‹ Les soins de toilette: le savoir-vivreChapitre 140 sur 168 · FOURMI · texte numérisé non relu

FOURMI

La fourmi [formica^ formi, formy^ frémi ^ fromi, etc.) est une bête toute petite, mais de bon exemple. Elle est travailleuse et prévoyante, elle amasse durant l'été des provisions d'hiver, et les grains qu'elle recueille, elle a soin de les fendre en deux afin d'en prévenir la germination. Les chrétiens doivent, de même, diviser le bon grain que leur offre l'Évangile, ne pas s'attacher à la lettre qui tue, mais rechercher l'esprit qui vivifie.

Les fourmis vivent en commun et semblent obéir à des lois fort sages. Elles n'imitent pas les abeilles, car elles semblent ne pas avoir de roi.

« Elles portent plus grand faix que n'est leur corps, assemblent des grains à grand diligence. Si elles s'entrerencontrent, il semble qu'elles se parlent l'une à l'autre. » Elles redoutent beaucoup les mauvaises odeurs. Quand on veut les saisir, « elles jettent une eaue ve-

nimeuse en la main de cestuy qui les prend, et ceste eaue fait la main eschauffer et dommager : et leur est donnée ceste eaue en lieu d'armure, pour eulx deffendre. »

Il existe en Ethiopie des fourmis aussi grandes que des chiens. Montées sur quatre pattes armées d'ongles crochus, elles grattent le sol, creusent des terriers, passent leur vie à chercher de l'or, qu'elles rassemblent en monceaux,

Qui de terre et de poudrière Esgratent et treent or fin.

Suivant Mandeville, elles auraient la garde de montagnes où l'or abonde et seraient chargées de l'affiner. Dans l'île d'Origaste, écrit-il,

« il y a grandes montaignes d'or, que les formis gardent moult cruellement, etostent le pur du non pur. Et sont ces formis grans, pourquoy les gens n'osent aler près de ces montaignes, car les formis les turoyent. »

Albert de BoUstadt raconte tous ces faits, les attribue au fourmilion, et a soin d'ajouter :

« Sed hoc non satis est probatum per experimentum. »

L'antiquité a bien connu ces fourmis chercheuses d'or. Hérodote leur attribue H taille d'un chien ;

Strabon précise la contrée qu'elles occupaient ; Arrien leur suppose un pelage analogue à celui de la panthère ; Pline leur donne la couleur du chat et la taille du loup. Au seizième siècle , le grave historien de Thou raconte bien que, parmi les présents envoyés par le shah de Perse au sultan Bajazet en 1559, figurait u formica indica, canis mediocris magnitudine, animal mordax et saevum ^ w

Le Mahabharata, célèbre poème sanscrit, nous fournit de ces légendes une explication acceptable. On y lit que les habitants de certaines contrées indiennes faisaient commerce de pépites d'or. Ils les appelaient paippilaka ou or de fourmi, parce qu'elles étaient extraites de terre par la grosse fourmi commune dite en sanscrit plpiiaka. On peut admettre, sans trop d'invraisemblance, que les pépites recueillies à la surface de certains déserts aurifères de l'Inde ont été mises à découvert par les travaux de quelques grosses fourmis.

FOURMILION. »

C'est une sorte d'araignée, qui estrennemie mortelle des fourmis. Elle emploie une foule de ruses pour les saisir, et quand elle les tient> elle suce leur sang.

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