forte pour céder à la nouvelle influence, et alors le clan se brise temporairement en deux groupes, dont chacun se conforme à l’intervalle auquel il était auparavant habitué. Mais lorsque ce cas se présente, nous trouvons aussi que presque invariablement le clan tout entier est de nouveau réuni très simplement par la concordance qui s’établit entre la troisième incarnation d’une catégorie et la seconde de l’autre, de sorte que la séparation est comparativement très courte. Entre ces reprises ou réapparitions occasionnelles des vieilles habitudes, les membres des deux catégories arrivent à une sorte de compromis et restent ensemble, mais avec des intervalles quelque peu irréguliers entre les incarnations quelquefois un millier d’années ou plus, et quelquefois seulement 700 ans. Il arrive occasionnellement que des membres isolés s’écartent du groupe pour une incarnation ou deux, probablement parce qu’ils ont engendré du karma nécessitant des conditions spéciales pour s’épuiser.

Un phénomène intéressant, et qui fait sentir son influence sur ces infractions occasionnelles à la règle ordinaire, est l’existence de ce que l’on pourrait appeler des groupes secondaires. Quelques-uns des principaux personnages ont une petite suite qui tend à les accompagner partout où ils vont. Ce fait n’est pleinement évident que si Ton a sous les yeux la série entière des tableaux, de sorte que nos lecteurs ne pourront pas l’étudier complètement tant qu’ils n'auront pas devant eux le 'nouveau livre qui doit paraître sur les vies d’Alcyone, mais les listes partielles déjà publiées dans The Theosophist {permettent, bien qu’incomplètes, d’observer des indications de ce fait. C’est ainsique les liens étroits entre Héraklès ou Hercule et Mars en sont un exemple: Mars luimême est habituellement associé à Jupiter et au Manou, tandis qu’Héraklès (Hercule) possède à son tour une suite plus ou moins régulière dont Capella, Béatrix, Gémini, Arcor et Capricorne sont les principaux personnages. Des liens encore plus étroits subsistent entre Alcyone et Mizar, et partout où ils sont on trouvera habituellement que Sirius, Elektra et Fidès ne sont pas loin. Erato, Mélète, Concordia et Ausonia forment un groupe de quatre personnes qui se trouvent étroitement réunis dans la même présente incarnation ; mais ceci ne constitue par une dérogation à leurs erre-

méats habituels, car dans leurs vies passées ils ont constamment été en relations étroites. Un couple remarquable nous est fourni par Calypso et Amalthéa ; car ces deux égos se trouvent constamment être mari et femme, et si l'un d’eux est assez mal avisé pour épouser quelqu’un d’autre, ils arrangent ordinairement les choses en s’enfuyant ensemble. Un autre groupe qui parait étroitement uni consiste en Draco, Andromède, Argus, Atalante, Lili, Phoenix et Dactyl; ici la réunion est tellement fréquente que lorsqu’au cours de nos investigations nous venions à rencontrer un membre de ce petit groupe nous étions toujours certains de retrouver bientôt les autres, et nous étions rarement déçus. Parmi les autres groupes, Tun comprend Hector, Albirée, Léo, Léto, Bérénice et Pégase; un autre comprend Aldébaran, Achille et Orion. Tous ces groupes forment des sortes de systèmes secondaires dans le clan pris en son ensemble, analoguement à ce qui a lieu dans le système solaire, où chaque grande planète a un système de satellites qui lui appartiennent en propre. Mais dans le cas du Groupe il y a une différence, c’est que les grôupes secondaires ne sont pas invariablement constitués : leurs membres sont plus souvent ensemble que séparés, mais il arrive quelquefois à des sous-groupes de se disperser et à leurs éléments de se mélanger à des membres de groupes différents, et il est évident que de tels changements de partenaires sont intentionnellement provoqués.

