SAVE
La commandite est donc sous la dépendance immédiate du syndicat. Elle subit une incorporation absolue et ne peut rien entreprendre librement audessous du tarif syndical. C'est donc uniquement du travail tarifé et non du marchandage (1).
Mais indépendamment de sa forme corporative, elle est dominée par des tendances socialistes et devient une arme politique pour le syndicat. « IT faut considérer la commandite comme une forme de groupement des forces ouvrières intimement liées devant le patronat » (2).
Elle n’a pas un but unique et définitif, comme Îa société commerciale de travail : le gain purement et simplement ; c'est une organisation provisoire, un premier stade « de la marche vers la future mainmise sur les instruments de travail par les travailleurs » (3),
(1) Mouvement socialiste, 10 avril 1905, La commandile el son rôle social, L. Boudet.
La commandite ne peut travailler au-dessous du prix fixé par le syndicat, qui est actuellement de 1 fr. 10 par heure. Des affches rouges placardées sur les baraques de Noël dernier rappelaient véhémentement les typographes des trottoirs au devoir syndical, sous peine de « sarrazinage ». L'affiche émanait de la Chambre syndicale typographique, dont dépendent les commandites ; nous sommes loin de l’action régulatrice de la concurrence, délerminée par le libre jeu de la loi de l'offre et de la demande.
(2) L. Boudet, op. cit.
(3) L. Boudet, op. cit.
Elle est un acheminement vers la réalisation de l'idéal communiste.
La Société du Journal Officiel est une application de la commandite. Cependant, «c’est une association de main-d'œuvre qui s'est détachée du syndicat et qui a pris la forme commerciale. Elle représente donc un stade plus avancé de l’évolution de la société ouvrière » (1):
Elle est d’ailleurs toute différente d'esprit des autres commandites typographiques. Il serait à souhaiter que celles-ci, inspirées comme elle de préoccupations exclusivement économiques, adoptent sa forme commerciale, et, libres d’attaches syndicalistes, parviennent à la même prospérité.
Les syndicats, les unions, les commandites ne semblent pas destinés, de par leur forme même, ou leur fonctionnement actuel, à donner des résultats économiques satisfaisants, qui amèneraient la prospérité de la classe ouvrière et pacifieraient définitivement les rapports du capital et du travail.
Ils sont essentiellement corporatifs, exclusifs et combattis.
L'avenir de l’organisation du travail, la fin d’une lulte stérile de classes est dans l'association libre,
(1) A. Richard, op. cit.