‹ Les soins de toilette: le savoir-vivreChapitre 27 sur 168 · CHEVAL · texte numérisé non relu

CHEVAL

Le cheval est originaire de l'Asie centrale, et sa domestication remonte à la plus haute antiquité. Les Chinois, qui l'avaient reçu de l'étranger, l'employaient déjà deux mille ans avant notre ère. On voit que cette noble conquête date de loin. En revanche, ce sont les Espagnols qui l'ont importé dans le nouveau monde.

Le moyen âge professa pour le cheval une admiration excessive, justifiée d'ailleurs par les services qu'il obtenait de ce bel animal, fut-il, comme le ditBrunetto Latini, « destrier grant por combatre, palefroi por chevauchier à l'aise, ou roncin por somes ' porter. » La plus célèbre institution de cette époque lui avait emprunté son nom, et les plus nobles seigneurs s'honoraient du titre de chevaliers; aussi

' Charge, bagage.

Albert de Bollstadt consacre-t-il au cheval vingt colonnes, tandis qu'il n'en accorde que six au chien, une et demie à Tàne et une à l'éléphant.

Une manière de jument Y a qui conçoivent du vent,

écrit Gautier de Metz, C'est exprimer bien brutalement une très poétique inspiration.

Toute l'antiquité a chanté les chastes amours des cavales de Lusitanie, qui aspirant le souffle fécondant du zéphyr, conservaient ainsi à leur race les dons admirables que la nature lui a départis.

Le bon cheval de bataille « est une beste vive, qui a désir de soy combatre quand il oyt la trompette, et s'émeut à courir quand il oyt crier les gens. Il est dolent quand il est vaincu, et quand il a victoire il est moult joyeulx. Il sent la bataille avant qu'elle soit, il assault les ennemis, les assaillent des dentz et des pieds. »

Certains chevaux connaissent bien leur maître, ne se laissent monter que par lui, le pleurent lorsqu'ils viennent à le perdre.

Aucune béte n'aime ses petits plus que la jument. Si, dans un troupeau, une jument

malade néglige son poulain, les autres le nourrissent tour à tour. Celle qui en perd un en adopte aussitôt un autre. Ces nobles animaux sont très fiers de leur crinière et se montrent « courroucés » quand on la leur enlève. Le poulain rend à sa mère toute l'affection qu'il en reçoit ; il la suit partout, et si elle le quitte, il » la quiert en hennissant. » Suivant Pietro Crescenzi, un bon cheval doit avoir les oreilles fortes, la poitrine et la croupe larges, la crinière épaisse, l'échiné courte, le col gros, les yeux grands, les narines bien ouvertes, les jambes longues par devant et courtes par derrière.

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