LES MEMES. — LE CIIEVALIE1L LE CHEVALIER
Salut! maître Hernlann, belle Marguerite!... (Il s'incline.) Eh bien! et cette parure que je n'ai pu voir tout à l'heure?
HERMANN
La voici!...
MARGUERITE
Je me retire.
LE CHEVALIER
Pardon, Marguerite, je vous supplie de rester. MARGUERITE.
Moi! seigneur chevalier... et pourquoi?
l'apprenti [à %0>rt).
Je hais cet homme.
LE CHEVALIER
Je ne puis juger de cette parure en la voyant sur un comptoir; si vous étiez assez bonne pour vouloir Lien en essayer tous les ornements, je verrais si elle convient à la figure de la femme que j'aime...
Quoi! vous voulez...
HERMANN
Mais certainement! L'idée est excellente.
l'apprenti [à part).
Je ne trouve pas.
LE CHEVALIER
Qu'est ceci? le collier, je crois...
(Il le présente à Marguerite.) MARGUERITE.
Puisque vous le désirez, seigneur.
LE CHEVALIER
L'effet est merveilleux. . . Ce collier est d'une richesse ! .. . Et puis je crois vraiment qu'autour du cou de votre fille il a pris un nouvel éclat.
MARGUERITE
Vous plaisantez, sire chevalier! Gardez ces compliments pour votre fiancée.
LE CHEVALIER
Elle a votre taille... Elle est belle comme vous... Mettez cette coiffure.
MA RGUE RITE [à part .
Mo voici prête pour la cérémonie... Oh! j'ai le cœur plein de soupirs.
HERMANN
Qu'as-tu donc, Marguerite?... Tu pâlis...
LE CHEVALIER
Ce ne sera rien... Mettez ces bracelets... Que vous êtes cliarmante ainsi !
MARGUERITE [à part).
Ah ! je ne puis résister...
LE CHEVALIER
Voyez, Hermann. Que ma fiancée sera belle avec cette parure... Je la prends... Oh! le prix m'est fort indifférent... Donnez-moi donc une bague?
HERMANN
Voilà... voilà... seigneur chevalier...
LE CHEVALIER
Il me semble que le cœur me battra quand je m'approcherai ainsi de ma fiancée [Il prend la main de Marguerite) et que je lui dirai [Bas] : Je vous aime : voulez-vous être à moi pour toujours, Marguerite?...
MARGUERITE
Votre fiancée se nomme Marguerite? •
HERMANN
Que dites-vous donc?
LE CHEVALIER
Et quand, ouvrant ses jolis doigts, je lui mettrai l'anneau nuptial en m'écriant : "Marguerite, devant Dieu... tu es ma femme!... »
(// lui passe l'anneau au doigt et se jette à genoux.)
Ali! je me meurs!...
JEANNE
Ciel! Ma jeune maîtresse.
HERMANN
Ma fille... Chevalier, que signifie...
Marguerite [revenant à elle).
Est-ce un rêve?
le chevalier.
Non, Marguerite ! je t'aime...
MARGUERITE
Je savais bien, moi, que mon cœurne me trompait pas... Mon père, que je suis heureuse ! ! !
HERMANN
Ah cà! encore lyi revirement!
MARGUERITE
Ah ! mon père, je ne changerai plus, je vous le promets. [Prenant la main an chevalier.) Vous m'avez sauvée, ma vie est à vous.
HERMANN
Mais qui est donc Monseigneur?
LE CHEVALIER
Le chevalier Sigisbert, qui vous demande la main de votre fille.
HERMANN
Chevalier, l'honneur que vous me faites est grand... mais ma fille ne désire pas...
MARGUERITE
Mon père, j'ai eu tort,... et je ne vous désobéirai plus... J'accepte...
HERMANîf.
Vous l'entendez... J'y consens.
l'apprenti.
Maître Hermann, vous me donnerez mon compte... Je pars ce soir.
HERMANN
Nous en causerons.
JEANNE
Eh bien, la Bohémienne avait raison : vous épousez un noble qui vous aime.
MARGUERITE
Et que j'aime... Mais cette demande du comte Sîgismond?
IE CHEVALIER
Pardonnez-moi, Marguerite, c'était une épreuve.