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CANTIQUE DES FENDEURS

Mes chers amis, braves Fendeurs,

Que la hache rassemble, Est-il de plaisirs plus flatteurs

Que de bien fendre ensemble ?

(i) La Fenderie ou Maçonnerie Forestière n'est autre que le Carbonarisme ]es Fendeurs sont donc les Carbonari.

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Aimons et buvons, Chantons et fendons,

C'est notre loi suprême; Dans ces sombres lieux, A qui fend le mieux

Donnons le diadème.

Selon le bois, un bon Fendeur

Ménage son adresse :

Les uns veulent de la raideur, D'autres, de la souplesse.

Toujours à droit fil Posez votre outil, Si vous voulez bien fendre ; Le coin bien trempé, Bien mis, bien frappé, Le bois devra se fendre.

Si vous fendez un jeune ormeau.

Ménagez l'encoignure; Sagement, avec le ciseau, Disposez l'ouverture :

Petit à petit, On ouvre un réduit A l'instrument docile; Si l'on brusque trop, Souvent le galop Blesse l'ormeau fragile.

Le chêne résiste souvent;

Tant mieux pour la victoire î Les Fendeurs, comme les amants,

Sont amis de la gloire :

Que l'outil, d'abord,

Caresse le bord De l'écorce revêche ;

Le coin s'affermit,

Le bois s'attendrit Et le Fendeur fait brèche.

Parfois, il se trouve, au chantier,

Quelque vieille culasse; C'est le plus ingrat du métier, Et le plus fort s'y lasse :

Jamais un Fendeur N'use sa vigueur Sur ce bois coriace; Il met, dans son cœur, Un feu destructeur Qui tonne et le crevasse.

Mais toujours fendre est un travail Qui chez nous, pre'vient l'âge; Faut épargner le gouvernail

Pour faire un long voyage :

Fendre à tout propos, Sans prendre repos, Croyez-moi, n'est point sage ; L'outil le plus fin S'émousse à la fin Et plie à l'abordage.

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