Un autre groupe très curieux est composé d’individus dont les liens avec le clan sont moins définis, car leurs rapports avec celui-ci semblent souvent plutôt hostile qu’amicaux. Un exemple topique en est fourni par Scorpion, qui, au cours des âges manifeste une opposition violente contre Héraklès (Hercule), attitude encore maintenue actuellement dans la présente vie même, dans laquelle la haine et l’absence de scrupules sont, en ce Scorpion, des traits aussi saillants que jamais, bien que le pouvoir de nuire ait visiblement décru avec le cours du temps. D'autres représentants du même type, mais d’un caractère quelque peu moins violent, ont pour noms Cancer, Lacerte, Ursa, Hespéria, et ceux-ci ont à leur tour une troupe d’amis tels que Trapézium, Markab et Avelledo qui sont parfois associés avec eux et d’autres fois avec des membres plus effectivement loyaux du groupe principal. Pollux, qui fait occasionnellement partie de ce groupe, est uni à Melpomène par des liens particuliers, qui cependant s’exercent souvent de fâcheuse façon. Quelques-uns de ceux qui entrèrent, il y a quelque 40.000 ou 50.000 ans dans les rangs de ce sousgroupe moins estimable semblent s’en détacher graduellement et s’allier de plus en plus étroitement au Groupe principal ; Gamma et Thétis sont des exemples de ce fait. 11 y a d’autres

égos qui sont étroitement et honorablement associés au clan, mais dont le rôle est presque toujours d’importance secondaire. Un exemple en est fourni par Borée. Les égos conservent certaines de leurs caractéristiques spéciales d’une façon très positive ; on remarque, par exemple, que dans la plupart des vies tous les personnages sont jusqu’à un certain point apparentés les uns aux autres, et, par conséquent, appartiennent probablement a la même classe sociale, mais lorsque nous arrivons à une incarnation où les uns sont prêtres ou guerriers, tandis que les autres sont commerçants, on peut toujours deviner à l’avance les noms de ceux qui se trouvent dans chacune de ces classes. Il y a, en outre, des égos qui n’apparaissent dans le Groupe que d’une façon occasionnelle, et comme si c’était par hasard ; ils ne font évidemment pas partie de ses membres réguliers, mais ils sont probablement reliés karmiquement avec quelques-uns de ces derniers ; comme exemples de cette cotégorie on peut citer Iota, Kappa et Liovtai.

Le Groupe des Serviteurs est nombreux ; on présume que les 250 personnages auxquels des noms ont été assignés représentent moins de la dixième partie du nombre total. On pense que le clan entier est probablement divisé en compagnies destinées à être spécialement exercées, et que ces compagnies sont prises en mains les unes après les autres par le Manou et ses subordonnés. Il est bien possible que les deux cent cinquante personnages dont nous nous sommes particulièrement occupés forment une compagnie de ce genre et lorsqu’un de ses membres disparaît temporairement de ses rangs, c’est probablement qu’il est en train d’acquérir de l’expérience dans une autre compagnie. Divers indices nous confirment dans cette opinion. On remarque, par exemple, que vers l’an 70.000 avant J. -C., nos personnages furent rassemblés par le Manou alors qu’il faisait des préparatifs pour Sa nouvelle Race mère ; un grand nombre d’entre eux furent tués dans le massacre qui eut alors lieu, et reçurent de Lui la promesse que ceux qui périssaient en se dévouant pour la nouvelle Race s’y réincarneraient immédiatement dans des conditions un peu plus favorables. Lorsque, dix mille ans plus lard, la race fut définitivement établie, tous les membres du Groupe y apparurent. Quand vint l’heure de la formation de la seconde sous-race, notre Phalange fut utilisée dans la première occupation de la vallée choisie, ainsi que deux mille ans plus tard à l’époque où eut effectivement lieu l’immigration en Arabie. La chose se répéta exactement à l’égard de la troisième sous- race, notre groupe passa par

trois incarnations au cours de la formation de celle-ci. Mais quand on arriva à la fondation de la quatrième et de la cinquième sous-race, on trouva qu’il n'y avait pas un seul des 250 membres de notre clan parmi ceux qui aidèrent alors le Manou dans Soii travail. Il semble donc évident qu’à cette époque le tour d’une autre compagnie était venu, et qu’un autre groupement d’égos doit avoir été soumis à cet entraînement.

