TARET
Le a ver qui mange le bois » est appelé en latin teredo. Il naît de la corruption des arbres coupés en temps inopportun. « Quand la lune est plaine, on ne doit point coupper les arbres, car les humeurs qui sont obéissans à la lune sont adonc en leur force, et sont si orgueilleuses que nature ne les peult gouverner. Et de ce, sont engendrez les vers des arbres, qui mangent et percent le bois qui est très dur ; et le reste demoure en pouldre plus menue qu'on ne pourroit faire à une lime. »
Le mot teredo prouve bien qu'il s'agit ici du taret, mollusque qui s'insinue dans les bois immergés et qui les détruit. Plusieurs fois, ses ravages inaperçus ont été cause de catastrophes, et au dix-huitième siècle encore, les tarets ayant miné les pilotis de ses grandes digues, la Hollande faillit être inondée.
* Voy. Expériences sur les scorpions. Dans les Mémoires de r Académie des sciences, année 1731, p. 228.
Mais dans la description que j'ai analysée, il n'est pas question de bois immergées, et l'animal qui pique le bois sec est la vrillette, en latin ano" bium : un nom tiré du grec et rappelant que ces petits animaux ont l'habitude de rester dans l'immobilité, de feindre la mort au moindre bruit.
u Les deux sexes^ au temps de leurs amours, frappent plusieurs fois de suite et rapidement, avec leurs mandibules, les boiseries où ils sont placés et se répondent mutuellement. Telle est la cause du bruissement, semblable à celui du battement accéléré d'une montre, que nous entendons souvent, et que la superstition a nommé Chorloge de la mort, » (Cuvier.)