‹ Les singes anthropoïdes et leur organisation comparée à celle de l'hommeChapitre 68 sur 115 · LES MUSCLES DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

LES MUSCLES DE LA TÊTE

Le muscle épi crânien des anthropoïdes est conformé comme celui de l'homme, à part un petit nombre de particularités peu importantes (voy,, par exemple, fig. 48 et fig. 50). Je n'ai pat vu de faisceaux partant de l'orbiculaire des paupières pour se prolonger sur les joues et les tempes, tandis que ces faisceaux atteignent un développement très considérable dans la tête d'un nègre Monjalo que j'ai disséqué (fig. 49, s , s '). Dans ce muscle orbiculaire, c'est surtout la portion, recouvrant les arcades sus-orbitaires, qui est fortement marquée (fig. 50, 3 ). La couche musculaire qui

. grand zygomatii|iie , a, uruiuuiui

niEiiiuii , s-, obaisseur de la lèvre inférieure ;

lèvres; il, maaséler ; 12, risorius et 13, buccin&rcui t uu ««.■.= , .., »«peze ; 16, auriculaire antérieur; 17, 19, auriculaire supérieur; 20, auriculaire postérieur; 21, sterno-el eido- mastoïdien ; 22, splemua ; A, calotte aponèvrotique du muscle épîcranien ; C, arcades zygomatiquea (la glande parotide est enlevée) ; F. peau du cou.

recouvre le nez et la lèvre supérieure est le plus souvent très épaisse. J'ai pu la disséquer, tant chez les anthropoides que chez d'autres singes, même du nouveau monde, jusque dans ses détails, c'est-a-dire y distinguer les muscles zygomatiques, l'élévateur propre de la lèvre supérieure, l'élévateur commun de l'aile du nez

et de la lèvre supérieure. Duvernoy, Alix et Gratiolet ont également réussi à le faire sur les anthropoïdes qu'ils ont disséqués. Macalister et Bischoff ont fait de même. Pour ce dernier, le large muscle zygomatique de l'Orang serait identique au petit zygomatique seulement do l'homme. J'ai pu moi-même faire la distinction en petit et grand zygomatiques chez des Orangs, chez le Gibbon , le Babouin, Vlnuu» s'micus et l'Atèle. L'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure était très large chez le Gorille que j'ai disséqué (fig. 50, a ). Ehlers prépare le petit zygomatique, les élévateurs de la lèvre supérieure et de l'aile du nez du Gorille, suivant la méthode indiquée par Henle, comme une pièce unique, sous le nom de muscle carré de la léore supérieure (musculus quadratus labii superioris). Chez leGorille, j'ai observé un élévateur ou

l'ailedu nez; 6', transversa] du nez; 7, élévateur de l'angle dos lèvres ; 8, petit, g', grand zygomatique; 9. orbiculaire des lèvres ; S, re laveur do menton;9", abaisseur de la lèvre inférieure; 9", abaisseur de l'angle des lèvres; 11, masséler; 13, buccinateur ; 14, muscle peaucier; 15, trapèze: 17, auriculaire supérieur; 18. auriculaire antérieur; 19, muscle temporal situe profondément; 20, auriculaire postérieur; 21, stemo-cleido-mastotdien ; 22, muscles cervicaux profonds ; A, calotte apo névrotique du muscle éptcrânion ; C, arcade zygomatique ; E, parotide. * Canal de Sténon.

tenseur de l'aile du nez (fig. 50, B ),placèàcôtède l'élévateur du nez et de la lèvre supérieure mentionné plus haut ; ruais je n'ai pas trouvé d'élévateur propre de la lèvre supérieure. Le cartilage nasal, d'une largeur extraordinaire , prend pour son compte une

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bonne partie de la musculature. Chez l'Orang, au contraire,' tous ces muscles existent également , mais ils sont minces et chacun d'eux se divise de nouveau en faisceaux distincts. Le pyramidal du nez se retrouve partout, surtout chez le Gorille (fig. 50, *) et chez l'Orang. Il est plus faible chez le Chimpanzé et le Gibbon ; il existe d'ailleurs aussi chez des formes non anthropoides, par exemple, chez le Babouin et l'Atèle.