Lorsque le Bodhisattva consentit à paraître aux Indes sous les dehors de Shri Krishna, et, plus tard, en Palestine, sous ceux de Jésus, il n'y avait pas non plus un seul membre de notre Groupe présent pour Le servir, et nous n’avons pas alors été choisis — comme nous le sommes au contraire maintenant — pour préparer les voies à Sa venue. Dans chacun de ces cas 11 avait cependant des auxiliaires ; aussi est-il à présumer que ceux-ci appartenaient à l’une des autres compagnies.

D'après les aperçus que nous avons obtenus sur les débuts de la sixième Race-mère, nous savons que notre clan de Serviteurs est destiné à avoir l’honneur d’être employé à cette occasion, et il y a aussi des motifs pour supposer que nous aurons un rôle à jouer dans le développement de la sixième sous-race de la présente Race-mère. Mais le but pour lequel nous sommes maintenant rassemblés n’est pas l’un de ceuxlà, bien qu’il ait encore le caractère habituel d’un travail de préparation. Nous sommes appelés en ce moment pour préparer la Voie du Seigneur, pour aider à mettre le monde en état de recevoir le Bodhisattva. Pour ce motif, l’incarnation présente diffère — quant à sa méthode — de toutesles incarnations qui l’ont précédée. Lorsque nous étions en train de fonder une race physique, nous naissions tous dans le même pays et nous trouvions étroitemenl reliés sur le plan physique par des liens de parenté, mais ce n’est pas du tout ce qui est maintenant nécessaire. L’Instructeur qui vient a besoin d’avoir dans toutes les contrées des messagers qui Lui préparent la route, et c’est pour cela que l’ancienne et compacte phalange des Serviteurs se trouve répandue çà et là par tout le monde civilisé.

Mais, nous ayant ainsi dispersés, les Grands Etres nous rassemblent de nouveau, mais cette fois intellectuellement, sur le plan mental, et non plus sur le plan physique. Ils nous réunissent par l’intérêt commun que nous portons à la Théosophie, et ils font sur nous cette intéressante tentative pour voir si, avec toute l’expérience que nous avons acquise, nous pouvons conserver l’esprit de corps et travailler aussi bien ensemble à un but commun, lorsque nous naissons dans des races et des familles différentes, que lorsque nous sommes matériellement réunis. Les individus soumis à cette épreuve

n’en ont tout d’abord pas connaissance. Us se trouvent en relation avec des gens d’autres races et de types fort divers, ayant tous leurs particularités propres, aussi leur première impression est telle que ces particularités sont décidément ennuyeuses et qu’il est bien difficile de vivre dans un tel entourage. Mais bientôt ces différences superficielles disparaissent à leurs yeux pour leur laisser voir l’humanité ordinaire qu’elle voile. L’égo se fraie un passage à travers le voile de ses véhicules, et les anciens sentiments de camaraderie s’affirment de nouveau. Il est, en effet, nécessaire que nous soyions dispersés dans tous les pays, parce que l’Instructeur qui vient a besoin d’avoir Ses agents dans tous les pays ; il est nécessaire que nous formions un bloc cohérent, parce que tous ces agents doivent travailler ensemble à l’instar d’un corps animé par un esprit puissant.

Dans ces vies du passé qui ont été décrites, nous trouvons habituellement les membres de notre collectivité rassemblés entrois ou quatre grandes familles issues souvent d’un seul couple ou de deux ou trois. Pendant trois ou quatre générations les descendants de ces premiers ménages consistent généralement presque exclusivement en membres de notre groupe. Puis soudainement le courant se tarit et la génération suivante ne comprend que des étrangers, mais parmi ceux-ci on en a observé un bon nombre qui reviennent périodiquement, et il est possible qu’un examen plus approfondi les fasse reconnaître pour membres de ce second groupement à l’existence duquel nous sommes portés à croire. 11 se peut fort bien que ce second groupe, dont les membres ne sont pas encore identifiés, puisse avoir été employé pour prendre la suite de notre Groupe lors de la fondation de la première, de la seconde, et de la troisième sous-race, et avoir été mis à l’épreuve dans l enrôle principal pour la quatrième et la cinquième sous-race. Il est vraisemblable que dans des circonstances aussi importantes que la descente du Bodhisattva parmi nous, les membres de ces deux groupes peuvent s’être incarnés simultanément tous à la fois, ainsi peut-être que ceux d’une douzaine d’autres groupes.

