‹ Les soirées d'Aix-les-BainsChapitre 68 sur 131 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LES MÊMES, moins LE MESSAGER.

LA BOHÉMIENNE

Je l'avais dit... je l'avais dit... Teutatli m'a donné la branche de gui... Mes pieds marchent dans la voie droite... et ma bouche est une source de vérité .. Lisez.., lisez!...

MARGUERITE

Je n'ose!...

JEANNE

Lisez !... Je meurs de curiosité.

MARGUERITE

Que vois-je! le comte Sigismond, l'homme qui a voulu in'enleVer à mon père!

LA BOHÉMIENNE

Que î)rugha , montée sur son dragon, étende toujours siir toi ses dix bras vainqueurs! Que dit le comte Sigismond ?

MARGUERITE [qui a lit).

Oh! non, c'est un rêve, cette prédiction et cette lettre ! Est-ce que je deviens folle?

JEANNE

Mais, qu'y a-t-il donc dans cette lettre ?

MARGUERITE

Le comte Sigismond m'écrit qu'il se repent de son attentat. Il m'aime, dit-il, et n'attend que mon aveu pour me demander à mon père.

JEANNE

Est-il possible ! vous, comtesse?

LA BOHÉMIENNE

Adieu, charme des jeux... violette enivrante... je prie les étoiles de justice, abîmes de science, miroirs de vérité, que vos plaisirs soient sans mélange, votre beauté durable et votre bonheur sans fin !

JEANNE

Et à moi, ne me souhaitez-vous rien ?

LA BOHÉMIENNE

Je prie Birma et Brama et Thaôt au pied d'airain , de conserver tes jours jusqu'à l'âge de trois cent vingt ans, passé lequel la vie n'est plus qu'un fardeau...

[Elle sort.)

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