‹ Les Signes Précoces du SaturnismeChapitre 8 sur 38 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'emploi du plomb remonte à la plus haute antiquité; des accidents de saturnisme furent enregistrés plusieurs siècles avant Jésus-Christ; les potiers l'utilisent alors pour le vernissage de leurs poteries: il sert à la fabrication des tables d'inscriptions; la céruse est connue; aussi Hippocrate parle de la colique sans toutefois paraître la rattacher à sa vérilable cause.

Nicandre, un siècle avant Jésus-Christ, décrit les symptômes de l’empoisonnement aigu survenant chez des individus traités par le plomb. Galien, dans ses écrits, réserve une place au saturnisme; il semble avoir reconnu la cause de la colique, car il proscrivait l'usage des tuyaux de plomb dans l’adduction des eaux potables.

Les médecins arabes et ceux du Moyen Age ne font que reproduire les descriptions de Celse et de Galien.

Par Ja suite, les manifestations de l’intoxication saturnine sont généralement rapportées à d’autres causes; et la colique de plomb a été étudiée sous des dénominations variées : colique séreuse (Lepois), bilieuse (Milon), scorbutique (Schenke); où encore colique du Poitou, de Devonshire, de Madrid, suivant le lieu où elles étaient observées (Ramond).

D'après Pinard, les premières bonnes descriptions du saturnisme sont de Méret (1804), de Cammet (1825) de Grisolle (1825) et surtout de Tanquerel des Planches (1859).

Manouvrier, Duchenne de Boulogne, Charcot et Gombault, Lancereaux, apportent d’utiles contributions cliniques, anatomo-pathologiques ou expérimentales.

Henry Bernard et Vaquez, enfin, complètent nos connaissances sur le saturnisme et tout particulièrement sur la colique de plomb.

Du point de vue expérimental, il a été fait de nombreuses expériences d'intoxication plombique. Toujours d'après Pinard [47], il y a lieu de retenir les re echerches de

Trousseau, qui-note les accidents observés chez les animaux exposés aux poussières de plomb, dans les fabriques de céruse.

Cammet, Drouet, qui provoquent des paralysies locales chez le chien et chez le lapin en pratiquant chez ces animaux des frictions avec des pommades à base de plomb.

Meillère et Georges, qui observent chez les animaux intoxiqués par le plomb la diminution du nombre des globules rouges, l'apparition d'hématies nucléées et qui réalisent par l'injection dans les veines de l’animal une parésie des membres. |

De Robert, enfin, qui constate que le plomb occasionne une contraction des fibres musculaires, ce qui pourrait expliquer l'intolérance de l'utérus pour conserver le produit de la grossesse.

A Bordeaux, plusieurs auteurs se sont occupés de la question du saturnisme, notamment le Professeur Sabrazès qui, dès 1900, à attiré l'attention sur l'importance des hématies à granulations basophiles dans le saturnisme expérimental et chinique. |

în ce qui concerne Ja tbe du plomb, les méthodes actuelles se sont perfectionnées grâce aux travaux d'Armand Gauthier, de Meillère, d’Aub, de Fairhall, de Schmidt, de Seiser, de Necke, etc.

Actuellement, la fixation du plomb par électrolvse à l’état de Ph O0 permet de déceler des traces minimes : 1l est mis en évidence dans un organe, alors même que sa proportion

250,000 EL Du point de vue social et du point de vue médico- légal,

ne dépasse pas

Rat | Faute

Courtois-Suffit et Bourgeois [8] font remarquer qu'on a cherch& depuis longtemps à remplacer les sels de plomb par des succédanés moins toxiques. Dès le 24 août 1849, un arrêté prescrit le blanc de zinc pour les travaux de peinture dans les bâtiments de l’Etat..

Les décrets du 18 juillet 4902, du 15 juillet 1904, du 23 avril 1908, limitent l'emploi du plomb et indiquent les moyens d'éviter l’intoxication. Le décret du 28 décembre 1908 organise le service médical dans les industries du plomb et rend obligatoires le certificat d'aptitude renouvelé tous les trois mois et la déclaration écrite des cas de saturnisme. La loi du 20 juillet 1908 interdit l'emploi de la céruse dans ies travaux de peinture.

Enfin, les lois du 25 octobre 1919 et du 1% Janvier 1931 élendent à certaines maladies professionnelles, dont le saturnisme, le bénéfice de la législation des accidents du travail.

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