Nos investigations ont été entreprises dans un but spécial se rattachant aux Vies passées d’Alcyone, et les égos auxquels des noms ont été attribués sont ceux qui paraissent le plus étroitement en rapports avec lui — ceux qui étaient soumis au même entraînement que lui, à la même époque. Les égos qui s’exercent dans un autre groupement ne se montrent naturellement pas, bien qu’évidemment leur travail ait dû être

toüt aussi important en ce qui concerne d’autres sous-races. Dans notre propre groupe un bon nombre d’individus sont reconnaissables par le fait qu’ils reviennent fréquemment, et ils pourraient sans doute être identifiés pour des membres actuels de la Société Théosophique si Y on apportait à l’examen individuel de leurs cas le même labeur que l’on a pris au début pour les autres.

Des théosophes nous ont quelquefois demandé s’ils ne faisaient pas, dans le passé, partie de cette phalange de Serviteurs, parce qu’ils se sentent très fortement attirés vers quelques-uns des Grands Etres ou vers, notre Présidente et qu’ils éprouvent comme une certitude de les avoir rencontrés auparavant. Je considère comme parfaitement certain que presque tous les membres de la Société Théosophique (ou du moins tous les membres qui travaillent pour elle avec beaucoup d’application et de désintéressement) doivent avoir fait partie de l’un ou l’autre de ces groupes à une époque quelconque. (1) Peut-être quelques-uns d’entre eux forment-ils cette génération postérieure que nous reconnaissons si souvent en partie. Autour des familles que nous avons classifiées, il existe, en effet, une sorte de pénombre , une marge extérieure contenant probablement des milliers d’individus qui sont maintenant étudiants de la sagesse sacrée. En vérité, tels qui ne sont pas mentionnés expressément dans nos listes peuvent fort bien se trouver en rapports aussi étroits avec les Grands Etres que ceux qui y figurent; car souvent nous ne reconnaissons que deux ou trois enfants dans une famille où il y en a huit ou dix, et les enfants non identifiés sont sans doute aussi membres delà Société Théosophique, maintenant.

Parfois un personnage s’impose presque à notre attention. J’ai par exemple remarqué en plusieurs circonstances une figure majestueuse mais inconnue paraissant étroitement reliée à certains des noms que nous honorons le plus, — un Ego, évidemment, de grande importance. Ayant rencontré ce personnage deux ou trois fois, nous décidâmes finalement de le suivre jusqu’à l’époque actuelle, et nous découvrîmes en Lui le Maître du Maître K. H. — Adepte plus élevé auquel nous donnons dans nos tableauxle nom deDhrouva. Tout récemment je rencontrai un autre personnage, et cela apparemment d’une manière tout à fait fortuite. Un de nos membres, ayant entendu dire qu’un de ses jeunes amis se trouvait avoir avec moi des intérêts communs, me l’amena, et dès l’instant où ce jeune étranger me fut présenté je vis qu’il n’était pas un inconnu, mais au contraire l’un des personnages marquants de plusieurs

(1) Les membres de la S. T. remarqueront cette déclaration (N. D, L. D.).