. Conformément aux principes des Duchenne (1), Darwin (2),

Fig. iO. — Muscles céphaliques du Gorille représenté.*, la page î. 1, frontaux î, occipitaux; 3, a' orbiculaira des lèvres; 4, pyramidal du nez; 5, élévateur da l'aile du nez; 6, élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure; 7, petit zygo mat ique ; 7, élévateur de l'angle des lèvres; 8, grand ivsomatiqiie ; 9, V, orbiculaira des lèvres; 10, risorius ; 11, 16, masséter; 11', buccinaleur; 12, abaieseur de l'angle des lèvres; 13, buccinaleur; 14, peaucier du cou : 15, trapèze; 17, temporal ; 18, auriculaire antérieur ; 19, auriculaire supérieur; 20, auriculaire postérieur; 21, concho-hélinen ; A, calotte aponèvrotiqua du muscla épicrânien: B, cartilage alaire du nez; C, arcade zygomatlque ; D, oreille externe ; E, parotide. * Canal de Sténon.

Gamba (3) et autres, j'admets l'ancienne distinction des muscles, qui se rendent a l'aile du nez et à la lèvre supérieure, d'autant plus volontiers que cette région de la tète du singe est le siège d'une action mimique aussi vive que variée. Les divers mouvements de la lèvre supérieure et de l'aile du nez, la dilatation des narines, l'activité d'un élévateur de l'angle des lèvres très déve-

(1) Méeaaitme de la physionomie humaine. Paris, 1876, 2* édition. (î) L'Expreiiion dit émotion», etc.

(3) Leiiont di anatomo-Jliiologia applieata aile arCi belle. Roroa, 1879, 2- édition.

loppô (ûg. 50, v ) sont précisément caractéristiques chez le Gorille, mais s'observent même encore chez le Chimpanzé et le Gibbon. Au point de vue du jeu de la physionomie , c'est l'Orang qui se comporte avec le plus de calme. Chez le Gorille, j'ai trouvé un risorius très long; du côté antérieur, près de la commissure des lèvres, il se partage en petits faisceaux, mais en arrière il diverge en trois faisceaux de largeur différente. Le faisceau inférieur couvrait le peaucier du cou, sans cependant qu'il fût possible de prendre le muscle précité pour une partie du peaucier. J'ai trouvé le risorius assez faiblement développé chez un seul Chimpanzé, tandis que je ne l'ai pas observé chez les autres sujets de cette espèce. Alix et Gratiolet figurent (pi. IX, fig. 1, 15) un risorius très développé chez leur Troglodytes AubryL Je n'ai trouvé ce muscle ni chez l'Orang, ni chez le Gibbon, mais bien chez un Atèle (Ateles leucophthalmus). Il recouvrait ici, près du peaucier du cou, le canal de Stenon, c'est-à-dire le canal excréteur de la glande parotide (fig. 50, *).

Pendant quelque temps, je fus disposé à considérer le risorius de ces singes comme une simple émanation du peaucier du cou, mais actuellement j'hésite à persister dans cette manière de voir.

Dans la lèvre inférieure du Gorille, j'ai remarqué un abaisseur de l'angle des lèvres et un abaisseur de la lèvre inférieure peu développés ; ce dernier est partiellement recouvert par l'orbiculaire des lèvres , qui est très puissant et prend des dimensions très considérables (fig. 50). Chez le Chimpanzé et l'Orang, ces deux muscles se voient nettement. Chez le Gibbon, JPun des deux au moins, l'abaisseur des lèvres, est développé. Le peaucier du cou, les abaisseurs en question, et l'orbiculaire développé nettement en forme de cercle , sont ici solidement unis et chevauchent partiellement les uns sur les autres. L'assertion de A. Froriep, que ces muscles delà lèvre inférieure doivent leur origine à un entrecroisement des parties opposées du peaucier, qui se rendent sur la face, acquiert de plus en plus de vraisemblance. Le buccinateur des anthropoïdes se comporte en général comme celui de l'homme; il est, comme chez ce dernier, perforé par le canal de Sténon de la glande parotide, située au-devant de l'oreille (ûg. 50). Le massé ter est également conformé, chez ces singes, comme chez l'homme (fig. 50, 41 et 16 ). L'oreille externe des anthropoïdes présente les auriculaires antérieur, supérieur et postérieur (fig. 50). L'auriculaire supérieur n'est que faiblement développé comparativement à celui de l'homme blanc (fig. 48, 19 ) et plus faiblement encore par rapport à celui du nègre (fig. 49, 17 ). Les muscles externes du cartilage de l'oreille

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