LE MAÇON AUX PROFANES
D'Ariste la morale honnête
Est nouvelle, il paraît, pour vous :
Du plaisir se faire une fête
Et du dçvoir être jaloux, Au talent de plaire Joindre un cœur sévère,
Profanes, goûtez la leçon ;
C'est un Maçon !
C'est un Maçon !
Ariste à son Frère fait grâce, Il sait qu'un mortel peut errer; Sur la faute a-t-il fait main basse, Il invite à la réparer ;
Il montre au coupable
Le port favorable :
Profanes, goûtez la leçon ;
C'est un Maçon !
C'est un Maçon !
L'ingrat et perfide égoïsme, En soulevant son tendre cœur, Lui fait établir l'héroïsme Au centre du commun bonheur ;
Et quand il opère, Voyez-le s'en taire :
Profanes, goûtez la leçon ;
C'est un Maçon !
C'est un Maçon !
Ami toujours rempli de zèle Et prêt à se sacrifier, Il est de même amant fidèle Et des belles le chevalier ;
En vain leur adresse
Tente sa promesse :
Profanes, goûtez la leçon ;
C'est un Maçon 1
C'est un Maçon !
Voulez-vous de même qu'Ariste, Ornant la sagesse d'appâts, Que, complaisante et jamais triste, Elle instruise et ne choque pas, Au plus saint des temples, Cherchez nos exemples :
Profanes, goûtez nos leçons; Soyez Maçons !
Soyez Maçons !
Frères, que notre artillerie A ma voix se charge à l'instant, Et que notre mousqueterie Offre un feu partout éclatant !
Ordre à nos mystères 1 Par trois, tirons, Frères !
Les mains tous ensemble aux canons !
Feu ! feu ! grand feu !
Feu des Maçons !