de ces existences du passé, l’un de ceux que j’avais supposé n’être pas à présent en incarnation. Il pénétrait cette fois-ci dans ma vie au moment où les épreuves du nouveau livre prochain sur les Vies d'Alcyone étaient déjà entre nos mains ; c'était juste assez tôt pour le faire figurer dans le premier tableau, dit n° I , mais trop tard pour qu'il puisse prendre place sur la page spécimen du grand-livre, c’est-à-dire dans le texte, celui-ci étant déjà tiré. Ce qui advint alors peut se reproduire : à tout moment nous pouvons rencontrer une personne qui remplissait parmi nous une fonction importante en ces jours de lointain passé. Mais si cela arrive, il sera cependant trop tard pour faire figurer cette personne dans la première édition du livre ; la porte sera fermée pour ce cycle particulier de manifestation ! Nous avons d’ailleurs maintenant cessé d'attribuer des noms aux nouveaux individus que nous rencontrons dans nos investigations, parce que le nombre de ceux nommément mentionnés est déjà difficilement maniable pour nos tableaux et nos registres. En outre, de telles additions à nos listes ne seraient d’aucune utilité ; nous avons déjà suffisamment de cas ou de matériaux pour en tirer des déductions concernant les Serviteurs. Si de nouvelles investigations étaient entreprises, il serait plus profitable de les faire porter sur une classe toute différente d’Egos.

Les tableaux sont établis d’après le principe des arbres généalogiques, et chacun d’eux indique l’apparentement des personnages à une date donnée. Avec leur aide il est facile (bien que ce soit un travail laborieux) d’établir une sorte de grandlivre dans lequel chaque personnage posséderait en propre une page où ses parentages dans ses vies successives seraient inscrits en bon ordre, ce qui permettrait devoir d’un coup d’œil la position qu’il a occupée et combien de fois il a été en contact avec telle ou telle personne. Le nouveau livre contiendra une page spécimen d'un semblable registre pour servir d’exemple à ceux qui désireraient en établir un semblable.

Un ami nous fit récemment observer que la durée de la vie physique des personnages mentionnés dans les listes est toujours « bien supérieur^ aux moyennes fournies actuellement par les statistiques des compagnies d’assurances. Le fait est vrai, mais les tables officielles de mortalité ne portent jusqu’à présent que sur des moyennes basées sur les vies présentes d’un grand nombre d’égos différents entre eux et non sur les vies successives d’un même individu. Vu le peu que nous savons à ce sujet, il est bien possible que les égos puissent avoir chacun à cet égard des prédispositions particulières ; les uns

avoir l’habitude de jouir de toute la vie physique autant que leur karma le permet, tandis que d’autres peuvent préférer des changements plus fréquents. Ou peut-être la chose est-elle décidée pour nous dans des conditions indépendantes de notre volonté.

Les étudiants noteront qu’au cours des âges presque tous nos personnages ont été pratiquement monogames. 11 ne faut pas en conclure que les civilisations où ils vivaient n’ont jamais toléré la polygamie. Le fait de ne prendre qu’une seule femme peut avoir été la conséquence d’instructions spéciales du Manou, ou peut en grande partie avoir. été dicté par ses avantages pratiques, comme c’est maintenant le cas aux Indes. Je crois savoir que les coutumes hindoues ne limitent guère le nombre de femmes qu’un hommepeut avoir simultanément, et malgré cela, parmi mes nombreux amis hindous, je n’en connais aucun qui ait plus d’une femme, exception faite pour certaines familles royales.

Les familles figurant dans nos tableaux sont souvent assez nombreuses bien que ne présentant sous ce rapport rien d’anormal, si on les compare à certaines familles de l’époque présente, car par son incarnation dans ce vingtième siècle, l’un de nos membres les plus illustres appartient à une famille de trente-cinq personnes, nombre plus grand que pour aucune de celles figurant jusqu’à présent dans nos tableaux. C’était un caractère saillant des instructions du Manou qu’elles ont toujours insisté sur les soins intelligents à donner aux enfants ; et c’est pour cette raison que nous ne notons qu’une faible mortalité infantile parmi nos personnages. Ce fut aussi par Son ordre que les mariages eurent si constamment lieu uniquement entre les familles choisies, afin qu'ainsi la race nouvellement établie pût demeurer pure de tout mélange.

Le résultat de cette dernière règle fut que les cas sont comparativement rares où l’un de nos personnages épouse quelqu’un de non reconnu pour membre du Groupe.

