‹ Les Soeurs maçonnesChapitre 27 sur 73 · CANTIQUE DES AMUSEMENTS · texte numérisé non relu

CANTIQUE DES AMUSEMENTS

Éloge des apprentis

Le Maître des Cérémonies

** Dans l'art de la Maçonnerie

Fêtons nos Apprentis nouveaux ; Tout Cythère, de compagnie, Partage aujourd'hui nos travaux :

Les dieux, qui de notre bel âge Forment les charmes tour à tour, Vénus, les Grâces et l'Amour Font ici leur apprentissage.

Le Vénérable

** Il m'en souvient, bien jeune encore, Le nombre trois me fit Maçon, Et dans les bras d'Éléonore J'appris ma première leçon :

Aujourd'hui que j'ai l'avantage D'embrasser l'Amour Apprenti, Je sens, dans mon cœur rajeuni, Tous les feux de l'apprentissage,

Le Premier Surveillant

** Amis, dans la Maçonnerie, On n'est Apprenti qu'une fois ; Mais, pour les tourments de la vie, Le monde s'est fait d'autres lois :

De la Vistule aux bords du Tage, Que de maris, dans leur malheur, Prennent des femmes dont le cœur A fait plus d'un apprentissage !

Le Second Surveillant

** Vous, de cette Loge che'rie, Rose-Croix, dignes sénateurs, Si dès demain l'Amour vous lie Par ses enivrantes faveurs, Sur les fleurs d'un riant bocage, Puissiez-vous, auprès d'une Sœur, Dans l'e'troit sentier du bonheur, Vous remettre en apprentissage !

L'Orateur

¥* Maçons, qui, par des prosélytes Voulant agrandir vos travaux, Trouvez, près de vos néophytes, Les jours heureux de Fonrevrault, Trop ignorante ou trop volage Si quelquefois est votre Sœur, Vous lui devez, en tout honneur, Recommencer l'apprentissage.

Le Secrétaire

** Par un usage trop commode Admis chez les peuples divers, Dans le monde, suivant la mode, Tout va quelquefois de travers :

Fille, qui pour le mariage Se destine après ses vingt ans, Presque toujours avant le temps A fini son apprentissage.

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Le Frère Terrible

Ici, de vos doubles colonnes Chargé d'éa.rter les cneurs, Un regard de nos Sœurs friponnes Souvent élude mes rigueurs :

Désarmé par un doux langage, Par un geste, par un souris, Frère Terrible, ô mes amis, Aurait besoin d'apprentissage 1

La. Grande Maîtresse

: Voyez-vous, auprès de sa mère, Assise et ne cisant un mot, Cette Agnès dont l'unique affaire Est la couture ou le tricot ?

La pudeur est sur son visage ; Les yeux baissis, au nom d'amant, Elle rougit... et cependant Elle a deux ans d'apprentissage !

Le Frère Couvreur

Si bien souvent trop curieuse,

— Et quelle femme ne l'est pas? —

Une Profane ambitieuse

Vers ce temple porte se> pas,

Le Couvreur lui dit au passage :

« — Quoique vous ayez de beaux yeux,

Avant d'entrer dans ces saints lieux,

Prouvez-moi votre apprentissage ! »

VÉNUS

O vous tous, qui dans l'art de plaire Savez passer vos heureux jours, Maçons, aux bosquets de Cythère, Venez sur l'aile des amours ; Par vos leçons et votre usage En les instruisant tour à tour, Les nymphes, qui peuplent ma cour, Vous devront leur apprentissage.

L'Amour

Lorsque des Maçons de Cythère

S'ouvrira l'auguste parvis,

Et quand, par un triple mystère,

On y fera des Apprentis,

Sous l'ombre e'paisse du feuillage,

Sans résistance et sans douleur,

On recevra, de chaque Sœur,

Trois baisers par apprentissage.

Les Grâces

O vous, qui d'une main chérie

Semez des fleurs sur nos beaux ans,

Enfants de la Maçonnerie,

Soyez toujours des cœurs constants !

Malgré le monde et son usage,

En multipliant nos faveurs,

Nous maintiendrons dans tous vos cœurs

Les charmes de l'apprentissage!

Tous les Frères

De fleurs la tête couronnée, Allumant pour nous ses flambeaux, Lorsque le dieu de l'hyménée Recevra nos serments nouveaux, La nuit de notre mariage, Amour, ici nous t'en prions, Dans les beautés que nous prendrons Conserve-nous l'apprentissage !

:antiques maçonniques

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