Nos personnages sont habituellement répartis sur trois ou quatre générations, et il est curieux de voir les groupements qui s’en suivent. Les deux ou trois ménages qui donnent issue aux autres familles sont souvent composés de Ceux qui maintenant figurent parmi les Grands Etres, et le fait se comprend si nous supposons qu’il faut des caractères fortement développés pour fixer le type. Ces Grands Etres sont eux-mêmes habituellement frères ou sœurs dans une famille dont les autres membres nous sont inconnus. Leurs parents sont quelquefois des gens visiblement développés à un haut degré, et l’on peut admettre que selon toute probabilité ils ont depuis lors atteint l’Adeptat et dépassé les limites de notre champ d’observation. Les descendants immédiats de ces deux ou trois

couples sont habituellement certains individus qui, même de nos jours, suivent de près ces Grands Etres. Ces individus se marient à leur tour entre eux, et nous sommes alors en présence de la grande masse du Groupe. Mais les tableaux présentent généralement une ligne inférieure nettement délimitée au-dessous de laquelle il n’y a que bien rarement des retardataires. Dans cette ligne inférieure elle-même nos personnages trouvent presque toujours des maris ou des femmes déjà reconnus comme membres du Groupe, mais leur descendance, bien que nombreuse, ne contient pas de personnages qui nous soient connus. Ces dispositions se rencontrent assez fréquemment pour nous donner pratiquement la certitude qu’elles ne sont pas accidentelles, mais intentionnelles.

Il est intéressant de noter que certains personnages figurent presque toujours dans cette ligne inférieure, et, autant que nos tableaux et nos registres le mentionnent, paraissent ne pas avoir de descendance, étant donné que leurs enfants ne font pas partie des individus identifiés. D’autres personnages, au contraire, figurent habituellement à la partie supérieure des tableaux, et sont par conséquent pourvus d’un bon nombre d’enfants, bien que leurs grands-parents et même quelquefois leurs parents soient inconnus. D’autres égos ont

I habitude de toujours faire leur apparition au milieu des tableaux, de sorte que nous sommes en mesure d’inscrire sur notre registre aussi bien leurs ancêtres que leurs descendants.

II est encore trop tôt pour spéculer sur la signification de cet arrangement, bien que cela doive probablement devenir compréhensible dans la suite. On peut supposer que ceux dont les enfants sont membres du Groupe apprennent à développer des véhicules pour l’usage de ces utiles égos ; mais de plus amples dissertations sur ce sujet ne semblent guère devoir être profitables jusqu’à cç que nous ayions devant nous l’ensemble des faits sous forme de tableaux, et puissions les considérer à loisir sous tous leurs aspects. Un travail admirable a déjà été exécuté dans cet ordre d’idées par M. Gaston Revel, à Paris, mais malheureusement il n’avait à sa disposition que le très petit ensemble de statistiques publiées dans The Theosophist{{), et beaucoup de ses conclusions auront par conséquent besoin d’être reprises, comme c’est d’ailleurs généralement le cas pour les premiers essais de généralisation se rapportant à un sujet nouveau. Nous avions par exemple entrepris une enquête intéressante pour déterminer si la moyenne des intervalles entre les vies était plus longue après une incarnation masculine qu’après une incarnation féminine; mais comme nous voyons maintenant qu'en ce qui nous concerne, cet intervalle est, aussi

(1) Reproduites dans la Revue Théosophique française.

bien pour les femmes que pour les hommes, déterminé par les nécessités du Groupe en général, il est certainement inutile de poursuivre plus loin nos investigations dans cette direction.

11 est évident que l’expérience tentée dans la présente incarnation avec la phalange des Serviteurs est tout à fait nouvelle. Non seulement ils ont toujours été dans le passé reliés physiquement par des liens de parenté, mais on peut voir que les détails de cette parenté n’étaient pas laissés au hasard, et étaient au contraire soigneusement arrangés en tant que faisaut partie d’un plan défini dans lequel l’étroite association caractérisant la vie familiale et semi-patriarcale de ces temps était utilisée pour obtenir les résultats requis. Mais àl#époque présente, où les familles sont à demi isolées les unes des autres, des moyens tout différents sont employés, et on met à profit l'association mentale que réalisent des sociétés et des cercles de différentes sortes.

L’efficacité des méthodes employées est mise en relief par le cas d’Alcyone. Dans sa vie présente, en ce vingtième siècle, un seul membre du groupe que nous avons si sbuvent trouvé dans son entourage est apparenté avec lui par les liens de la consanguinité, et cependant tous les membres de ce groupe, en le rencontr ant dans cette vie-ci — ce qui semblait être la première fois — ont instantanément reconnu leur parenté spirituelle avec lui, parenté autrement importante que tous les liens terrestres.

Ce qui est vrai d’Alcyone et de ses amis les plus immédiats et les plus chers est également vrai dans les autres groupes ou subdivisions du clan des Serviteurs ainsi que de cette collectivité prise en son ensemble, bien que le fait soit quelque peu moins marqué pour cette dernière. Si nous remontons quarante ou cinquante vies en arrière, nous trouvons Alcyone occupé à forger certains liens particuliers avec divers individus ; plus tard nous trouvons qu’il rencontre encore ces mêmes individus, fréquemment, il est vrai, mais sans être avec eux en rapports tout à fait aussi étroits qu’auparavant, car il est alors occupé à créer d’autres liens et à faire des efforts dont les résultats appartiennent peut-être encore à l’avenir.

Etant donné que l’objet réel de ces incarnations est la formation de ces liens, afin que les membres du clan puissent apprendre à se comprendre et à avoir mutuellement confiance les uns dans les autres, pour devenir ainsi des unités souples, éprouvées et intelligentes, susceptibles d’être employées comme instruments parles Grands Etres, il est dans ces conditions évident que nous ne pouvons mesurer l’importance d’aucune vie par les incidents superficiels qui sont tout ce que nous en pouvons décrire dans notre série de narrations. Des circonstances romanesques peuvent parfois fournir l’occasion

d’ellorts héroïques, et cristalliser soudainement ainsi en quelque chose de tangible les résultats d’une croissance intérieure longue et lente, mais d’autre part une vie dénuée d’aventures peut cependant être fertile par le développement tranquille des qualités nécessaires ; c’est dans ce dernier cas une vie heureuse, active, n’ayant rien de sensationnel, mais qui tout en étant agréable et tranquille est marquée par de réels progrès. Si on laisse de côté les parentés périodiques dues à l’association en petits sous-groupes, on verra que chaque individu a été amené au cours de cette série de vies en relations très étroites avec un grand nombre d’autres unités du Groupe, Si par exemple nous ouvrons au hasard le grand livre et examinons la colonne des maris ou des femmes de l’égo titulaire de cette page, nous trouvons en définitive fort peu de répétitions. Parfois un égo en épousera un autre maintes et maintes fois, mais il arrive plus fréquemment que les quarante-huit vies montrent quarante-huit expériences différentes de la vie matrimoniale. Il semble clair que les Pouvoirs qui régissent ces choses nous mêlent intentionnellement, afin qu’entrant très étroitement en relations avec nombre d’individus différents nous puissions les connaître parfaitement et apprendre à travailler avec eux.

C’est en vérité une noble ambition que de désirer être membre de cette Phalange de Serviteurs ; mais ce n’est pas une des choses qui font acquérir de la considération aux yeux du monde. Lors de la fondation des races et des sous-races, il fut souvent nécessaire pour certains de nos personnages de remplir les hautes fonctions de rois ou de grands-prêtres, bien que les communautés placées ainsi sous leur direction fussent peu nombreuses. Mais à des époques plus récentes, et tout spécialement depuis les temps historiques, nous nous sommes accommodés de positions plus humbles, bien que visiblement nous ayions toujours été au nombre des esprits cultivés de notre temps. Peu d’entre nous ont porté des noms connus dans l’histoire, et ces quelques personnages ont pour la plupart atteint depuis a 1 Adeptat, comme on peut le constater en se reportant à la 'table publiée dans le livre Man : Whence, How and Whither (1).

(1) Cette table — éminemment intéressante et suggestive — paraîtra aussi dans la traduction française qui sera publiée du livre Man : Whence etc. Disons seulement ici qu’elle mentionne, en clair, les plus .grands Etres qui président actuellement au gouvernement de la terre, plus une douzaine de Maîtres ou Adeptes — parmi lesquels se trouvent les noms historiques de Pythagore, Rosenkreutz ou Saint-Germain,

La plupart d’entre nous sont d’ailleurs loin encore d’avoir atteint ce niveau intellectuel, mais ce que l’on nous demande ce n’est pas d’avoir du génie — c’est de posséder les qualités que j’ai énumérées au commencement de cet article. Puisque ce sont évidemment ces qualités-là qui sont requises de nous, notre devoir est de travailler à leur développement, et cela aussi rapidement que possible, afin que le Seigneur puisse, quand 11 viendra, trouver en notre Groupe un instrument prêt à être employé, un instrument aussi près d’être parfait que nous aurons pu le rendre.

Plus j’apprends de choses relativement à cette Phalange de Serviteurs, et plus je suis personnellement reconnaissant d’avoir l’honneur d’en faire partie, car elle est clairement destinée à exécuter pour le Seigneur un travail défini, de sorte que d’avoir l’occasion d'y participer est en vérité un rare privilège. C'est pourquoi sentant ces choses comme je le fais, je ne peux m’empêcher de déplorer vivement que certains de ceux qui, dans un lointain passé ont fait partie de cette Phalange, s’en soient détachés dans cette vie. Je sais.bien qu’ils ne peuvent s’en détacher pour toujours, que leur écart actuel est simplement celui de l’enfant désobéissant qui abandonne la main de son père pour courir çà et là à son gré et finir souvent par tomber par terre. Je sais que dans leur prochaine incarnation ces anciens compagnons seront de nouveau parmi nous, étudiant la même philosophie que nous, œuvrant vers notre grandiose objectif. Ils saisiront certainement la prochaine occasion ; mais quel dommage de manquer la présente ! Souvenons-nous de l’histoire du Seigneur Bouddha, et de la formidable impulsion que Sa présence bénie imprima à l’évolution de tous ceux qui vinrent dans sa sphère d’influence. Le Seigneur d’Amour dont la Venue est proche opérera le même effet sur ceux qui l’entoureront ; pourquoi donc un homme quel qu’il soit se mettrait-il dans l’impossibilité de participer à de tels avantages? Nous est-il permis d’espérer que cette merveilleuse force magnétique les réunira tous de nouveau à Ses pieds, que Sa glorieuse Lumière ouvrira les yeux des aveugles, et que les malentendus, les jalousies et les convoitises s’évanouiront devant le feu de Son ardent Amour?... Puisse-t-il en être ainsi ! Mais s’il en manque à l’appel, parmi ceux qui devraient être dans nos rangs, il ne nous faut que montrer plus de zèle et d’énergie, afin que la quantité de travail effectué n’en soit pas moindre, afin que, si cela est pos-

Thonias Morus, Thomas Vaughan; il y a aussi une quarantaine de personnages moindres, dont, parmi les noms historiques, Lao-Tse, Platon, Jules César, et, parmi ceux qui ont appartenu ou appartiennent encore à la S. T. les fondateurs extérieurs, la présidente actuelle, des membres principaux et d’autres. (N. D. L. D.)

sible, l’absence de nos camarades puisse passer inaperçue jusqu'à l’heure où ils seront revenus de leurs errements passagers et qu’ils aient repris place parmi nous. Par-dessus tout, il faut nous souvenir que, selon le précepte d’or « La haine n’est jamais éteinte par la haine, la haine n’est éteinte que par l’amour! » Ce n’est, en effet, qu’en observant cette règle que nous pourrons être dignes de connaître et de servir le Seigneur d’ Amour — lorsqu'il viendra.

Imprimerie Bussière. — Saint Amand (Cher).

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